LA DYSPEPSIE PAR EXCÈS DE PEPTONES
trop grande quantité dans l'organe digestif, elles agissent comme agent inhibitoire de la fonction pepsinique, de sorte que la digestion du reste de la masse alimentaire non transformée encore est retardée jusqu'à ce que soient absorbées les peptones en excès. On voit que dans ce cas très particulier, comme je l'ai dit plus haut, le trouble réel de la digestion n'est véritablement pas d'origine gastrique, mais est dû à une cause intrinsèque. Cependant, si des phénomènes de ce genre se reproduisent souvent, l'organe ne tarde pas à s'irriter, et Ton se trouve alors en présence de troubles de la fonction gastrique qui font entrer la maladie dans l'une des classes que nous étudierons plus tard.
8a La symptomatologie de cette variété présente
■'■^'**""********- quelques caractères spéciaux. D'abord, l'examen du contenu stomacal, après repas d'épreuve, ne révèle rien d'anormal. Puis, contrairement à ce qui se passe dans la variété précédente, le gros mangeur commence normalement sa digestion et, dans la première phase de celle-^ci, l'analyse du contenu stomacal extrait par la sonde ne révèle pas du tout un trouble du chimisme.
Mais au bout de quelque temps, une heure environ après le l'epas, parfois plus tôt, le sujet éprouve un malaise qui n'est pas sans rapport avec l'indigestion. 11 est pris de somnolence ; il éprouve une pesanteur au creux épigaslrique, un léger malaise ; il sent que sa digestion est plus lente, plus pénible; parfois même il vomit. En analysant le liquide des vomissements, on constate une acidité faible, des peptones en excès, des syntonines en abondance et de l'albumine coagulable par la chaleur; dans trois cas, j'ai trouvé un liquide totalement dépourvu d'acidité.
Examinez les urines de ces malades. Elles contiennent une grande quantité d'urée et un excès d'acide urique.
ateanortio Remarquez qu'il ne faut pas confondre cet état avec
l'indigestion classique, car le malaise est beaucoup moins prononcé et le vomissement est rare. Ce n'est qu'un prélude de l'indigestion qui aboutit quelquefois à celle-ci, surtout quand les fermentations s'en mêlent; mais, en principe, ce n'est qu'une suspension dans la transformation des aliments, due à une cause tout extérieure, à savoir la présence d'une quantité trop considérable de ceux-ci, ce qui a pour conséquence d'arrêter ou de retarder l'action de la pepsine sur les matières albuminoîdes non encore transformées. Dans un des cas qui m'ont servi à constituer cette variété de dyspepsie prémonitoire ou alimentaire, jo pus pratiquer un examen
iU LES DYSPEPSIES
du contenu gastrique une heure exactement après la fin du repas, et je fus frappé de voir qu'il n'existait pas trace d'HCI libre, que THCl combiné était un peu au-dessous de la normale, et cependant les peptones étaient en proportion extra-physiologique. Ce sujet ayant été soumis le lendemain matin à un repas d'épreuve, on constata que le chimisme stomacal était normal. Je me demande si l'excès de peptones n'exerçait pas, dans ce cas, une action inhibitrice sur la sécrétion stomacale tout entière.
Bel Tariétto '^'^' ®^ ^^^' aiusi, la dyspcpsie prémonitoire par
excès de peptones comprendrait deux sous-variétés.
L;i première par inhibition de la fonction pepsinique, la
seconde par inhibition des fonctions chlorhydrique et
pepsinique.
Son onofuo ^^ trouble gastrique a une importance pathogé-
nique plus grande que le précédent; il parait plus
souvent et plus rapidement suivi de dyspepsie vraie; il est donc
n l'oessaire de le reconnaître de suite afin d'en effectuer le facile trai-
teinent.
Ici encore, le traitement est une simple question d*aHmentation. Vous verrez disparaître aussitôt les accidents, en diminuant la quantité des albuminoideset en surveillant Tétai de l'intestin qui recueille la succession de l'estomac et parfait sa besogne. Ces malades étant ordinairement constipés, régularisez le cours des garde-robes, en insistant davantage sur ralimentation que sur les médicaments. On conseillera d'augmenter l'alimentation herbacée, les légumes en purée, les fruits crus, le pain de son, etc.
Ceci m'amène à vous dire quelques mots de la question du rationnement. C'est là, en effet, un point de régime et d'hygiène alimentaire d'autant plus délicat que l'on est obligé de s'en rapporter au malade lui-même qui, naturellement, n'est pas toujours bon juge (]p la ration qui lui convient. Ainsi la dyspepsie alimentaire par excès de peptones est un accident des gros mangeurs. Mais qu'est-ce au juste qu'un gros mangeur? Il faut bien savoir que tous les animaux, rhomme compris, ont tendance à satisfaire leur appétit avec exagération et l'on peut dire, sans courir la chance de se tromper beaucoup, que tout le monde mange trop. Or certains sujets, bien plus nombreux qu'on ne le pense généralement, ont des capacités digestives médiocres; ces personnes sont donc très vite surchargées par une (quantité d'aliments qui, au point de vue absolu, peut ne pas sembler