‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 62 sur 177 · LiDossiER. ^ DuUelin général de thérapeutique t · texte numérisé non relu

LiDossiER. ^ DuUelin général de thérapeutique t

La malière médicale comprend pluf^ieurs espèces de magnésie; la magnésie blanche ou hydrocarbonate de magnésie^ la magnésie calcinée on décarbonatéeei la magnésie hydratée. La première donne lieu à un dégagement de gaz acide carbonique dans l'estomac, ce qui ne peut avoir que des inconvénients; aussi la magnésie calcinée est-elle préférable. Bardet conseille la magnésie hydratée, plus active et plus lourde sous le même volume.

Partant de ces considérations, voici la formule que je vous propose.

% Magnésie calcinée ou hydratée ^^y50

. Sous-nitrate de bismuth O'^jSB à 0^,^

Craie préparée O^'iSO

Chlorhydrate de morphine Oo%00i à 0^,002

Bicarbonate de soude l*' >

Pour un paquet ou deux cachets, à prendre en une seule fois, tout à fait au début de Taccès.

lotion des diTora Étudions uu pcu cctte formiile pour justifier sa

Sîf^^ constitution.

de saturation. Lç sous-nitrale de bismuth a l'utilité d'une poudre

inerte qui se répand à la surface de la muqueuse et la protège contre Faction de THCl en excès. 11 jouit de propriétés absorbantes bien connues et quelques expériences me paraissent démontrer qu'il diminue aussi la sécrétion gastrique. En tout cas, il. calme sensiblement Tirritation de la muqueuse.

La craie préparée se transforme en chlorure de calcium, sel éminemment diffusible, légèrement diurétique (Giagomini), saturateur des acides gastriques.

Quant au bicarbonate de soude, il ne figure ici qu'à titre accessoire, et nous sommes loin des doses préconisées par ses partisans. S'il fait partie de la formule, c'est uniquement pour saturer instantanément une partie de THCl libre dans le contenu de l'estomac et obtenir l'immédiat soulagement subjectif que ne donnerait pas la saturation plus lente par la magnésie et la craie préparée.

Le chlorhydrate de morphine, si faible que soit la dose employée, a une réelle utilité. 11 est modérateur réflexe, sédatif analgésique, antisécréteur et anexosmotique, toutes propriétés qui trouvent ici leur application. La propriété anexosmotique utilisée dans le cas actuel comme modéralrice des sécrétions gastriques a été bien mise en relief par une jolie expérience d'ARMAND Moreau. Ce physiologiste introduit dans une anse intestinale de chien 20 centimètres cubes d'une solution au 5* de sulfate de magnésie; au bout de dix-huit heures,

iTl LES DYSPEPSIES

Texosmose a élé si considérable que l'anse contient plus de 500 ccntimèlres cubes. Mais, si l'on morphinise préalablement ranimai, aucune exosmose ne s'est produite ; l'anse est vide ou son contenu est inférieur à la quantité de solution magnésienne introduite.

Comme vous rencontrerez un certain nombre de sujets qui ne peuvent supporter la morphine, remplacez-la par 0'',02 de poudre d'opium brut. Enfin, si le goût de ce paquet délayé dans Teau est trop désaj^réable aux malades, ajoutez 0«',10 de poudre de vanille et 0^',50 de sucre en poudre qui aura l'avantage d*empêcher la masse de durcir.

Au moment où le malade ingère le mélange alcalino-terreux, il éprouve un soulagement presque immédiat, et Taccalmie ne se fait pas iiLlendre plus de quinze à vingt minutes. Si, après une demiheure, elle ne s'est pas produite, vous pouvez donner une nouvelle dose, et ainsi de suite, jusqu'à quatre et six doses dans les vingtquatre heures. 11 est même rare qu'on soit obligé d'atteindre ce chiffre. Deux doâes sont, en général, suffisantes, à la condition qu'on prenne le médicament au moment précis où commencent, soit le pyrosis, soit les douleurs épigastriques, soit la sensation de fausse faim qui marque quelquefois le début de l'accès. Mais, si l'on attend que celui-ci balle sou plein, il faut nécessairement augmenter le nombre des prises, puisque, d'une part, la quantité d'acide à saturer est plus imporlaole, et que, d'autre part, il est plus difficile de modérer une suraclivilé sécrétoire en pleine intensité que de la surprendre au moment où elle se niet en train. Pour cela, conseillez à vos malades d'avoir toujours sur eux, dans un portefeuille, pendant le jour, et sur la table de nuit, un paquet de cette poudre alcalino- terreuse, afin d'avoir la possibilité de la prendre immédiatement, sans délai, aux premiers symptômes de la crise commençante.

L« mAdioaments On a proposé biou d'aulrcs médicaments contre la Bccassoù-as. cfise. Vcau chloroformée^ le laudanum à l'intérieur, le bromure de potassium^ les injections sous-cutanées de chlarhydrate de morphine et de mlfaie neutre d'atropine, Vextrait et la teininre de belladone^ etc. Aucun de ces moyens ne vaut la saturation, si ce n'est Tinjeclion de morphine à laquelle on aura recours dans les cas rares où la douleur prend un caractère angoissant et n'est pas calmoe par la saturation de i'IlCl gastrique.

u traitemwt Quaud la crise est passée, tout n'est pas fini ; il

pré™yi. fj^y^ s'ingénier à en prévenir le retour. L'hygiène et le régime concourent déjà à ce but, mais on y associera les diverses médications suivantes :

utfonottons D*abord, surveillez exactement les fonctions de de rinuttin. l'inleslin ; vous savez quelle tendance ces malades présentent à lacoprostase. Celle-ci sera diminuée déjà par l'usage de la poudre magnésienne composée; mais, si celte poudre ne suffît pas, usez des grands lavements d'eau bouillie et ramenée à la température de la chambre, de doses modérées de rhubarbe, d'aloès^ d'extrait de podophyllin^ prises avant le repas du soir. Vous emploierez aussi avec succès les pilules ante-cibum^ et les grains de santé de Franck^.

L'oarciot. ^^^^ diminuer l'excitabilité prononcée du sys-

tème nerveux qui prend une si grande part à la genèse des crises et pour régulariser son action, on dispose de trois moyens : Yexercice en plein air y les bains tièdeSy V hydrothérapie.

HiPPOGRATE disait : € L'homme qui mange beaucoup ne peut jouir de la santé qu'en usant par le travail de ses muscles ce qu'il a absorbé de nourriture. > Et Chomel résumait plus tard cet aphorisme, en écrivant : € On digère autant avec ses jambes qu'avec son estomac. > Un exercice modéré, mais régulier, est indispensable à la digestion. Cette règle ne souffre d'exception que chez les jeunes filles et les femmes chloroliques. Donc, après une crise d'hypersthénie aiguë de la variété qui nous occupe, le malade quittera ses occupations, dès que faire se pourra, et il s'en ira à la campagne, de préférence à une altitude un peu élevée et, là, il vivra d'une vie musculaire et végétative.

Il prendra, deux fois par semaine, un bain tiède à Sâ-So"* suivant sa susceptibilité: dans ce bain, on mettra une livre de gélatine de Paris et 250 grammes d'amidon; sa durée ne dépassera pas vingt minutes.

i. Formule des pilules anU-cibum :

t)^ Aloès du Cap 10 grammes

Extrait de quinquina 5 —

Poudre de cannelle 2 —

Sirop d'absinthe 3 —

¥, s. a., 100 pilules de 0,20 cent. Prendre une ou deux pilules avant le repas du soir.

2. Suivant Guibourt, les grains de santé de Franck sont formés d'a/oéx des Barbades et de suc de réglissej par portions égales. On peut les remplacer par les grains de santé de Cadet :

% Aloès du Cap ) . . « «..,„.««.

^Jalap S ^ 2 grammes

Rhubarbe 0«",50

Sirop d'absinthe 5 grammes

F. 8. a., des pilules de 0,15 argentées. Une à deux par jour.

iTi drothéra la ^^^^' ^^ '^^ circonslanccs s'y prêtent, il fera de V hydrothérapie. Les douches, en effet, peuvent rendre les plus grands services, mais elles sont une arme à deux tranchants; car, suivant la manière dont elle est administrée, la douche peut être sédative ou excitante. Dans les cas qui nous occupent, rexcitatiûn aurait les plus sérieux inconvénients. Il ne suffit donc pas de presi^rire V hydrothérapie pour s'imaginer avoir rempli toutes les indications ihérapeuliques. Il est, au contraire, nécessaire de bien prcciseï' comment la douche doit être administrée; sinon, mieux vaudrait s'abstenir. Voici donc comment ce traitement hydrothérapique doit èlre instilaé pour qu'on soit certain d'en retirer de bous effels. Le principe à appliquer est de supprimer tout effet percussif, nécessairement excitant, et d'associer Teau froide à Teau tiède.

Le doucheur aura à sa disposition de l'eau tiède à 26-28*" et de Teau froide à 12-15'. Il prend d'abord l'eau tiède, brise son jet, soit avec le doigt, soit mieux encore avec un obturateur en forme de pomme d'arrosoir percée de nombreux trous très fins, et le dirige en premier lieu sur le dos et sur les jambes du malade, de haut en bas et de bas en haut; puis celui-ci se retourne, et la même opération est pratiquée successivement sur les parties latérales et sur la région antérieure du corps, y compris la région stomacale. Ce premier temps doit durer d'une à deux minutes.

Ofl passe alors à l'eau froide. Le doucheur saisit la pomme d'arrosoir et la fait tournoyer aussi vite que possible pour transformer les multiples petits jets en un nuage d'eau froide au travers duquel le malade passe et repasse deux ou trois fois. Ceci fait, on enlève la pomme d'arrosoir afin d'avoir un jet direct, violent et percussif, qifon dirige sur chacun des pieds, de la manière la plus rapide qifil est possible. Ces deux derniers temps de l'opération ne doivent pas durer ensemble plus de 15 à 20 secondes.

Pratiquée de cette manière, l'hydrothérapie peut faire le plus grand bien et concourir énergiquement avec l'hygiène et le régime à empêcher le nuour des accès. Mais je répète encore qu'on n'obtiendra ce résultat qu'à la condition expresse de donner la douche comme il vient d'être diL Au cas où l'on n'aurait pas à sa disposition les moyens de le faire, on doit se garder d'une hydrothérapie mal dirigée et il vaudrait mieux se conlenter de recommander au malade les abusions iièdes à l'éponge, pratiquées au lub et suivies d'une friction rapide avec une éponge trempée dans l'eau froide et miexprimée. Ce moyen très simple m'a rendu souvent de très grands services.

Les indicatioiiB L'indicalioD foumîe par les troubles des échanges fooniies ne doit pas être négligée. Quelle que soit la cause de par les écbuiffes. j'jjyp^rgjhénie aiguë, la nature de la déminéralisation organique indique une suractivité et par suite une plus grande usure du système nerveux, usure dont l'influence pathogénique sur la genèse des neurasthénies secondaires ne saurait être douteuse. Les moyens physiques précédents remédieront déjà à cette indication; mais il sera utile de les corroborer, dans bien des cas, par une médication nervine dont les glycérophospliates de chaux et de magnésie^ les strychniques à faible dose, etc., feront les frais. Cette médication sera décrite plus complètement à propos des hypersthénies permanentes.

u Toutes les indications qui précèdent s'appliquent

traiuiiieBt oansai. j^g^ exaclcmcnt aussi au traitement des dyspepsies hypersthéniques aiguës réflexes. Mais, chez elles, la notion de la cause doit dominer la thérapeutique, et tout traitement qui n'en tiendrait pas un compte capital serait, d'avance, frappé de stérilité. Je ne puis entrer ici dans le détail de ces traitements étiologiques qui seront exposés plus tard; disons seulement que, la crise gastrique terminée, tous vos eflbrts doivent être dirigés du côté de l*organe malade, origine du réflexe. C'est ainsi qu'en cas de constipation habi* tuelle les cures hydro- minérales de Châtel-Guyoriy d'Au/us, de Kissingerij de Marienbad seront utilisables ; qu'en présence d'une lithiase biliaire latente vous retirerez un grand bénéfice des eaux de Vichy ou de Carlsbady tandis que les autres variétés d 'hypersthénies aiguës ne semblent en éprouver aucun avantage; j'ai même vu des malades dont l'état a été certainement aggravé par remploi abusif de ces eaux. Nous aurons, d'ailleurs, l'occasion de revenir surnombre de ces points, à propos du traitement hydro-minéral de la dyspepsie hypersthénique permanente.

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