Voyez pages 270, 272 et
La tétanie. — Sa rareté et son étiologie. — La symptomatologie. — Les trois formes de la contracture. — Ses caractères. — Les autres symptômes. — Le pronostic. — Les théories pathogéniques. — La déshydratation du sang. — L'auto-intoxication. — La théorie réflexe. — Le traitement. — Le lavage de l'estomac. — Les émissions sanguines. — Les modérateurs nervins. — Les opiacés. — I-^a saturation gastrique. — Les injections de caféine et d*éther.
La rareté La tétanie OU coDlFacture des extrémités est
de la tétanie. ^^^ j^^ pj^^ ^.^^.^^ complicatious qui atteignent les
dyspeptiques. On en parle beaucoup et Ton en voit peu. Signalée par KtJssMAUL en 1869*, il n'en a guère été publié depuis lors, à ma connaissance, plus d'une cinquantaine d'observations. Depuis son travail de 1869, KussMAUL n'en a plus rencontré. Bouveret' dit en avoir observé trois cas sur vingt malades atteints d'hypersécrétion permanente. Sur un total de plus de dix mille dyspeptiques, je n'en ai observé qu'un seul cas,
létioiogie. '' semble que la tétanie se soit rencontrée presque
exclusivement chez des malades atteints d'hypersthénie permanente, et Bouveret affirme même que c'est une complication propre à ce qu'il appelle la forme permanente de la maladie de Reichmann. Les conditions qui la favorisent sont: l'ancienneté de la maladie, la stase gastrique liée à une sténose pylorique» les abus du lavage de l'estomac ou les excitations répétées de l'estomac avec la sonde, l'usage des boissons alcooliques, les vomissements répétés.
Mais tous les auteurs ne sont pas aussi absolus que Bouveret et Devic. Ainsi Fleiner^ a vu deux cas de tétanie sans hypersécrétion, et RiEGEL admet que la tétanie peut être réflexe (helminthiase) ou exprimer une auto-intoxication d'origine intestinale.
La symptoma- Au poiul dc vue clluique, je ne saurais mieux toioQie. |.^jj.^ qy^ j^ ^^^g reproduire textuellement l'excellente
description que Bouveret donne de la tétanie :
1. KussMAUL. — Deutsches Archiv fur klinische Medicin^ 1869, t. VI.
2. Bouveret. — Traité des maladies de Testomac, 1893, p. 197.
3. Fleiner. — Lehrbuch der Krankheiten der Verdauungsori^ane, pages 388 et suivantes, 4896.
LA TÉTANIE 697
< D'après l'analyse des observations connues, nous avons distingué trois formes cliniques de la tétanie d'origine gastrique.
Las trois formes * La première forme, de beaucoup lapluscomy^? mune, esl la tétanie proprement dite, la contrac-
oontraotnre. ' r r '
ture des extrémités. Les convulsions toniques occupent les muscles des mains et des avant-bras, des pieds et des jambes, remontent parfois jusqu'à la racine des membres, mais respectent toujours les muscles du tronc, de la face et du cou. Le plus souvent, les parties contracturées sont immobilisées dans l'extension. Les accès durent de quelques minutes à plusieurs heures. Il est rare qu'il n'y ait qu'un seul accès; le paroxysme se répète à plusieurs reprises. Si raccès est long, il est entrecoupé de quelques périodes d'accalmie. La contracture imminente est souvent annoncée par des sensations de fourmillement dans les extrémités.
< Dans la deuxième forme, les contractures sont plus ou moins généralisées. C'est assez bien l'image d'un accès de tétanos, mais d'un tétanos qui ne débute point par les mâchoires et la nuque. La contracture envahit d'abord les extrémités, comme dans la forme précédente; puis elle s'étend aux muscles de la face, du cou et du tronc. Il y a aussi des moments d'accalmie, durant lesquels la contracture cesse ou du moins abandonne le tronc et la tête. Parfois les muscles contractures sont secoués par des convulsions cloniques intermittentes. Cette forme peut devenir fort grave, car la contracture prolongée des muscles du thorax entraîne l'asphyxie.
« La troisième forme est la plus rare. Elle est caractérisée par des attaques violentes de convulsions toniques et doniques générales, avec perte de connaissance suivies d'une période de coma et rappelant tout à fait les convulsions d*une attaque d'épilepsie.
c Ces trois formes peuvent se succéder chez le même malade.
Les caractères * La COU tracturc cstdouloureuse. Lc patient a dcs ^^ douleurs spontanées dans ses muscles rigides, et ces
contracture. ^ .
douleurs sont exaspérées par les tentatives de mobilisation des parties contracturées. Le spasme tonique est augmenté et même provoqué par les excitations mécaniques, la compression des artères et des nerfs du membre intéressé (Trousseau). Les nerfs moteurs des muscles contractures présentent une exagération marquée des excitabilités faradique et galvanique (Erb.). Une percussion légère sur le tronc ou les rameaux du facial détermine des secousses dans les muscles correspondants (Chvostek). Parfois les muscles des membres sont agités de contractions fibrillaires continues. Dans un
cas, les membres soulevés conservaient une immobilité cataleptique. Chez un malade de Gerhardt*, la percussion de la région épigastrique provoquait des secousses cloniques, Topisthotonos et le ralentissement de la respiration. La sensibilité reste généralement indemne ; on a plusieurs fois noté un certain degré d'hyperesthésie de la peau.
Les autres € La coutracturc est le symptôme dominant, mais
sirmptômes. ^^^ p^g Tuniquc symptômc. D'autres troubles fonctionnels lui sont presque toujours associés, du moins si le cas est d'une certaine gravité. Voici, par ordre de fréquence, Ténumération de ces symptômes qui accompagnent la contracture et procèdent sans doute delà même cause : — les vomissements, qui deviennent plus nombreux et plus abondants immédiatement avant et pendant la crise : dans quelques cas, cependant, ils n'ont pas été exagérés; — la dyspnée, qui accompagne les accès de tétanisme généralisé et ne fait défaut que dans les cas de tétanie localisée aux extrémités; — la fréquence et la faiblesse du pouls, symptôme propre aux accès de tétanisme généralisé ; — le rétrécissement des pupilles qui sont aussi peu sensibles à la lumière : dans un cas mortel, les pupilles étaient dilatées quelques instants avant la mort ; — l'élévation de la température centrale pendant et après les accès intenses ; — certains troubles cérébraux, tels que Tobscurcissement de l'intelligence, l'embarras de la parole, la perte de la mémoire, la diminution de l'acuité visuelle, le délire, l'agitation excessive, le coma ; — l'albuminurie, signalée dans trois cas de tétanisme généralisé et mortel; — les sueurs profuses; — une céphalée intense; — la soif vive; — le hoquet.
Lepronosuc. ^ ^^ tétanie est une complication fort grave de la
dilatation de l'estomac, ou plus exactement de l'hypersécrétion permanente. Sur 23 cas, il y a 16 morts imputables à la tétanie elle-même, soit une mortalité de 69,5 p. 100. Parmi les signes qui annoncent une terminaison fatale probable, il faut citer : le coma, le délire, l'agitation excessive, l'accélération persistante du pouls et de la respiration, l'élévation continue de la température centrale. Si quelques-uns de ces symptômes graves subsistent, la cessation des spasmes n'est pas nécessairement un signe favorable. Plusieurs malades ont succombé plus de vingtquatre heures après la dernière crise convulsive. i