‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 48 sur 295 · LA TOUX — LE SPASME LARYNGÉ · texte numérisé non relu

LA TOUX — LE SPASME LARYNGÉ

LE HOQUET — LES BAILLEMENTS — LES DYSPNÉES

L'hypochondrie gastrique. — La définition. — Aperçu historique, La symptomatologie. — La forme médicale. — La forme circulaire.

La dèfinMon. L'hypochond rie, qu'il ne faut pas confondre

avec la neurasthénie, a été fort bien déOnie, par Lïttré, < une sorte de maladie nerveuse qui , troublant rinlelligence des malades, leur fait croire qu'ils sont atteints des maladies les plus diverses, de manière qu'ils passent pour malades imaginaires, tout en souffrant beaucoup, et qu'ils sont plongés dans une tristesse habituelle >. On pourrait aussi dire, avec Gotard, que c'est un délire triste portant sur la santé physique et morale.

Aperçu Lcs rapports de l'hypochondrie avec les dyspepsies

ra^î^itT**' ont frappé les observateurs de tous les temps. Galien arecies dyspepsies, considérait Ics troublcs psychiques comme secondaires aux affections abdominales siégeant sous les hypochondres. Stahl en faisait la conséquence d'un trouble survenu dans la circulation porte. Sylvius Deleboé insistait beaucoup sur la fréquence des troubles

digestifs et trouvait dans une altération consécutive du chyle et du sang la raison des troubles psychiques. Broussais faisait de Thypochondrie la conséquence d'une gastro-entérite réagissant sur un cerveau prédisposé. Enfin Beau, dans sa magnifique conception des troubles réaclionnels des dyspepsies, synthétisait en un corps de doctrine les idées de ses devanciers.

j^ La forme gastrique de Thypochondrie est

symptomâto* essentiellement caractérisée par des réactions cérébraies exagérées à l'égard de tout malaise digestif, si léger qu'il soit. Chacun de ces malaises provoque aussitôt des troubles psychiques qui sont hors de proportion avec la cause qui les sollicite. 11 suffit d'une régurgitation acide, d'un étatsaburral de la langue, de borborygmes, d'un caprice de l'appétit, etc., pour que le malheureux malade subisse une sorte d'auto-suggestion qui donne la volée aux crainles les plus exagérées. La moindre sensation douloureuse prend une extrême intensité et devient le point de départ d'une véritable crise où dominent les étals mélancoliques, avec dépression du moiy diminution de la volonté, idées d'impuissance ou d'incapacité.

La forme Quaud celtc Variété d'hypochondrie à point de

médicale. départ gastriquc se développe chez des médecins, elle prend des proportions invraisemblables. J'ai donné des soins, il y a cinq ans, à un confrère âgé d'une quarantaine d'années, qui avait rapidement conquis une situation importante dans la clientèle parisienne, mais qui avait en même temps, soumis son estomac au régime le plus anormal. Trop occupé pour prendre ses repas à la maison, il mangeait hâtivement dans sa voiture, entre deux consultations, et subissait, du fait de sa profession, un incessant surmenage. Évidemment, il fut bientôt dyspeptique. Puis son caractère s'assombrit; il devint irritable, s'agitant pour la cause la plus futile, en même temps que ses aptitudes au travail diminuaient au point qu'au bout de deux années environ il dut abandonner une partie de ses occupations. Alors il fut saisi par l'hypochondrie ; il ne pensait plus qu'à son estomac, passait son temps à regarder sa langue, à compter son pouls, à analyser ses moindres sensations. Sa vie s'écoulait dans d'inexprimables anxiétés au sujet du choix des aliments, de l'examen de ses garde-robes. 11 ne vivait plus que dans la contemplation de son estomac, lui attribuant les réactions les plus singulières, jusqu'au moment où, trouvant un jour un excès d'acide urique dans son urine, il fut convaincu qu'il était devenu albuminurique, et Thypochondrie atteignit alors son apogée. Il abandonna complètement sa

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clientèle et se codAdu chez lui, avec la certitude que ses jours étaient comptés. À ce moment, survint dans sa vie intime un immense bouleversement qui l'obligea à quitter Paris et à s'occuper de graves affaires; grâce à cette diversion, il reconquit tm peu de santé, consentit à se laisser soigner passivement, et reprit peu à peu toute son activité professionnelle.

La forme Uu aulrc malade* m'écrivait ainsi : a Depuis pliib

*^*™***^®' d'un an, je souffre d'une sorte de névropathie pénible qui me prend tous les deux jours et revient avec une implacable régularité. Le soir du bon jour, je me couciie en bonne santé et humeur, ayant pu m^occuper avec plaisir, sans craintes ni soucis. Mais, entre cinq et six heures du matin, je me réveille avec une vive agitation. Je suis assailli par des idées tristes, et il m'est impossible de me rendormir. Je me lève, la tête engourdie sans douleur réelle, et pourtant je puis à peine m'occuper, même à une lecture peu fotigante. N'ayant de goût à rien, j'éprouve un découragement insupportable; tout m'apparaît sous un jour sombre. J'évite la présence de toute personne, même chère; je crains d'être dérangé. Je voudrais m'occuper, je n'y parviens pas. Me promener, monter à cheval m'est impossible. Redoutant tout, je ne sais que faire de ma pauvre personne. Ce lamentable état dure toute la journée avec quelque rémission quatre ou cinq heures après les repas, tandis que le maximum d'abattement et d'inquiétude les suit immédiatement. Je mange sans goût ni appétit. Je me couche fatigué et m'endors aussitôt. Si je me réveille pendant la nuit, je suis calme, sans idées noires, et la journée du lendemain va se passer sans fatigue ni malaise. j>

Ce malade avait suivi bien des traitements sans résultat. Quand on s'attaqua à son état gastrique, les symptômes allèrent en s'alténuant. Aujourd'hui il est rétabli et a repris à peu près son train de vie.

1. Albert Robin. — Des troubles nerveux des dyspeptiques et de leur trailemeut, BulleUn général de tkérapeutiqtiey 1898.

La maladie cérébro-gastrique de Leven. — Les troubles de la sensibilité cérébrale, des facultés de Fesprit, du sens musculaire et des organes des sens.

La maladie L'hypochondrie n'est pas le seul trouble mental qui

oérébro-gastriqae relève de la dyspcpsie, et Leven a parfaitement décrit,

sous le nom de maladie cérébro-gastrique ^ Tensemble des modiBcatîons de la mentalité que Ton observe communément chez certains dyspeptiques et qui donne à leur expression morbide une si particulière physionomie. Dans le syndrome de Leven, il y a ceci de remarquable: c'est que la sensibilité, les facultés de l'esprit, lesinstincls, les oi*ganes des sens, lamotilité, le sens musculaire, tout peut se modifier fonctionnellement, sans que la raison subisse aucune atteinte. Leven a tracé de ces retentissements, dont l'expression rappelle la neurasthénie sans se confondre cependant avec elle, un tableau auquel il n'y a rien à changer*.

La sensibilité Lc malade a la sensation de son cerveau ; il le per-

oérébraie. ç^j^ lourd Cl brûlant, ou bien il ressent dans la tète, surtout au moment de la digestion, un vide terrifiant.

Lesfacnités L'atteutiou, la mémoire, la volonté fléchissent. Le

de l'esprit. g^j^^ pense avec peine et fixe difficilement son attention sur une idée. Au milieu d'une conversation, surgit inopinément en lui une conception qui n'a aucun rapport avec la question traitée, ou encore il est hanté, sans prétexte, par une obsession vague qui le plonge dans un état spleenétique.

L'acte déparier devient une fatigue; il provoque une douleur de tête à forme vertigineuse ou encore une tension pénible en arrière du cou, dans les omoplates et dans la partie supérieure de la colonne dorsale. La mémoire fait quelquefois tout à coup défaut; il semble, au milieu d'une phrase, qu'il se fasse dans la tête un vide subit, d*une courte durée, pendant lequel il y a une sorte d'obnubilation de la conscience.

1. M. Leven. — Maladie cérébro-gastrique, Comptes rendus de la Société de biologie, 17 octobre 1881.

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