LE REPAS D'ÉPREUVE
est préférable aux précédents, quoiqu'il encoure deux reproches : il omet Faciion du suc gastrique sur les albuminoîdes animaux et ne contient pas une quantité suflSsante d*albuminoïdes végétaux. Dans le repas de Ritter et Hirsgh (500 grammes de lait, deux œufs, pain blanc), il y a trop de matières albuminoîdes, trop de liquide, de la lactose qui est inutile, puisqu'elle ne subit aucune évolution dans l'estomac à moins qu'elle ne s'y transforme en acide lactique. Le repas de Klemperer est passible des mêmes objections. Hayem conseille un repas composé de 60 grammes de pain et d'un quart de thé sans lait ni soupe ; or le thé n'est pas sans avoir une action très sensible sur la sécrétion gastrique, puis ce repas ne renferme que des albuminoîdes végétaux ^
Pour nous former une opinion définitive sur ce que doit être le repas d'épreuve, faisons appel à la physiologie. Si l'on veut fixer la manière dont fonctionne l'estomac, il faut s'en rapprocher le plus possible et constituer un repas qui contienne des amylacés, quelques corps gras et une quantité d'albumine capable de stimuler la fonction sécrétoire, mais insuifisante pour saturer tout l'acide chlorhydrique formé. Aussi le repas de Germain Sée, qui comporte 60 à 80 grammes de viande, 100 grammes de pain blanc et un verre d'eau, me semble l-il préférable aux précédents. Toutefois, dans la pratique, je considère qu'il est un peu trop abondant et qu'il ne renferme pas toujours une quantité identique de graisse.
C'est pourquoi,* tout en conservant sa composition générale, je lui ai substitué le repas suivant :
La moitié d*un œuf cuit au dur, avec le jaune qui contient une assez grande quantité de corps gras'; 60 grammes* de pain blanc ; 200 ~< d'eau à la température de la chambre.
Je repousse l'emploi du thé dont les principes actifs ne sont pas sans action sur la sécrétion stomacale, des boissons chaudes ou Troides qui changent l'éqifilibre d'une sécrétion normale.
Le sujet devra manger lentement ; on lui recommandera de
1. Pour avoir une idée de» discussions auxquelles a donné lieu la composilion du repas d'épreuve, lire :Max Eikhorn {Berliner klin. Wochensch., p. 347, 1888), Ewald (/6id., p. 736), G. Sticker {loid., p. 733), Ch. JOrgbnssn {Ibid., iO mai 1889). L'opinion de ce dernier esi que chaque repas a ses avantages et ses inconvénients et qu'il faut choisir le plus simple et le plus agréable.
2. Ta présence du jaune d'œuf qui s'émulsionne dans l'estomac gêne quelquefois la filiratton du contenu gastrique et communique un aspect opalin au liquide flllrô*. Néanmoins on se rapproche plus de la vérité en étudiunt le chimisme stomacal avec un repas d'épreuve contenant des graisses qu'avec un repas qui en est dépourvu*
soumettre ces aliuients à une mastication prolongée, ixiin d*éviter Tobslruclion de l'oriûoe de la sonde par des Iragmeats de pain ou de blanc d^œuf qui pourraient gêner Textraclion du contenu gastrique . Un certain nombre de dyspeptiques dont Teslomac est dilaté ou distendu ont un eslomac qui clapote, le malin à jeun, douze heures au moins après le dernier repas pris la veille au soir. L'estomac renferme aloi's des résidus alimentaires nageant dans un mélange de suc gastrique, de mucus, de salive et de produits digérés qui gênent les indications fournies par le repas d'épreuve. Il convient donc d'évacuer ces résidus à l'aide de la sonde, avant de donner le repas, ei de les soumettre à un examen dont on retirera souvent d'utiles renseignements. Et, si les matières extraites révèlent l'existence de fermentations anormales, ou bien si les résidus alimentaires sont trop épais /pour être facilement entraînés par la sonde, on pratiquera un lavage de l'estomac à l'eau tiède, en s'assurant que la quantité du liquide retiré est égale à la quantité introduite et qu'il n'y a plus de elapotage après Textraction. En tout cas, on attendra deux heures avant de donner le repas d'épreuve.
- .^ ^, L'extraction du repas d'épreuve doit être faite
Son extraoUon. '^ '^
dans l'unité de temps, c'est-à-dire que, dans tous les examens, un même espace de temps doit s'écouler entre le moment où le repas d'épreuve est ingéré et celui où l'on pratique son extraction. Ici encore, les auteurs donnent les limites les plus diverses. Leube et RiEGEL préconisent l'extraction au bout de cinq et sept heures; von Sohlem adopte trois heures ; Gluzinski et Jaworski n'attendent qu'une demi-heure; Ewald, Boas et Germain Sée s'en tiennent à la limite d'une heure. C'est cette dernière que j'ai adoptée après m'être convaincu par nombre d'expériences qu'après une heure et demie l'acide lactique apparaît fréquemment dans les estomacs les meilleurs, qu'après deux heures l'acide chlorhydrique libre fait souvent défaut et que, dans le cours de la première heure, il est ordinairement masqué par les matières albuminoïdes avec lesquelles il se combine.
Latechniqae Après uuc hcurc, OU retire le repas d'épreuve.
de rextracuon. j^jj^ ^^ utilisait la pompc de KussMAUL ; mais c'est un instrument dangereux que tout le monde s'accorde à repousser aujourd'hui, depuis que Lbube, Hœnisgh, Huber et d'autres* encore
1. Leube. (Deutsch. Arch, f. klin. Med.^ 1876, p. 496). Arrachement de fragriK^iits de muqueuse de 2 et 3 centimètres. — Hcenisch {Ibid., 1879, p. 579). Arrachement d*an fragment de muqueuse de O^.OSi sur 0",018. — Huber {Ibid , 1878, p. 315). Arradiement d'un fragment de O^jOSsur 0'",007ô.