‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 61 sur 177 · H..., 81 ANS · texte numérisé non relu

H..., 81 ANS

Origine lithiasique.

Quotient respiratoire normal ; augmentation de CO* et de 0^ par kilog. minute, dans un cas; augmentation de CO'etde 0* pour 100 d'air expiré, dans Fautive cas : tels sont les points essentiels de ces deux analyses.

udyBpepde La dyspcpsie hypersthénique aiguë transi-

jSJÎJ^^SSS^ toire retardée est relativement fréquente. Elle con-

reiardée. ^\^iq ^q ^q q^Q \^ sécrétiou gastriquc n'est pas sollicitée

au moment de l'ingestion des aliments, mais se produit, au con-

traire, un certain temps après le repas. Elle reconnaît trois conditions principales : l"* des repas indigestes pris trop rapidement^ ^ le travail musculaire ou intellectuel aussitôt après les repas; 3"* enfin les soucis et les peines morales. Plusieurs de mes observations se rapportent à des spéculateurs, à des hommes de lettres et à des médecins.

Cliniquement, ses symptômes essentiels se succèdent ainsi : d'abord la régurgitation, dans l'heure qui suit le repas, de liquides neutres ou à peine acides qui ramènent avec eux des parcelles d'aliïînenls intacts; [uiis, trois ou quatre heures après le repas, survient une crise de pyrosis avec douleur épigastrique , malaise général, écœurement, sueurs, salivation, bâillements, accélération tlti pouls, etc.

Les liquides rendus après les repas, par celte sorte de mérycisme, renfer nient de Facide chlorhydrique combiné, mais pas trace d'HCl libre ; au contraire, les liquides extraits au moment de la crise douloureuse en renrermeot en excès.

Le foie n'esi jamais augmenté de volume; les garde-robes sont dirOciles; reslomac n'est jamais distendu.

Les vertiges et les intermittences cardiaques sont les complicalions 1er; plus communes de cette variété qui se transforme rapidement eu hjperslljénie nermauenle quand elle n'est pas traitée.

Le traitement des dyspepsies hypersthéniques aiguës alimentaires et réflexes.— Le régime aJimentaire et l'hygiène. — Le traitement médicamenteux de la crise. — Le bicarbonate de soude. — Les alcalinoterreux. — Les mé^icQTiK^als accessoires. — Le traitement préventif ou traitement causal.

Abordons maintenant la question du traitement. Il comprend t]ne partie prinnjpale, commune à toutes les variétés des dyspepsies hypersthéniques aiguës alimentaires et réflexes, et des indications accessoires particulières à chacune d'elles; nous ne ferons que citer ces indications^ renvoyant pour la manière de les remplir aux Leçons où nous étudierons les retentissements stomacaux des diverses maladies causales.

L«rètiiEA« Je serai bref sur le régime qui sera laidement

■lim^auj». étudié à propos de la dyspepsie hypersthénîque permanente. Quand les malades n'éprouvent pas un insurmontable dé-

goûl pour le lait et quand ils le tolèrent, ce qui n'est pas le cas chez tous, conseillez le régime lacté absolu pendant un temps variant de 8 à 15 jours. A lui seul, ce moyen suffit dans bien des circonstances. Si le régime laclé n'est pas supporté, donnez les œufs à la coque, les viandes rôties, bien cuites, hachées menu, les poissons inaigres au court-bouillon, sans sauce, les légumes réduits en purée et cuits à l'eau. Comme dessert, des fruits bien mûrs, cuits, peu sucrés; comme unique boisson, de l'eau pure à discrétion.

RosENHEiM a conseillé les boissons un peu acides, comme le képhyr et le cidre; j'ai peu vu de malades pouvant supporter l'un ou l'autre; ils ont l'avantage de calmer la soif si vive chez les hypersthéniques aigus, mais ils provoquent si souvent des crises de pyrosis que je n'hésite pas à les repousser énergiquement.

Insistez pour que le malade ne fasse que trois repas par jour. Interdisez-lui sévèrement de prendre quoi que ce soit, fût-ce un verre d'eau, entre ses repas. Le déjeuner du matin est une cause fréquente de discussion entre le malade et son médecin; vous n'autoriserez qu'un (e\x{ à la coque avec un tout petit morceau de pain grillé et une petite tasse de thé très chaud et très léger. En règle générale, il importe aussi de diminuer la quantité du pain aux repas et de saler les aliments aussi peu que possible.

Si le régime lacté est bien supporté, on ne le cessera pas brusquement au bout de la période fixée. Mais on introduira peu à peu le? aliments permis et l'on cessera complètement le lait pour le remplace! par Teau pure quatre à dix jours après qu'on aura commencé l'alimentation.

Chacune de ces prescriptions alimentaires a sa raison d'être. En effet, on insiste sur le lait, sur les œufs, sur l'alimentation azotée pour fournir à THCl libre des éléments avec lesquels il puisse se combiner, ce qui diminuera d'autant l'irritation qu'il exerce sur la muqueuse gastrique. On prescrit les aliments végétaux pour modérer l'excitation sécrétoire que déterminent les aliments animaux et la viande en particulier. Les viandes sont hachées et les légumes réduits en purée pour ne pas exciter mécaniquement une sécrétion et un tonus musculaire en état d'hyperexcitabilité. Grâce à la diminution du sel, vous fournissez à l'estomac un moindre matériel pour la sécrétion de l'HCl. L'eau pure en boisson et à discrétion dilue le suc gastrique trop riche en acide. Les grands intervalles entre les repas prolongent le repos d'un orçane en état de tension fonctionnelle outrée. Enfin, en diminuant le pain et en le conseillant grillé, vous facilitez sa digestion et vous enlevez un prétexte aux fermentations secondaires qui viendraient ajouter leur acidité à celle déjà si accrue des liquides stomacaux.

m LES DYSPEPSIES

Toul cela s'applique, bien entendu, aux périodes intercalaires des crises; ce légime n'a, bien évidemment, qu'une valeur de prophylaxie. Pendant la crise elle-même, il serait difficilement supporté. On s'en tiendra au lait écrémé et chaud, aux infusions chaudes émoilie d tes, et on ordonnera le repos au lit avec des compresses chaudes sur le creux épigastrique, quand la crise est particulièrement douloureuse*

Les échanges généraux et respiratoires donnent, en fait de régime, une importante indication qui est de diminuer le sel et les féculents êl d'augmenter les légumes herbacés chez les dyspeptiques hyperslhéniques aigus d'origine alimentaire, et de ne pas restreindre les féculeuls dans la variété d'origine hépatique puisque l'étude des échanges montre qu'ils sont bien digérés, assimilés et brûlés. Dan^ tous les cas, on devra modérer dans une certaine mesure raliriH'ntnlion azotée. Dans la variété d'origine hépatique, on insistera plu^ longtemps sur le régime lacté, en raison de la plus grande fréquence de l'albuminurie.

LTi alêne L'hygiène est un indispensable adjuvant du

régime. Mener une vie paisible; éviter les fatigues physiques, le travail intellectuel soutenu; se garder, dans la mesure du possible, des émotions trop vives : voilà autant de conseils à donner. Ces malades, il ne faut pas l'oublier, sont tous des nerveux, chez lesquels la moindre surexcitation provoque une réaction gastrique iulense; aussi ne doit-on pas négliger ces petits côtés, qui ont souvent une importance plus grande qu'on ne se l'imagine volontiers. Les sujets notoirement excitables feront bien de se ménager au point de vue du coït, surtout quand ils ont dépassé la jeunesse; car il arrive fort souvent qu'un excès génésique, c'est-à-dire le coït pratiqué en <lehûrs^ d'un besoin physiologique véritable, est une provocation directe à la crise hypersthénique.

Le traiunisDt Lcs nombrcuscs discussions auxquelles a donné

i,« bicnrbonaie "^^ '^ traitement médicamenteux de cette crise da a^ude semblent à peu près apaisées aujourd'hui, et la majorité des rnédeeins demeure acquise à l'emploi du bicarbonate de sonde à haute dme qui est devenu le médicament usuel de l'accès d'hyper- Êlhénie. Et c'est une habitude tellement entrée dans la pratique J^ordonnei' le bicarbonate de soude pour saturer l'extrême acidité du iuc gastrique, et ce procédé paraît d'ailleurs tellement logique, qu'il sera certainement difficile de faire revenir le plus grand nombre des médecins em* cette coutume que j'ai cependant la prétention de pré-

senter comme Tune des plus aéfasles de celles qui régissent le Irailemeot des maladies de l'estomac. J'ai, en effet, contre moi la coutume et les affirmations de médecins connus et écoutés. Hughard, entre autres, qui s'est longuement et fort habilement occupé du traitement des maladies gastriques, a été jusqu*à conseiller l'emploi de doses massives, de doses énormes de bicarbonate de soude dans les crises hyperchlorhydriques des hypersthéniques ; il est allé jusqu'à 20 et 30 grammes en quelques heures.

Qu'au cours d'un accès on donne au malade une petite quantité de bicarbonate de soude, parce que ce sel permet d'obtenir, presque instantanément, la neutralisation de l'acide qui sursature, à ce moment même, le suc gastrique, rien de mieux ; mais ce moyen doit être provisoire et il faut ensuite employer un autre médicament pour saturer, non pas l'acide existant,^ mais celui que l'on sait devoir se produire peu après. C'est qu'en effet le bicarbonate de soude est passible de trois objections fondamentales:

!• Il a pour propriété de se transformer en chlorure de sodium dans l'estomac ; mais il est démontré que THCI libre du suc gastrique se forme justement aux dépens de ce chlorure; alors, en donnant du bicarbonate de soude à un malade hyperchlorhydrique, on lui fournit tout simplement les éléments nécessaires à l'élaboration de nouvelles quantités de cet acide qui est la cause immédiate de la crise dont il souffre.

â"" Il est prouvé depuis Claude Bernard que la meilleure manière d'exciter dynamiquement une sécrétion acide, c'est de mettre un alcalin au contact de la muqueuse gastrique. Je vous demande ce que deviendra cette muqueuse quand vous l'aurez surmenée outre mesure par l'administration de doses excessives et répétées de bicarbonate de soude. Et vous pouvez être certains que bien des hypersthénies gastriques aiguës ont dû de se transformer plus vite en permanentes à l'abus du bicarbonate de soude à haute dose. *

3^ Un autre inconvénient du bicarbonate de soude à haute dose résulte de l'énorme dégagement de gaz acide carbonique qu'il engendre dans l'estomac et qui distend le viscère d'une manière immodérée. Je sais bien que les partisans du bicarbonate de soude considèrent cela comme un avantage; mais, quand on a vu l'action dyspept(^ène des eaux gazeuses employées longtemps en boissons, il est impossible de souscrire à cette opinion.

Cette action .excitatrice du bicarbonate de soude sur la sécrétion du suc gastrique est à présent rigoureusement démontrée, ce qui n'empêche pas qu'elle ne soit encore discutée par beaucoup de médecins. L'un d'eux, qui a été un des initiateurs du chimisme stomacal et

qui jouit, à juste titre d'une grande autorité, Reichmann, a voulu prouver dernièrement l'inexactitude de la théorie de Claude Bernard et de celle personnelle que je viens de vous exposer. Il a institué, dans ce but, des expériences contradictoires des belles recherches de Lemoine et LmossiER qui partagent mon opinion. Eh bien, lisez la réponse que ce dernier * vient de faire à Reichmann et la fine critique qu'il a écrite de ses expériences, et vous serez convaincus que pour augmenter l'acidité du suc gastrique, et par conséquent pour exciter encore l'activité glandulaire, il n'est pas de meilleur procédé que d'administrer du bicarbonate de soude. C'est donc un autre médicament qu'il faudra employer pour saturer l'acidité dont souffrent si cruellement les malades, au moment de leurs crises hypersthéniques.

Us Au bicarbonate de soude employé à doses hautes

aioaiino-ierrenx. ^^ nocives, il faut préférer une association d'alcalin et d'alcalino-terreux, magnésie^ craie préparée, bicarbonate de sotidct et cela pour les raisons suivantes. Par suite de ce que vous m*avez souvent entendu désigner sous le nom de balancement normal des fonctions, «^ toute hyperfonction stomacale correspond une insuffisance intestinale : d'où la constipation si fréquente chez les hypersthéniques aigus. La magnésie commence par saturer l'acidité du contenu stomacal et forme ainsi an chlorure de magnésium qui d'abord, comme l'ont démontré Laborde et Aguilhon de Sarran, est un excitant des fibres musculaires lisses et jouit de la propriété de combattre la constipation par atonie intestinale, ce qui remplit justement une des grosses indications que vous ayez à viser. Voilà donc un agent qui, du fait de sa transformation intra-stomacale, devient un médicament àdouble effet, saturateur et laxatif. 11 a même un troisième effet qui n'est pas à dédaigner et sur lequel vous m'avez entendu insister bien souvent au lit du malade. Partant des recherches de Gaube (du Gers) sur le sol minéral de l'organisme et de celles que j'ai faites sur la pathologie delà déminéralisation organique, ondoitconsidérer le magnésium et ses composés comme des stimulants ou, pour mieux dire, des toniques minéraux de la nutrition du système nerveux. Puisque nos malades absorbent sous la forme de chlorure une petite quantité de la magnésie ingérée, — ce dont on peut s'assurer on dosant la magnésie dans l'urine des 24 heures avant et après la prise du médicament, — on améliore encore lanutrition nerveuse toujours plus ou moins compromise dans une affection où les troubles dynamiques du système nerveux prennent une part étiologique ou secondaire aussi considérable.

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