‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 117 sur 177 · ET SES DIVERS AGENTS · texte numérisé non relu

ET SES DIVERS AGENTS

La médication ohlorhydrique et ses inconvénients. — Les indications essentielles du régime et du traitement.

u médication Si VOUS consuItez tous les ouvi^ages modernes qui ^^^^^''J*""* traitent des maladies de Teslomac, vous voyez que,

lorsqu'il s'agit de traiter des états morbides analogues à rhyposttiénie, les auteurs s'accordent pour conseiller de remplacer dans le suc gastrique l'élément essentiel qui lui manque, c'est-à-dire THCl. Et la médication chlorhydrique forme ainsi le pivot de toute la médication classique. Gomme l'un des principaux symptômes de cette variété de dyspepsie est l'absence ou tout au moins la diminution du titre de l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, l'administration de cet acide pendant la digestion semblait, au point de vue théorique, le comble de la logique et, sur la foi du raisonnement, cette médication a conquis la faveur d'un grand nombre de praticiens: aujourd'hui, elle est à peu près universellement adoptée.

Cependant, si l'on en vient à la pratique, on voit que les ne se passent pas du tout dans l'estomac de la même manière qu'au laboratoire, quand on opèie in vitro, où il est évident que l'HCI, en

quantité mesurée, est Tindispensable agent des digestions artificielles.

Mis à la mode par Trousseau, qui Tavait emprunté à la pratique des médecins anglais, il eut un regain de succès au moment où Ton envisagea le côté chimique des dyspepsies, et Leube^ se fit l'un de ses plus chauds partisans. Ewald, Ribgel, etc., suivirent le mouvement, avec la plupart des médecins français. Ewald alla jusqu'à donner de 90 à iOO gouttes d'HCl officinal allemand (12,5 d'HCl pour 100 d'eau). RiEGELen conseille de 15 à ^ gouttes après les repas, tontes les heures ou toutes les demi-heures. Mais Ho^fioiiàiiii el ton Noorden* démontrèrent qu'il fallait 100 gouttes d'HCl officinal allemand pour saturer 15 grammes de matières albuminoïdes et que, pour saturer les 100 à 120 grammes d'albumine de la ration alimentaire normale, il serait nécessaire d'employer 700 gouttes d'HCl allemand, en admettant que la totalité decelui-ci fût utilisée et qu'aucune portion n'en fût saturée par les alcalins ou éliminée dans l'intestin avant d'avoir été combinée à l'albumine. D'autre part, du Mesnil% Jaworski*, Linossier et Lemoine'* ont montré qu'après l'administration d'HCl il y avait souvent diminution de la sécrétion chlorhydrique.

Les partisans de l'HCI invoquèrent alors les recherches d'EwALD et BoAS et de von Pfungen®, qui attribuaient à cet agent le pouvoir d'améliorer la motricité de l'estomac. Mais Grundzach', Klemperer*, Schûle^ démontrèrent qu'il n'en était rien. Bien plus, Moritz** constatait par des recherches faites sur lui-même que l'HCI retardait notablement l'expulsion des aliments de l'estomac.

Ces recherches et les mauvais résultats cliniques obtenus avec l'HCI ont fait peu à peu restreindre son emploi, surtout aux doses fortes ou on le donnait récemment encore, et la tendance actuelle est de l'administrer à dose dite stomachique (Boas", A. Mathieu"), soit à la dose de HI à Y gouttes d'HCl officinal français, correspondant à V et XV gouttes d'HCl officinal allemand, une demi-heure avant le repas ou une heure après. Inutile d'sgouter que cette manière d'agir

1. Leube. — Deutsches Archiv fur klinUehe Medicin, t. XXXIII.

2. Boni G MANN et von Noorden. — Zeitichrifl fur klinUche Medidn^ t. Xlil.

3. Du Mesnil. — Deutsche medicin. Wochenschrift, n* 36, 38, 1887.

Page 1