‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 131 sur 177 · H. SÉNAC. — Les bains minéraux à Vichy, Vichy · texte numérisé non relu

H. SÉNAC. — Les bains minéraux à Vichy, Vichy

2. Ch. Bovet. — Des eaux m'néralcs dans leurs rapports avec le chiiiti^mii siuiii3L!ril, Cltrmont, 18'Jt. — Hêhard de Kessé. Co:Uribuiion à l'étude de Pougues-kâ-ti^uix., A\inak^ d'Inj'frologieet de climatologie médicales, iS'JS.

3. Dëi.astre — Les hépatiques aux eaux de Brides-les-Bains, Archive» généraiéi d'hydrologie, 1896.

im LES DYSPEPSIES

en raison de la Ihermalité et de la gamme étendue de ses sources. Mais ?oi] raraclère excitant conlre-indique la cure chez les malades à réactions locales et générales trop accentuées. F. Riegel* considère ;iussi la cure de Carlsbad comme contre-indiquée.chez les dyspeptiques a Ioniques dont TIICI est notablement abaissé, ce qui me paraît s'accorder mal avec ce que j'ai personnellement observé. D'ailleurs, en Allemagne et en Autriche, les médecins ont une tendance à spécialiser la cure de Carhbad pour les hypersthénîques avec hyperchlorhydrie. Aux malades très excitables et constipés, F. RiKOKL recommande itfan(?w6a6f.

Vous vous souvenez qu'il n'est pas encore possible de tirer une conclusion Terme des recherches qui ont été faites sur le chimisme stomacal avec les eaux chloriirées-sodiques employées à Tintérieur, puisque les auteurs ne s'accordent même pas sur les effets du chlorure de sodium. Nous devons donc nous en tenir encore aux enseignements traditionnels de l'observation. Or les eaux de HoinbourÇy de Kissinijen, de Wiesbaden et, en France, celles de Santenay et de Maizière& répondent à l'indication de la maladie, puisqu'elles stimulent Tajtpétit, améliorent les troubles subjectifs de la digestion et accrojs:ïeïjt la motricité gastrique, ce dont les malades se rendent facilement compte par la rapide disparition de leurs malaises pendant ta période digestive.

Kmtmjen et Hombourg conviendront aux dyspeptiques hyposthéniques constipés, à langue blanche, anorexiques, etàceux qui présenta ni l'ensemble clinique que nos devanciers caractérisaient si juslemenl de pléthore abdominale. A Hambourg^ le traitement courant consiste à prendre le malin deux verres de la source Elisabeth à une heure de distance et, l'après-midi, deux verres de la source Liidtvig, dans les mêmes conditions.

J'ai em[>loyé, comme succédanées de Hambourg et avec un réel succès, les eaux de Santenay et de Mahières (Côte-d'Or) qui, chlorurées et lilhinées, prises à la dose d'une bouteille par jour, soit avant, soit pendant le repas, me semblent destinées à prendre une cedaine place dans le traitement des insuffisances gastriques.

Dans un autre groupe d'eaux, figurent les bicarbonatées-chlorurées: Hoipii, Ems, Châlel'Guyon, Saint-N éclaire ^ qui remplissent les multiples îruiicalions de la maladie, des aptitudes réactionnelies amoindries, du terrain arthritique, lymphatique et anémîquej des troubles de la nutrition évoluant dans le sens de l'amoindrissement. Ajoutons que les eaux de ce groupe, et en premier

1. F. RiËCËL. — Die trkrankungcn des Magcns, p. 280, Vienne, 1896.

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lieu Châtel'Guyon, slimulent certaÎDement la motilité gastrique.

Saint-Nectaire^ avec ses sources multiples de minéralisation et de températures différentes, réalise un ensemble qui en fait une station de choix, à la condition de surveiller de très près les fonctions intestinales et d'administrer un purgatif salin quand les garde-robes deviennent insuffisantes. On peut éviter cet inconvénient en utilisant la source du Parc ou en portant la dose d'eau minérale à trois ou quatre verres. En général, les eaux chaudes du Mont-Cornadore, de Saint- Césaire, du Gros- Bouillon, prises le malin, ou les sources Maurange, Rougey du Parc, dans la journée, et l'eau de la source Romaine, en boisson pendant les repas, constituent une médication qui suffit à la plupart des indications à remplir.

/îoyrt/ reconnaît à peu près les mêmes indications que Saint-Nectaire; son action est plus douce et convient mieuxaux maladesné vropathcs ou facilement excitables, aux arthritiques anémiques ou nerveux. Les bains à eau courante et l'eau prise en boisson, à petites doses, avant le repas, stimulent l'estomac et activent ses sécrétions. Le traitement pourra consister en bains de César ou en bains à eau courante de la source Eugénie pour les malades trop excitables. Quant à l'eau en boisson, peut-être fera-t-on mieux d'indiquer les sources Saint-Martel Eugénie, ou Teau de Saint- Victor fins froide et moins bien tolérée par certains estomacs. L'eau de César sera réservée aux usages de la table.

Les indications d'Ems correspondent à peu de chose près à celles de Royat.

Les indications de Châtel-Guyon ont été bien établies par Bara- Duc* et Pessez*. Les eaux de cette station slimulent les musculatures de l'estomac et de l'intestin, augmentent les échanges azotés, le coefficient d'oxydation azotée, exercent une action d'épargne sur les tissus riches en phosphore comme le système nerveux, favorisent l'élimination et diminuent la production de l'acide urique, aident l'assimilation des chlorures, de la chaux et de la magnésie. Elles seronl donc indiquées quand Tinsuffisance gastrique, compliquée de constipalion par atonie intestinale, se développera sur un terrain caractérisé par un amoindrissement des échanges nutritifs considérés en bloc. Comme l'a parfaitement dit A. Deschamps : «Atonie du tube digestif, atonie de l'état général, voilà l'indication de C/ia^ei- Guyon. » Leur action d'épargne sur les tissus phosphores indique aussi ces eaux quandla dyspepsie se complique de phosphaturie,

1. Baraduc. — Cliâtcl-Guyon, traitement, indications thérapeutique?, Paih, 1891,

2. Pessez. — Les eaux de Chàtel-Guyon et leur action sur la nutri'.i'/u.. Pcr'tSf 1898.

de phosphorurie et des variétés de neurasthénie liées à ces deux troubles morbides.

Chez les anémiques on pourra se servir aussi de Saint-Alban et de Neyrac.

Les eaux acidulées gazeuzes du type Saint-Galmier, CondillaCj Bussang, Chateldon^ Desaignes, Saint-Pardoux, Soultzmatt^ etc., conviendront surtout aux anorexiques à langue saburrale. PenzoLDT a montré que l'acide carbonique excitait la musculature et la sécrétion de Testomac qui se vide plus facilement de son contenu. Elles sont contre-indiquées quand il y a une tendance à la distension gastrique. En tout cas, il n'est pas prudent de les prolonger trop longtemps.

. « ^ « Nous sommes encore mal fixés sur les effets des eava

dei sulfureuses^ en dehors du Mauhourat (de Cauterets),

**^ ' de Saint-Sauveur et de la source Reine de Luchon qui

a été employée avec succès par Ferras dans les dyspepsies atoniques, tandis que les eaux des deux premières stations paraîtraient convenir davantage aux dyspeptiques hypersthéniques. Mais, quand la dyspepsie e^L liée à un état général dominant, comme Therpétisme, la scrofule, le lymphatisme, la syphilis; quand elle s'accompagnedecertaines dermatoses, telles que T eczéma, le prurigo, les eaux sulfureuses rendront de grands services. Parmi celles-ci, donnons une mention spéciale à Saint- Gervais que Billout*, Hardy-, Max Durand- FAtiDEL' recommandent dans les dyspep3ies atoniques accompagnées d'eczéma, dans ce que Ton désignait jadis sous le nom d'embarras gastrique chronique avec anorexie, langue blanche, conslipation, surtout quand cet état existe chez des herpétiques ou des arthritiques, landis que le lymphatisme et la scrofule seraient plutôt des contre-indications.

11 me reste à vous dire quelques mots des cures des balnéaires. Les seules sur lesquelles j'aie une expé-

oar» balnéaires, j^jg^^^ suffisante sont Ics curcs chlorurées-sodiques Ibites de Biarritz, Salies-de-Béarn, Salins, Rheinfelden. Ce groupe d'eaux ne revendique pas habituellement le traitement des dyspeptiques, et cependant il est des circonstances où leur usage sera né-

1. BiLLOUT. — Des indicalions spéciales des eaux de Sainl-Gervais^ Annales de U Société tthydrologie médicale de Paris, t. XX, 1875.

î. Hardy. —/>tc<. encijclop. des sciences médicales, art. Eczéma.

3. Max Durand-Kardel. — Les eaux de Sainl-Gcrvais. leur application au traitement des maladies de la peau el de la dyspepsie, Paris, 1883.

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oessaîre: chez des malades, par exemple, qui ne supportant aucune cure de boisson, ou encore chez des nerveux; dès surmenés, où rhyposlhéoie gastrique apparaît comme la conséquence de la déchéance des fonctions nerveuses.

L'observation d'un de nos malades vous renseignera mieux que foutes les descriptions. Un homme de 48 ans, appartenant à Télite intellectuelle de. notre pays, devint dyspeptique à la suite d'un travail exagéré qu'il fut obligé de mener de pair avec de graves préoccupaliofls morales. Il perdit l'appétit, sa langue devint blanche; quand il s'efforçait de manger, il éprouvait des malaises et une pesanteur gastriques, des étouffements ; sa face se congestionnait; il. était obligé de s'étendre et s'endormait d'un sommeil pesant dont il sortait étourdi, couvert de sueur, les membres rompus. L'examen du chimisme stomacal montra une acidité totale de 0,10 en HGl, mais pas d'HCl libre, avec fort peu d'HCI combiné, une pepto* nisation imparfaite, une mauvaise digestion des féculents. Je lui conseillai une cure à Vichy qu'il ne put supporter, tant s'accrut la sensation de dépression physique et morale dont il se plaignait. J'eus alors l'idée de l'envoyer à Biarritz où il fut soumis au traitement suivant : un bain quotidien de dix minutes à 36 degrés et à 3 p. 100 de sel, dont on augmenta la concentration de 1 p. 100 tous les deux jours, jusqu'au maximum de 12 p. 100, sans addition d'eau-mère, suivi d'une douche froide avec l'eau minérale pure à 25 p. 100 ; cette douche, en nuages, très courte, de cinq secondes au début, puis portée graduellement à quinze secondes et terminée par un jet court direct sur chaque pied. Les effets de ce traitement furent merveilleux. En moins de quinze jours, l'appétit était revenu, l'état général s'était amélioré et, qu^nd le malade revint me voir, un mois après avoir terminé sa cure, il se portait si bien que je lui permis de reprendre sa vie habituelle.

Ces cas sont moins rares qu'on ne le pense et,* parmi ceux que je pourrais vous citer, il y a encore celui d'un de mes anciens internes, dyspeptique hyposthénique, surmené et déprimé à la suite d'une injustice de concours, qui recouvra rapidement la santé après une cure semblable. Je ne puis vous fournir d'examen du chimisme stomacal après cette cure chlorurée-sodique ; mais cela importe peu au point de vue pratique, puisque les malades en question ont été guéris, ce qui élait le point important.

Félix Bernard pense qu'on peut traiter à Plombières les dyspeptiques hyposthéniques en modifiant la technique d'administration des eaux, de façon à obtenir des effets stimulants et toniques. 11 conseille les douches froides en jet plein ou brisé, les douches alternatives

chaudes et froides, Teau de la source des Dames (SI*") en boisson, en petite quantité ^ Je ne nie pas qu'il soit possible de réussir ainsi, mais Fauteur ne fournit pas de preuves qui puissent d'emblée entraîner la conviction.

Pour Vhygiène et le régime à suivre pendant la cure, vous- vous reporterez aux préceptes que je vous ai donnés à propos du traitement hydro-minéral des dyspepsies hypersthéniques.

Les Les bains de mer sont utiles, en général, à ces

bains de m«r. malades. Lcs plagcs du Nordy du Calvados et de la Bretagne conviennent aux déprimés et aux atoniques, aux surmenés du travail et du plaisir, aux dyspeptiques de la croissance, aux sédentaires, à la condition qu'ils ne soient ni rhumatisants, ni trop excitables. Si Ton doit craindre les réactions trop vives, on choisira une station de VAtlantique au-dessous de l'embouchure de la Loire. Ënfm la trop grande excitabilité nerveuse et l'impressionnabililé morbide fixeront votre décision sur une station du littoral méditerranéen ou de V Adriatique.

Les Quant aux cures d'altitudey elles sont aussi indi-

eores d'amtiiâe. qy^^^s en principe. On guidera son choix sur les particularités individuelles à chaque malade. Je les considère surtout utiles comme nachkur. Le malade, souvent plus ou moins fatigué par le traitement thermal, s'y repose avant de reprendre les soucis et les fatigues de la vie. La cure d'air, durant cette période de transition et de calme, complète heureusement ce que la cure hydro-minérale a commencé, et l'action secondaire de celle-ci peut s'y développer sans obstacle.

1. F. Behnàrd. — Action physiologique et indications tliérapeuUques des eaux de Plombières, Paris. 18l»9.

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