DE LEUR ÉTI0L06IE
LËTlOLOGIi; OtmRALK — 1E8 VR»8 DE L'A^IIf ItTrAtlON
LBS DÏSPKPSIES NERVEUSES, MËCAHlftUfcS, CLIMATÉRIQUES, MÉWCAMEOTEUsÊs,
PRQVBEStONNELLES
Importance tle l'étiologie. ^ Dyspepsies primitives et secondaires. Leur rôle pttlihogène.
iaptriauoe 1.6 trouble foDcUonnel qui 68l le véritable substra^
dfl uuoiogie. ^^^ ^ j^ dyspepsie ne survient pas sans cause. Une fois oonslitué, il est bien évident quMI doit *6tre traité pourhii-mâme; maïs, si ta cause persiete à s'eiercer, il y a bira des ihances pour que la thérapeutique demeure impuissante ; car, ce qu'elle fera d*un côté, réiiologie persistante le défera de l'autre. Aussi la connaissance de cette éiiologie est-elie l'indispensable préface du Uraitement des dyspepsies et doit«-elle même précéder toute tentative de classificatieDi l>ui^que bien souvent, comme Ta montré Dsbove, il n'existe pas de rapport direct entre la cause de la dyspepsie et la forme de celle-ci et que la même cause peut engendrer des troubles stomacaux, de forme dissemblable, qui semblent être fonction bien plus de rindividualité du sujet que de Téliologie.
, ^ , Le caractère de cette étiologie est d'être essentielle-
prtœiUTas mcut mulliplc ct diverse. Les dyspepsies sont primitives
OU secondaires. Les premières reconnaissent comme
cause pi incipale des vices de l'alimentation. Les secondaires sont sym-
L'ÉTIOLOGIE ET LA PROPHYLAXIE i03
Iptonnitiques d'affections organiques de reslomac ou succèdent i diverses maladies locales ou générales qu'elles masquent quelquefois assez complètanent pour que l'éiat stomacal prenne la première place dans les préoccupatimiB du malade et même dn médedn« Même dans ce seoood groupe, la notion de h' cause est indispensablei cen« naître; car dUe imprimera de notables modifications au traîtemeni gastrique, et nous savons aussi que, dans la plupart des cas, l'état dyspeptique aggrave singulièrement la maladie causale. Nous verrons i^ué tard, en ce qui doncerne, pai' 'Ciemple, la dyspepsie des cardiaques, que ceuiHci sont fréquemment améliorés par le simple Iraitimieni gastrique. A côté de l'influence étiologtque de la maladie causale sur les troubles digestifs, il iaut donc |)liEicer l'action réactioanelle de la dyspepsie sur la maladie génératrice et tenir compte de ces deux éléments dans l'institution du traitement.
utiii vMiioffèM Ce n'est pas tout. Si des aiSsclHona d'organes éK>idMdyvpqpdM. gn^g ^^ j^ maladies générales peuvent engendrer des dy^psies, on sait aussi, de tout temps, qu'il n'est pas une partiid de l'ofganisme sur laquelle ne puissent retentir les troubles fonctionnels de l'estomac. De là, tout un groupe d'affections nées réactionnellement de la maladie gasliique ou de ses conséquences, {;roupe que Butu avait d4|}à bien individualisé, mais que nos connaissances aetnelles peuvent largement étendre et oA le rôle pathogène de la dyspqieietïomporte aussi une tbérapeulique rationnelle, bien souvent suivie de succès.
Cette étude du rôle pathogène des dyspepsies, envisagé au point de vue »du UraîtemenI, fera Tobjet de la troisième partie de <^es Leçons. Dans la quatrième partie, nous étudierons les dyspepsies secondaires. Occupons^nous, pour le moment, des dyspepsies dites ptiteitives.
Les dfspepalM pvimitifias. — Les vices de F-atimentation. — La manière doRKoA mange. — L'aliiaeitafiea. «^ Les boissons. — Les candimeats.
Des esprits métioilevK et prenant les mots dans leur sens strieie* ment littéral pourraient objecter qu'il n'existe pas de i dyspepsies piHmitive&, que tout trouble gastricpie reconnaît une cause extrinsèque et que Je titre .cirdessus manque d'exactitude. Mais je déclare tout xie suite que le mot primixif est pris dans son sens classique et que je
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ne l'emploie que pour catégoriser à part les dyspepsies qui relèvent de causes extérieures et qui ne dépendent. pas d'une maladie générale ou d'une affection localisée à un organe quelconque de Téconomie.
Elles reconnaissent comme causes : des vices de ralimentation, des troubles de l'innervation gastrique, des actions mécaniques et médicamenteuses, des conditions climatériques,des influences professionnelles.
L'ixrégiiiaritè Là manière dont on prend les repas a une influence
des repas, capitale sur le fonctionnement de l'estomac. A tout âge, rirrégularité des repas est une cause de dyspepsie. L'estomac n'est pas un organe à qui l'on puisse demander de travailler à toute heure. Chez les nouveau-nés, les tétées mal réglées sont une cause fréquente des dyspepsies prémonitoires de l'alhrepsie. Chez l'adulte, les repas pris hâtivement, à des heures irrégulières, provoquent habituellement des troubles gastriques qui ressortissent â la variété que je décrirai tout à l'heure sous le nom d'hyperslhénie gastrique, et l'on voit maintes fois cette affection survenir chez des gens de Bourse, des avocats, des médecins qui, par les exigences de leur profession, sont obligés de manger hâtivement, à des heures quelconques. Je puis citer aussi l'exemple d'un individu atteint d'une neurasthénie d'origine gastrique qui avait résisté à bien des traitements et qui guérit par la simple prescription de manger à heure fixe, trois fois par jour, et de ne prendre aucun aliment solide ou liquide entre les repas.
unuamaM La masticatiou imparfaite, due à l'habitude
■'»""**<*^^- de parler en mangeant, démanger trop vite, ou provoquée par une dei\tition défectueuse, conduit rapidement à la dyspepsie; car l'estomac, au contact d'aliments insufiisamment divisés et insalivés, est obligé de redoubler d'activité sécrétoire et musculaire. D'où les préceptes de manger lentement, de ne pas parler en mangeant, de remédier par la prothèse aux défectuosités dentaires. A ce dernier propos, signalons que les pièces dentaires artificielles les meilleures pour les dyspeptiques sont celles qui présentent la plus large surface de contact avec le rebord alvéolaire et la voûte du palais; aussi les pièces dites € à plaque > doivent-elles être préférées en ce cas, et malgré leurs inconvénients, aux appareils soidisant perfectionnés qui ne prennent de point d'appui que sur les dents saines. En tout état de cause, les pièces de gutta-percha ou de caoutchouc durci s'appliquent mieux et rendent plus de services aux dyspeptiques que les pièces montées sur or.
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Il Taut évite^ aussi les mouvements trop brus-
viounu ques et les exercices violenls aussitôt après les repas. Parmi ces etercices, l'un des plus nuisibles est celui de Téquitation. Celle-ci provoque souvent une excitation sécrétoire de Testomac qui survit à la présence des aliments dans Teslomac et engendre une hypersécrétion dont le pyrosis est un des symptômes habituels. Nombre des états dyspeptiques observés chez les jeunes recrues et chez les officiers de cavalerie ne reconnaissent pas d'autre cause occasionnelle. Dans ces cas, conseillez un repos momentané à Tissue du repas.
iêBâfnp9pmm Eu premier lieu,citons la Surcharge alimentaire - •"■»«»•«"§. q^J çp^g \^ dyspepsie des gros mangeurs. L'excès d'aliments provoque une surexcitation glandulaire et musculaire, d'abord passagère, qui peut devenir permanente si les sujets sont des névropathes ou des arthritiques.
Puis viennent les alimentations exclusives ou prédominantes, dont le rôle pathogène me semble horsde doute. L'alimentation carnée provoque de l'hypersécrétion; le régime des féculents, l'abus du pain, des pâtisseries favorisent la distension gastrique, par suite de l'abondance des résidus, et engendrent des fermentations anoimales avec production d'acide lactique. Il en est de même de l'usage immodéré du sucre etdes sucreries. Même reproche doit être adressé aux aliments gras, beurre, sauces, graisses, viandes cuites à la casserole, ragoûts, fritures; à certains poissons, comme le saumon, l'anguille, le maquereau, le hareng, etc. Pendant la cuisson, chaque parcelle alimentaire s'entoure d'une couche de graisse qui entrave l'action du suc gastrique et favorise, par conséquent, les fermentations vicieuses. Cet inconvénient existe moins avec les corps gras, le beurre par exemple, ajoutés aux aliments après cuisson.
Certains aliments sont particulièrement indigestes, tels que le homard, les crucifères, les noix, les amandes, les noisettes, etc.
Après la dyspepsie des gros mangeurs, vient celle des grands buveurs. Il existe une dyspepsie spéciale des boissons, dans laquelle l'extrême dilution du suc gastrique diminue son activité. C'est alors qu'on constate souvent au creux épigastrique du clapotage temporaire à la fin 'des repas. La connaissance de la cause implique aussitôt comme thérapeutique la restriction des liquides.
La nature des boissons intervient aussi au même titre que
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leur quantité. En premier lieu, le via ei^surtoulle vin rouge, quand il II' est pas naturel. Car, contrairement à l'opinion courante, je ne crois pas qu'un vin naturel suffisamment dépouillé et dépourvu d'acidité notable engendre habituellement la dyspepsie.
11 en est tout différemment des vins sucrés dans la cuve, des vins alcoolisés après coup et des vinsplftlrés. Dans ces derniers, en effet, le sulfate de chaux surajouté «e décompose et il se fait du tartrale de chaux qui se précipite et du sulfate de potasse qui reste en KûlultoD. A fkible dose, le sulfate de potasse est un excitant pour ia muqueuse gastrique; mais, si le vin en contient plus de 3 gramme» par litre, il devient irritant et la dyspepsie est fatale.
Les vins blancs paraissent moins nocifs et, surtout, ils ont pour eux la mode. Mais, qu'il s'agisse de vins blancs ou rouges, conseil lez- les très étendus d'eau.
L'alcool et les diverses liqueurs sMt extrêmement nuisibles. Ils sont l'agent •riginel d'un nombre considérable de dyspepsies qui sont remarquables par la facilité avec laquelle elles passent à la gastrite catarrbale. La plupart des dyspeptiques qui fréquentent lea hôpitaux sont alcooliques et, dans la pratique de la ville, cette étiologie existe dans plus 4* un quart des cas. Je parle, hien entendu, de ralcool de mauvaise qualité et pris en excès, car une petite cuillerée de bonne eau-de-^vie prise après le repas^est quelquefois un excellent stimulant pour las fonctions digestives.
L'abus des condiments est tout^aussi fâcheux, et vous ne sauriez trop mettre vos malades en garde contre les préparations acides, le vinaigre surtout. Mais, comme les hyposlhâniques recherchent instinctivement les acides, on peut leur accorder, à ia rigueur, le citron qui n'a pas l'action nuisible du vi-^ naîgre.
On interdira, bien entendu, l'usage abusif du sel marin, du piment, du poivre, desconnidions <etde la plupart des condiments qui sont des causes fréquentes de dyspepsie.
riôflaiflsaiM» ^^ P^"^' ^^^^ devenir dyspeptique par pauvreté
<tfi d'alimentation. C'est le cas des convalescents trop
tard alimentés, des vieillards débilités, des pauvres
gens insuffisamment nourris, des nouveaui-nés confiés à une nau^
vaisê nourrice.