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LEURS AGENTS ET LEUR VALEUR THÉRAPEUTIQUE

Considérations générales. — La médication alcaline. La médication acide.

Gonsidiratioiis D^ns la dernière Leçon, j'ai tenté de vous montrer générales. comment un régime bien calculé pourrait, dans certains cas, remplir à lui seul les quatre indications fondamentales du traitement des fermentations gastriques. Mais, le plus souvent, le meilleur régime ne suffit pas et l'intervention thérapeutique devient nécessaire. Nous allons aujourd'hui en fixer les termes et les détails.

Quand les fermentations se greffent sur une dyspepsie antérieure, le traitement spécial de celle-ci doit évidemment être institué tout de suite et être suivi concurremment avec celui des fermentations. Cette imbrication de traitements n'ira pas sans quelques incompatibilités accessoires, et d'autres fois même la prédominance des fermentations devra laisser au second plan la dyspepsie originelle. Mais ce sont là des cas particuliers qui ne modifient en rien les grandes lignes de la thérapeutique.

Quelques médications des fermentations ont conquis, plus ou moins temporairement, la faveur du public et ont été, pour un temps, à la

mode. Les alcalins ont paru tout indiqués pour saturer les acides de fermentation ; avec les antiseptiques, on s'est proposé de combattre les actes fermentatifs eux-mêmes. Vacide chlorhydrique est pour quelques-uns l'antiseptique physiologique de choix. Enfin le lavage de Vestomac, malgré Téclipse sérieuse qu'il subit, est pourtant encore en honneur auprès de quelques médecins, puisqu'il remédierait à la stase, cet élément causal si important des fermentations, et parce qu'il préviendrait les soi-disant auto-intoxications d'origine gas'li iquc.

Nous allons passer en revue les effets produits par ces divers traitcmenls, rationnels seulement d'apparence, sur les malades qui souflrent de troubles dus aux fermentations.

Les alcalins * Vous savcz quo Ics alcalins et le bicarbonate de et leur aotton. ^q^^ sQ0t \q grand chcval dc bataille de la plupart des médecins, non seulement en cas de fermentations, mais dans la majorité des dyspepsies. Leur action a fait l'objet d'une innombrable quantité de travaux dont je ne vous renouvellerai pas la fastidieuse énumération, car leur discordance ne ferait qu'obscurcir encore notre sujet. Ce qui est sûr, c'est que, comme l'ont montré Claude Bernard, puis Rabuteau*, les alcalins, en faible quantité, augmentent la sécrétion gastiique. BiNz* pense qu'en augmentant la sécrétion normale, qui serait un antiseptique puissant, ils s'opposeraient indirectement aux fermentations.

G. LiNOSSiER et G. LemoinE^ mettent en valeur un fait nouveau, fait important au point de vue qui nous occupe, puisqu'il démontre que la production des acides de fermentation est favorisée par l'administration du bicarbonate de soude pendant la premièie période de la digestion gastiique. Ces acides contribuent avec l'HCl à la saturation de l'alcalinité temporaire produite par le sel alcalin ; mais leur production se prolonge même parfois quand l'acidité normale est reconquise. Les mêmes auteurs confirment encore trois faits que j'avais établis dans mes Leçons de 1889-90, à savoir que le bicarbonate de soude donné au début du repas suspend ou modère la sécrétion de la pepsine ; que l'excitation sécrétoire la plus vive est provoquée par l'administration du sel une heure avant le repas; enfin qi:e, chez les hyperchlorhydriqùes, il peut saturer momentanément Thyperacidité gastrique, mais qu'il'finit par exagérer l'excitation sécrétoire d'une muqueuse déjà surexcitée.

1. Raboteau. — Éléments de thérapeutique et de pharmacologie, p. 245, 1875.

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