RosENTHAL. — Berliner klinische Wochenschrift
la tète libre et débarrassé de tout trouble du côté de son estomac. 11 entre alors dans une période de santé parfaite en apparence, jusqu'au retour d'un accès semblable toujours ramené par une cause nerveuse provocatrice.
RossBACH suppose qu'une excitation née directement ou réflexement dans les centres nerveux provoque, par la voie du nerf pneumogastrique, une hypersécrétion du suc gastrique; l'extrême acidité de cetle sécrétion exciterait i son tour les nerfis sensitifs de l'estomac qui réagiraient en produisant des troubles vaso-moteurs réflexes dans le domaine céphalique. Quant à Rosenthal, il croit, au contraire, à une excitation primitive des centres vaso-moteurs qui retentirait sur les centres de la sécrétion gastrique et sur ceux du vomissement. Tout cela, c'est de la théorie, et je ne vous l'indique que pour mémoire.
L'étiologie de cette variété de dyspepsie est toujours la même : travaux intellectuels exagérés, émotions morales persistantes ou fréquemment renouvelées, veilles, fatigues génitales, etc. H s'agit ordinairement de jeunes gens qui préparent des examens et passent leur nuit au travail. En outre, ce sont toujours des sujei^ ayant une tare nerveuse quelconque ou dont le système nerveux pi ésente cet état auquel les Anglais ont donné le nom si représentatif de Taiblesse irritable.
Cette variété, beaucoup plus fréquente qu'on ne croit et dont j'ai eu dernièrement encore l'occasion de vous montrer trois cas dans notre salle Serres, est bien souvent confondue avec la migraine. Dans les traités classiques, la description de la migraine comprend des traits, sinon des variétés, qui rappellent la maladie de Rossbach, et à l'heure actuelle, il est encore nombre de médecins qui hésitent à séparer ces deux affections. Elles présenleot, en effet, de nombreux points de ressemblance : l'allure paroxystique, la douleur épigastrique, les vomissements. Et puis la maladie de Rossbach se montre souvent chez d'anciens migraineux, ce qui ne doit pas surprendre, car ces deux états morbides demandent comme terrain un fonds commun d'arthritisme et de névrose.
Mais, ^\ les deux maladies ont quelques points de ressemblance, elles n'en sont pas moins bien différentes et, quand on a vu des cas aussi nets que ceux de notre salle Serres, on ne s'y trompe plus. Dans ia migraine, c'est la céphalée hémicranienne qui domine; dans l'hyperslhénie aiguë paroxystique qui nous occupe, c'est Télat gastrique qui est ail premier plan. Dans la migraine, les troubles de la sensibilité générale et les troubles sensoriels acquièrent une grande importance;
L'HYPERSTHÉNIE PAROXYSTIQUE NÉVROSIQUE f3t
ils sont au second plan et manquent souvent dans la maladie de Rossbach. Enfin, si dans la migraine les vomissements sont souvent acides, Tacidité n'atteint jamais la constance ni l'élévation constatées dans Taulre affection où les chiffres de 2 à 3 grammes d*HCl libre ne sont pas rares et où j'ai trouvé, dans une de nos observations, jusqu'à 5 grammes.
Le traitement fournit un dernier caractère distinctif. Ainsi, une fois l'accès d'hypersthénie commencé, la thérapeutique n'a pas plus d'effet sur lui qu'elle n'a de prise sur une attaque de migraine. Mais, si contre la migrame tout traitement prophylactique est impuissant, il est ti'ès efficace, au contraire, contre la maladie de Rossbach. Il suffit de supprimer les causes provocatrices de l'accès pour en empêcher le retour. C'est l'application très nette du vieil aphorisme hippocratique : c Naturam morborum ostendunt curationes. » Le résultat du traitement prophylactique est donc un signe diagnostique important entre la migraine et cette variété d'hypersthénie gastrique.
Il importe encore de distinguer les crises paroxystiques de celles qui surviennent dans l'hypersthénie aiguë d'origine gastrique et dans les hypersthénies permanentes. Le diagnostic est des plus faciles. Après son réveil, l'individu atteint de maladie de Rossbach est en parfaite santé ; il est indemne de tout symptôme gastrique, ce qui est loin d'être le cas dans les crises secondaires.
Las troubles ^^ ^'^^ P^ts trouvé quc, daus l'hypersthénie aiguë
*"*^^*^'*«*" paroxystique névrosique, les échanges fussent sensiblement troublés. Vous trouverez détaillées dans le tableau I deux analyses qui se rapportent à une jeune femme de 24 ans chez laquelle j'ai pu faire pratiquer par Bouilhon l'examen des urines avant la crise et en pleine période d'une crise qui dura 36 heures sans discontinuer.
Dans l'intervalle des crises, la santé était relativement très bonne, en ce sens que cette jeune femme pouvait supporter allègrement les fatigues répétées d'une vie mondaine intensive, et cela sans que les fonctions de l'estomac parussent intéressées. L'appétit était excellent, les digestions régulières, sauf un peu de constipation. Tout à coup, à l'occasion de la cause la plus insignifiante, une crise éclate, à la fois gastrique, migraineuse et cardiaque; celte crise dure entre 24 et 48 heures; elle se termine par des vomissements libérateurs, mais laisse après elle une dépression des forces qui ne se remet que lentement.
LKS DYSPEPSIES
Tableau I. — Uétat des échanges dans Ihypersthémê aiguë paroxystique d'origine névrosique.
LES CARACTEHE^ M L URINE
QuantJlé..
Densité
Couleur
Réaction . . ,
Uatériaui solideâ.
^ or^aniquei/.
— iûorganiqueB
Axote de î'urée
ÀEQte total
Urée
Acide urique
Mftilères exirnctires aïolées.. . .
— — ternaires..
Acide pbosphorique total
— des alcalis
— des terres
Chlorure de sodiuna