Vieillard-Baron. — Thèse de Lyon
5* Le formène et l'éthylène, qui peuvent provenir aussi des hydrocarbonés, indiquent le plus souvent la fermentation de la cellulose ou des matières grasses.
6' L'hydrogène sulfuré dépend habituellemefit de la fermentation des matières albnminoïdes.
T Les fermentations gazeuses sont très fréquentes. Elles coïncident toujours avec des fermentations acides; mais il est des cas où les dernières prédominent.
8" Les divers types de fermentations peuvent se succéder ou se montrer alternativement chez le même malade qui peut passer du type gazeux au type acide et voir varier même la nature de l'acide, sans qu'on puisse incriminer des variations parallèles àe THCl du suc gastrique.
9^ Les fermentations gazeuses coïncident généralement avec une augmentation de l'HCl libre du contenu stomacal.
10° L.a présence, l'absence et les variations de l'acide chlorhydrique ne dirigent pas absolument la fermentation dans un sens particulier.
Il"* Mais, cliciquement, les fermentations acides en général sont plus fréquentes quand il y a diminution ou absence de l'HCl libre.
i^^ De même, quoique les fermentations butyriques puissent parfaitement se produire dans un milieu hyperchlorhydrique, elles sont plus fréquentes en l'absence d'HCI.
ib" La fermentation lactique est moitié moins fréquente avec Texcès qu'avec la diminution ou l'absence d'HCl.
i^"" La fermentation acétique est quatre fois plus fréquente avec l'excès qu'avec la diminution ou l'absence d'HCl.
15*" Des fermentations acides, la plus importante est celle qui donne naissance à l'acide lactique. Les autres n'ont pas encore de signification clinique précise.
le*" La fermentation lactique existe au début de la digestion normale, mais normalement elle est bientôt inhibée par la sécrétion croissante de l'HCl. Par conséquent, la présence de l'acide lactique dans le contenu gastrique à la fin de la digestion est toujours un acte pathologique.
47° La fermentation lactique n'a pas, dans le carcinome de l'estomac, la valeur diagnostique presque absolue que lui a attribuée Boas*. Outre les cas personnels dont je vous parlerai à propos
1. Boas. — Ucber das Vorkommen von Milchsaûrc im gesunden und kranken Magea nebst Bcmerkungen zur Klinik des Magencarcinoms, Zeitschrift fur klinische Mediânf t. XXV, fasc. 3 et 4.
dte cette maladie et sur lesquels je m'appuie, cette opinion a pour elle les observations de RosenheimS Ewald*, Klemperer', Strauss*, BialS F. Hiegel\
4^ Lai direction de la fermentation paraît dépendre beaucoup de la nature du milieu feimentescible.
19* L'influence sur les fermentations gastriques, quelles qu'elles soient-, de- la pepsine, de la bile reflliée dans l'estomact de l'oxygène et de Fazote qui peuvent avoir été déglutis, des associations microbiennes n'offre encore rien de précis, et de nouvelles recherches sont nécessaires si l'on veut éclairer ces points obscurs.
20^ Le suc gastrique normal exerce une action atténuante et inhibitrice ou même destructive sur un certain nombre de microbes pathogènes; mais cette action diminue ou cesse dès que les fonctions stomacales subissent un trouble quelconque.
21' Les expériences de fermentations à l'étuve peuvent renseigner, dans une certaine mesure, sur celles qui se passent dans Testomac et fournir des indications utilisables en clinique.
22*" À titre de document d'attente, je me demande si, dans certains cas, l'acide lactique ne pourrait pas se former par dédou* blement de la glycose, en l'absence de tout ferment figuré. On sait que ce dédoublement est possible en milieu chaud, humide et alciilin. Or ce sont justement les conditions présentées par restomac des individus atteints de gastrite chronique, et même de quelques dyspeptiques hypersthéniques quand on les traite par les alcalins à haute dose, et par les sujets qui avalent une grande quantité de salive.
Après cetle élude dont nous essayerons d'appliquer plus tard les conséquences pratiques qui viennent d'être énumérees, il noua reste encore plusieurs points à traiter avant d'aborder la clinique et la thérapeutique des fermentations gastriques. Nous devons rechercher quelles sont les conditions diverses qui peuvent favoriser les fermentations, comment elles sont influencées par les anlisepliques, quels sont les troubles morbides de l'estomac qu'elles vien-
1. RoSENHEiM. — Berliner klin. Wochenschrift, n" 39, 189i, et Deutsche med. Wochenschrifi, n* 15, 1895.
2. EwÀLD. — Discussion à propos d*une communication de Rosenheim £tir la gnsiritis gravis, Verein fur innere Medicin, 1894.
3. Klemperer. — Deutsche Medicinische Wochenschriftf n? 14, 1895.
4. Strauss. — Ueber Magengâhrungen und deren diagnostische Bedeutuni^t Zeitschrifl fur klinische Afedichu t. XXVI et XXVil.
5. BiAL. — Milchsaurebildung im Magensaft bei Ulcus vcntriculi mit Gaslritii atroph-i cans und Caslrckiasie, Berliner klinische Wochenschrift, n° 6.
6. F. RiEGEL. — Ët'kranlcungcn des Mugens, p. 135, Vienne^ 1896.
nent compliquer, et enfin si ces Fermentations elles-mêmes n'ont pas quelquefois un rôle palhogénique, soit par les poisons auxquels elles donneraient naissance, soit par Faction des agents et des produits divers des fermentations sur la muqueuse gastrique. Nous n'apporterons pas d'emblée une solution définitive à toutes ces questions, mais leur examen nous permettra de tirer de leur étude d'utiles enseignements dont bénéficiera la conduite du traitement des fermentations gastriques^