LA DYSPEPSIE PAR EXCÈS DE LIQUIDES
Deux variétés de cette dyspepsie, sans troubles de la fonction gastrique dépendant de Testomac lui-même, peuvent se rencontrer.
Las dysBMiciM ^ première est la dyspepsie par excès de
par liquides, où le suc gastrique dilué à Textrème,
' inhibé peut-être dans sa sécrétion, est insuffisant
pour accomplir sa mission parce qu'il ne renferme pas d'acide
chlorhydrîque libre suffisamment concentré.
Un mot d'abord sur l'étiologie de cette variété. On rencontre ce type plus souvent chez les femmes ; on le trouve aussi chez les chauffeurs, les verriers, en un mot dans les métiers qui forcent les ouvriers à ingérer une grande quantité de liquides, à cause des fortes déperditions sudorales auxquelles ils sont soumis. Citons aussi certains anémiques chez lesquels la sécrétion chlorhydrique, légèrement amoindrie, suffit cependant à une digestion normale, mais devient immédiatement insuffisante quand le sujet dilue ce suc au delà d'une certaine limite.
8a La symptomatologie en est d*une grande simpli-
■^"'****"'**^******^ cité. Le sujet éprouve aussitôt après le repas une sensation de plénitude et de gonflement, qui peut être accompagnée d'un léger degré d'anxiété respiratoire plus ou moins marquée suivant l'abondance du liquide ingéré en excès. Souvent, il se produit des régurgitations de parcelles alimentaires non digérées et parfaitement reconnaissables, mélangées d'un liquide sans saveur et dépourvu d'acidité, preuve que la digestion est retardée en raison de la dilution exagérée du suc gastrique.
Cet état persiste généralement pendant deux à trois heures, jusqu'à ce que l'absorption des liquides en excès ait permis au suc gastrique de prendre une concentration suffisante. Alors, seulement, la digestion réelle commence et finit par s'accomplir normalement.
Chez les chauffeurs et les verriers, fatigués déjà par la déperdition exagérée de la sueur qui entraine une quantité notable de principes minéraux et met les sujets sur la pente de la déminéralisation organique, cette variété de dyspepsie peut provoquer, par assimilation ralentie et défectueuse, quelques symptômes généraux dont nous devrons tenir compte, qui se traduisent par de la pâleur, par une sensation de fatigue générale, etc., et la déminéralisation vient ajouter son influence aux causes multiples de l'anémie si fréquenle chez ces professionnels.
^^^ Puisque l'eslomac est anatomiquement sain, que ses
fonctions sont intactes, le traitement est facile et ne
in LES DYSPEPSIES
comporte aucune médication; l'hygiène répond amplement à l'indication. Toutefois certaines précautions sont indispensables.
En effet, dans ces cas, il semble qu'il suffirait de supprimer brusquement la cause même des accidents pour voir ceux-ci disparaître aussitôt. C'est une erreur; car, dans bien des circonstances, la suppression trop brutale des boissons abondantes auxquelles le patient est habitué cause certains accidents dont l'accès vertigineux est un des plus pénibles. J'ai gardé le souvenir de la fille d'un général russe qui buvait d'une façon exagérée et à qui un médecin qu'elle avait consulté dans l'idée de se faire maigrir conseilla la suppression totale des boissons pendant les repas. Vers le troisième jour, cette personne fut prise d'un violent accès de vertige qui persistait même dans la position horizontale. Cet accès dura, sans répit, pendant quarante-huit heures. On essaya le bromure de potassiurny le valéria^ nate d'ammoniaque^ Vantipyrine^ que sais-je encore! Tout fut infructueux; mai? l'accès prit fin quand, instruit des commémoratifs, je conseillai à la malade de faire un repas pendant lequel elle but à sa volonté.
Il faut donc procéder avec certains ménagements et diminuer lentement et progressivement les liquides. II y a, du reste, un moyen facile et détourné d'obtenir ce résultat : c'est d'autoriser le malade à boire après ses repas, soit après une ou deux heures, une fois que la digestion est commencée. Seulement, le rationnement doit être sévère pendant le repas. En opérant ainsi, les sucs digestifs gardent leur puissance, et la digestion peut ensuite s'opérer malgré l'apport tardif d'une assez grande quantité de liquide.
La dyspepsie par excès de peptones. — Sa symptomatologie. Son diagnostic, ses variétés, son pronostic. — Son traitement.
Dans la dyspepsie par excès de peptones ou drqiepsieparMoèi par cxcès d'iugcstiou d'alimeuts, le trouble prend un de peptomet. cap^clère plus acccutué que dans la variété précédente. On sait que dans la fermentation alcoolique, lorsqu'iuie certaine quantité de sucre a été transformée en alcool, la présence de ce dernier agit en arrêtant la fermentation du moût. C'est un phénomène analogue qui se passe au sein d'une masse alimentaire trop considérable. L'estomac accomplit d'abord normalement son travail ; mais, au bout d'un certain temps, lorsque les peptones se trouvent en