‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 32 sur 177 · LA PLACE NOSOLOGÏQUK DES DYSPEPSIES · texte numérisé non relu

LA PLACE NOSOLOGÏQUK DES DYSPEPSIES

Un autre point de départ, qui tient un plus grand compte de la clinique, permet à A. Mathieu de créer quatre groupes de dyspepsies slomacales : la dyspepsie nervo-motrice et ses trois variétés, simple, hypochlorhydrique, avec hyperacidité organique et stase ; rhyperesthésie et Tintolérance gastriques ;rhyperchlorhydrie avec ses trois formes, hypersécrétion critique, hypersécrétion quotidienne intermittente, hypersécrétion continue ou maladie de Reichmann; enfin vient, comme dernier groupe, la dilatation de restomac.

Cette classification de A. Mathieu, qui fait état d'éléments divei*s et ne vise pas à une unification qui est dans Tesprit bien plus que dans les faits, cette classification, dis-je, me semble la meilleure de celles qui ont été proposées jusqu'ici : d'abord parce qu'elle n'a rien de doctrinal, ensuite parce que les indications thérapeutiques qui en découlent sont établies avec une rare justesse de vues. Pourtant ce n'est pas celle que j'ai adoptée dans ma pratique, ayant eu le désir de simplifier davantage, et parce que j'ai reconnu, dès mes premiers essais qui remontent à plus de quinze ans, combien était incertain le traitement chimique auquel on est fatalement conduit quand OD fait intervenir la chimie dans une classification.

Et sans espérer que la classification que je vous proposerai dans ma prochaine Leçon ait meilleure fortune que ses devancières, j'ai pourtant le devoir de dire qu'elle m'a fourni des indications thérapeutiques dont les résultats m'ont donné, ainsi qu'à mes élèves, plus de satisfaction que les traitements chimiques actuellement en faveur.

Les dyspepsies considérées en général et leur place en nosologie.

Conception physiologique des dyspepsies. — Ijeurs réactions sur le foie, Tiiitestin et les autres organes. — Réactions des diverses maladies de l'estomac. — La maladie de la fonction crée la lésion sur Torgane. — Les dyspepsies latentes. — Résumé gpénéral.

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J^^^^^ l'estomac — glandes, épithéliums, muscles, vaisseaux sanguins et lymphatiques, nerfs — qui soit frappé dans son fonctionnement, il y a dyspepsie. La théorie tendrait donc à dissocier les dyspepsies en autant de variétés qu'il existe de ces éléments et en autant de sous-variétés qu'il y a de déviations fonctionnelles ; mais ces divisions, essentiellement virtuelles, n'auraient rien à voir avec la clinique.

Eu effet, on conçoit qu'un trouble stomacal débute, par exemple, par un vice dans la sécrétion du suc gastrique, par une modification de ses qualités, par une atonie ou un spasme de la musculature, par une production exagérée de mucus, par un trouble circulatoire ou nerveux; mais ce que Ton conçoit difficilement, c'est que celte perlurbalion fonctionnelle demeure localisée aux glandes, à la circulation, à rinnervalion, à la musculature. C'est parce qu'on a voulu dissocier dans restomac des activités que ni la physiologie, ni la clinique ne peuvent séparer, que l'on a créé dans Tordre des dyspepsies les confusions actuelles. Ceux qui ont uniquement considéré le cliimisme stomacal et qui en ont fait la base de leur classification et de leur trailemenl ont commis Ja même faute que ceux qui n'ont vu dans la palholo^çie dyspeptique qu'un trouble de la musculature.

La clinique, la physiologie et même la chimie s'accordent pour repousser les dyspepsies partielles. Il est aussi irrationnel d'admettre Texislence de dyspepsies purement chimiques que celle de dyspepsies exclusivemenl nerveuses, circulatoires ou motrices, car on ne peut abstraire un trouble sécrétoire des conditions circulatoires et nerveuses qui en sont fimmédiate condition.

On sait combien te chimisme stomacal peut être variable sur le même sujet. Tel dyspeptique, aujourd'hui classé dans le groupe des hyperchlorhydiiqucs, pourra être rangé demain parmi les hypochlorhyïlriques ou les dyspeptiques par fermentation, selon les hasards de Tanalyse. A ce point de vue, la discussion du Congrès de Lyon, enlSyi, a été fort instructive. Donc l'existence même du groupe des dyspepsie? piiremenl chimiques est sujette à caution, et pourtant de quel enthousiasme n'a-t*on pas accueilli le chimisme stomacal qui, ai>rès avoir (oui révolutionné, devait remettre tout en place définitive et qui a si mal tenu ses promesses!

La vérité est que troubles chimiques, moteurs, circulatoires, nerveux se compliquent et s*enehevêtrent, sans que le sens de la complicalion soit toujours semblable à. lui-même. L'estomac est un tout qui ne se dissocie pas plus en pathologie qu'en physiologie.

Mais allons encore plus loin, gardant toujours la physiologie pour guide.

Les réaction» La pathologie a conçu des types morbides tellement

**aiïHe'fû!^i " abstrails qu'il n'est pas possible à la clinique de les

tt rinuiun. 1-alilier. Les fonctions de l'estomac sont liées de telle

façon à celles du foie et de Tinteslin que chacune de ses perturbations

retentit sur eu^t, sans compter que les connexions nerveuses et circula-

-toircs du foie et de Teslomac, par exemple, peuvent engendrer simul-

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