CLASSIFICATION ET TRAITEMENT
Yacide chlorhydrique aux malades qui n'en ont pas une quantité sudisaole dans leur suc gastrique. Ils paraissent peu partisans des fermenls digestifs^ de la pepsine en particulier. Quant aux amersy leurs eilets seraient à peine d'ordre suggestif.
En réalité, Deboyb et Rémond préconisent un traitement paradoxal d'apparence, mais qui leur a donné de meilleurs résultats que les autres. Ce traitement a le grand avantage de la simplicité, disons même de l'unité, puisqu'il s'applique indistinctement à toutes les dyspepsies, quel que soit l'état des sécrétions, des fonctions motrices et de la sensibilité. Il consiste à suralimenter avec de la poudre de viande fortement alcalinisée à l'aide d'un mélange à parties égales de bicarbonate de soude et de craie préparée. 11 revient, en somme, à supprimer toute digestion dans l'intérieur de l'estomac et à soumettre en même temps, à Taclion des sucs pancréatiques et intestinaux, un aliment facile à digérer et riche en principes nutritifs.
HuGHARD divise les dyspepsies en chimiques et motrices. Les premières sont hyper ou hypochlorhydriques ; les secondes sont par excès (gastralgie spasmodique) ou par défaut (dilatation primitive ou secondaire de l'estomac). Il pose des indications qui ressemblent en partie à celles de Bouyeret. Dans le traitement de la maladie de Reichmann, il est partisan décidé du régime animal^ de la réduction relative des boissons et du bicarbonate de soude à la dose de 24 grammes par jour.
Dujaroin-Beaumetz, qui considérait les classifications modernes des dyspepsies comme l'expression d'un vrai gâchis, et qui, loin de multiplier les formes, cherchait, au contraire, à les diminuer, admettait des dyspepsies chimiques, nerveuses et motrices. Il s'accordait avec Huchard et la majorité des médecins contemporains sur Futilité du bicarbonate de soude dans la dyspepsie hyperchlorhydrique, mais commençait à émettre quelques protestations contre l'emploi des énormes doses. Ce qui particularisait son traitement, c'était la proscription de la viande et des aliments animaux. 11 conseille énergiquement le régime végétarien, disant qu'il faut laisser reposer l'estomac et ne pas exciter la sécrétion de l'acide chlorhydrique à l'aide des aliments trop azotés. D'ailleurs, ce régime végétarien conviendrait également aux dyspepsies hypochlorhydriques; car, dans celles-ci, la viande subit, à son passage inutile dans un estomac inapte à la digérer, des putréfactions qui augmentent la putridité stomacale.
11 est inutile de prolonger davantage celte revue et d'insister sur les traitements proposés par Hayem et par les médecins allemands. Ce qui précède suffit pour justifier ce que je vous disais tout à l'heure,
relativement A l'embarras que doit éprouver le praticien devant tant de conseils opposés.
Les désaccords En eiïet, si Ton jette un regard d'ensemble sur les des auteurs, fraiiemenls précédents, on ne peut s'empêcher de trouver que, dans l'état actuel des choses, il n'y a pas plus d'accord sur la thérapeutique que sur la classification des dyspepsies. En somme, Vacide chlorhydriqu£ et le bicarbonate de soude constituent le fond de la médication pharmaceutique. Quelques-uns ajoutent le lavage de V estomac; d'autres tiennent pour les antiseptiques. Quant à la pe/mne et aux ferments digestifs, ils sont à peu près rayés de la pratique courante, et d'aucuns les accusent même de retarder le travail digestif.
En résumé, le traitement médicamejiteux des dyspepsies semble s'amoindrir chaque jour. Le régime tend de plus en plus à remplacer les médicaments, dont l'expérience aurait démontré l'inutilité ou la nocuité. Mais on ne s'accorde même pas sur celte question du régime, puisque les uns conseillent le régime végétarien à tous les dyspeptiques, que d'autres s'en tiennent seulement à la poudre de viande alcalinisée, d'autres au régime camé pour les hyperchlorhydriques et au régime mixte pour les hypocWorhydriques, tandis qu'il reste dans deux camps voisins des fanatiques du régime lacté exclusif et des partisans à outrance du régime sec.
Quant aux médications mécaniques locales, telles que le lavage^ remploi des poudres inertes, aux médications par les agents physiques, comme l'Aydro^/iérapftîe, l'éfec^rici/é, le massage, etc.; quant à l'emploi des eaux minérales, la même incertitude règne que pour les agents médicamenteux.
Un ebjeotiois Douc, comme l'a parfaitement dit A. Mathieu, on et ta cia^siiication ^ essayé dc définir les dyspepsies par leurs phénomènes douloureux, par la névropathie, par Tauto-intoxication, par les troubles de la motricité, par les déplacements organiques, par les lésions de la muqueuse gastrique et du tissu conjonctif, par les variations du chimisme stomacal, et l'on n'est arrivé à aucune conception qui satisfasse l'esprit et réponde aux exigences de la pratique. Chacun de ces éléments pris isolément est impuissant à donner la formule clinique des dyspejpâies. Aussi A. Mathieu conclut-il en déclarfint que, dans l'état précaire de nos connaissances sur l'ensemble des phénomènes de la dyspepsie, c'est à l'étude des grands complexus physiologiques et symptomatiques qu'il faut s'en rapporter pour déterminer les indications diététiques et thérapeutiques.