‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 33 sur 177 · LA PLACE NOSOLOGIQUE DES DYSPEPSIES · texte numérisé non relu

LA PLACE NOSOLOGIQUE DES DYSPEPSIES

ianémeDt dans ces deux organes des troubles fonctionnels qui évoluent d*abord parallèlement. Mais, que ce soit restomac, le foie ou rintestin qui ouvre la série des désordres fonctionnels, il est exceptionnel que les trois organes ne soient pas entraînés tous ensemble dans la variation morbide.

Voilà donc une deuxième phase du trouble fonctionnel qui met en branle l'ensemble du tube digestif dans sa région sous-diaphragmatique et le foie, son annexe lu plus importante.

LesrèaotiMB Mais cc u'cst pas tout. Nous avons vu, dans la

*** %a Leçon d'introduction, quelles modiflcations les diges-

tions viciées pouvaient introduire dans le sang, dans le système nerveux, dans la nutrition générale; comment les tissus qui puisent dans le milieu lymphatique les éléments de leur activité étaient impressionnés différemment quand la constitution du milieu intérieur est modifiée elle-même par les changements survenus dans ses apports; comment les émonctoires devaient subir, à un moment donné, rinfluence nocive des produits anormaux résultant de cette sérialion morbide. 11 n'est donc pas un organe, pas un tissu, pas un plasma qui ne soit capable d'être secondairement influencé et troublé dans ses fonctions par un état dyspeptique de plus ou moins longue durée.

Ces réactions secondaires de la dyspepsie sur le foie, l'intestin, le cœur, les poumons, les reins, le système nerveux, les organes des sens, les organes génitaux, le sang, la nutrition, etc., méritent donc une attention d'autant plus soutenue que leur symptomatologie propre prend quelquefois le dessus et obscurcit la notion de la dyspepsie originelle, et l'on comprend que la thérapeutique doit alors leur faire une part toujours importante, parfois temporairement dominante.

Latréacuont Retoumous la proposition. Ces réactions secon-

4fv«nM maladies daircs quc Testomac malade exerce, directement ou

sur leaumiao. indirectement, sur les organes en particulier et sur la nutrition tout entière, ces organes et cette nutrition, lorsqu'ils sont altérés matériellement ou fonctionnellement, peuvent l'exercer, à leur tour, sur l'estomac sain ou malade. Vous verrez plus tard, par exemple, comment la lithiase biliaire crée des accès de dyspepsie, d'abord passagers, plus tard défloitifs; comment le rein mobile, l'utérus malade, les affections du cœur, certaines maladies des centres nerveux, comment l'arthritisme, la tuberculose, l'anémie, etc., reten- . tissent secondairement sur les fonctions gastriques et deviennent créateurs ou occasions de dyspepsie.

Entre le trouble hépatique, ioleslinal, nerveux, etc., créé parla dyspepsie, et la dyspepsie provoquée par une maladie du foie, de Tintestin, du système nerveux, elc.^ la distinction est souvent diUicile, sinon impossible. Quel que soit Torgane qui ait parlé le premier, il vient un moment où la connexité des troubles morbides ne permet plus ou permet mal de faire leur chronologie.

C'est surtout quand la nutrition générale s'en mêle que le problème est d'une solution ardue.

Tel individu est-il devenu phtisique parce qu^une dyspepsie antérieure avait sunoiadri la résistance de l'organisme et constitué un teiTain apte au bacille de Koch, ou bien 1^ dyspepsie n'est-elle qu^nn dps premiers actes réactionnels de Téconomie à rencontre de l'infeo tion bacillaire? Tel autre est-il devenu anémique par dyspepsie, ou la dyspepsie n'est-elle que l'expression gastrique d'une anémie antérieure, le sang appauvri ne fournissant plus aux glandes de l'estomac un matériel sulfisant pour la fabrication d'un suc gastrique normal? Tel autre est-il dyspeptique parce que neurasthénique ou neiu*asthénique parce que dyspeptique? On pourrait multiplier ces exemples. Voilà autant de questions que le clinicien doit, au moins, tenter de résoudre, puisque ces questions comportent d'ui^gentes indications thérapeutiques.

En trouvera-t-il toujours la solution? Certainement non. Mais il doit serrer le problème avec la plus grande rigueur, et j'espère vous montrer, au cours de ces Leçons, quel parti Ton peut tirer, dans les cas difficiles, du vieil adage hippocratique et comment le traitement lèvera quelquefois les doutes que la clinique est impuissante à éclaiioir.

i»mtiadi6 Diaprés ce qui précède, vous voyea que je sujis on

**^uîéSôS"^** partisan décidé de la nature fonctionnelle des

darorgaiM. dyspcpsics et de leurs premiers retentissements. Mais, à la longue, ce qui n'est, au début, qu'un trouble de la fonction engendre dans les organes euxHoaêmes des lésions matérielles qui constituent rétape lésionale de la maladie. Comme je l'ai dit daos ma communication à l'Académie de médecine^ sur les albuminuries d'origine phosphaturique, c'est la maladie de la fonction qui crée la lésion de l'organe. La dyspepsie passe alors à la phase du catarrhe gastrique, de l'ulcère stomacal, puis à la gastrite chro»nique, affections dont l'histoire et le traitement ne devraient pas être

1. Albert Robin.— Des albuminuries phosphatunques, Bulletin de P Académie de mé* deeine, décembre 1891.

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