‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 35 sur 177 · Boix. — Le foie des dyspeptiques, Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Boix. — Le foie des dyspeptiques, Thèse de Paris

3. Oeguéret. — Relations pathologiques du Coie et de Testomac, Thèse deFariSt 1894

rieur, puisqu'il fournil des indications utiles au diagnostic et que la thérapeutique peut tirer grand bénéfice de son appréciation.

LMdrip»ptiM Je ne saurais envisager, au cours de cette Leçon, ut«ikî«8. jQ^g |gg éléments morbides dont vous aurez à tenir compte pour mettre au point la connaissance des dyspepsies, mais on ne saurait passer sous silence un fait dont la physiologie et la clinique s'accordent à<lémontrer l'exactitude : il peut exister des dysr pepsies absolument latentes.

Sans aller jusqu'à l'absolutisme de ceux qui dénient à l'estomac toute aetivilé digestive réelle, il est évident que c'est l'intestin, aidé du foie et du pancréas, qui fait la plus grande partie de la besogne. Aussi comprendrez-vous qu'un dyspeptique stomacal, dont l'intestin fonctionne parfaitement, jouisse pendant un temps de la plus parfaite santé et ne présente alors aucun symptôme qui attire l'attention du c&lé de son estomac. Et puis voici que tout à <;oup, à l'occasion d'un trouble intestinal insignifiant, constipation ou diarrhée, se manifestent d'importants symptômes gastriques qui traduisent non pas le retentissement stomacal d'un trouble primitivement intestinal, mais bien une dyspepsie stomacale jusqu'ici latente, parce que l'intestin suppléait à rinsuffisance de Ja fonction gastrique. C'est là encore un de ces faits cliniques si délicats de l'histoire des dyspepsies dont nous aurons à tenir grand compte quand il s'agira de faire de la thérapeutique.

* unEmé taérai Résumons maintenant ces notions générales qui

vont nous servir de base pour toute la classification des

dyspepsies considérées seulement au point de vue du traitement.

H y a dyspepsie quand l'un quelconque des éléments constitutifs de restoma'- est modifié dans son fonctionnement.

Le Irouble fonctionnel commence généralement par une viciation de la sécrétion gastrique ou du chimisme stomacal, par un spasme ou une atonie musculaire, par un trouble circulatoire ou nerveux, etc.; mais la modification originelle, tout en pouvant demeurer prédominante, entraîne bientôt dans son sens l'activité de tous les éléments anatomiques de l'estomac.

Pour cette raison et pour bien d'autres encore, ne fût-ce que rinoerlilude des procédés d'analyse, le chimisme stomacal ne saurait servir de base ni à la classification ni à la thérapeutique des dyspepsies.

11 existe enlre l'estomac, l'intestin et le foie une étroite solidarité fonctionnelle. Les perturbations chimiques, circulatoires, nerveuses, mécaniques, qui surviennent primitivement dans l'un de ces organes,

LA PLACE NOSOLOGIQUE DES DYSPEPSIES iOt

retentissent bientôt sur les autres en un complexus morbide que l'analyse la plus minutieuse a quelquefois peine à dissocier.

Le sang, le système nerveux, le cœur, etc., la nutrition tout entière, subissent plus ou moins tôt l'influence de la viciation digestive, que ce soit par la voie de l'assimilation ralentie, par la voie réflexe ou inhibitive sur les centres, parle fait des principes irritants engendrés dans Testomac ou par celui des contestables toxines dont l'origine, soit dit en passant, me paraît bien plutôt dans le foie malade, puis dans l'intestin, que dans l'estomac. Nous revenons à la doctrine hippocratique qui considérait l'organisme dyspeptique comme un arbre planté sur un sol stérile.

Toutes les réactions secondaires de l'estomac sur les organes pris en particulier, sur le sang, sur la nutrition peuvent être exercées à leur tour, sur l'estomac, par les organes primitivement malades ou par un trouble nutritif de quelque origine qu'il soit.

La cause de la dyspepsie ou, mieux, les conditions dans lesquelles elle se développe influent parfois sur sa forme et sur l'enchainement de ses manifestations d'une façon qui aide à les distinguer et à dirigei leur traitement.

Il y a lieu de tenir compte des dyspepsies latentes, comme celles que masque un fonctionnement encore normal de l'intestin.

Enfin dyspepsies, catarrhe de l'estomac, ulcère gastrique, gastrite chronique ne sont que les périodes d'une seule et même maladie. Mettez à part les gastrites toxiques et traumatiques, l'immense majorité des catarrhes gastriques et des gastrites chroniques a pour origine, pour première phase, des troubles dyspeptiques purement fonctionnels. De même les troubles, d'abord fonctionnels, que la dyspepsie provoque dans les organes autres que l'estomac aboutissent fréquemment à des lésions matérielles. C'est ce trouble de la fonction qui crée lentement la lésion de Torgàne. Celle-ci n'est qu'un résidu, justiciable seulement d'un traitement palliatif, tandis qu'on doit arriver, un jour ou l'autre, h pouvoir traiter rationnellement et à guérir le trouble fonctionnel qui précède et engendre la lésion.

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