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DIXIÈME LEÇON

LES INDICATIONS DES ÉCHANGES DANS LA DYSPEPSIE HYPERSTHÉNIQUE PERMANENTE

INDICATIONS DIAGNOSTIQUES ET THÉRAPECTIQUES DU BILAN NUTRITIF LES TOXINES GASTRIQUES

Les indications du bilan nutritif. — Le rôle de la déminéralisation

organique.

Us indioatioBs Avcc les documeols que nous avons acquis sur ^« **.^- l'urologie, Tanalys^ des matières fécales, le chîmisme

bilan natrltif. o » j »^

respiratoire et le bilan nutritif, il est possible de tracer un tableau d'ensemble de la nutrition et des échanges chez les dyspeptiques hypersthéniques permanents.

L'organisme ayant conservé toutes ses aptitudes d'échange vis-àvis des matières albuminoïdes comme des matières ternaires, les plus ou moins grandes variations des échanges proviennent de la plus ou moins grande quantité de matières azotées ou ternaires d'origine alimentaire ayant subi dans les voies digestives une évolution suffisante pour être assimilées.

Hais, de par les troubles fonctionnels de la sécrétion et de la motricité gastrique, cette quantité est presque toujours insuffisante, quoique l'alimentation soit normale ou augmentée, et l'on retrouve dans les fèces une partie de l'azote alimentaire qui a traversé le tube digestif sans effet utile et sur lequel, par conséquent, l'organisme a dû déployer, en pure perte, une certaine somme d'activité.

De plus, le bilan nutritif dénote que l'organisme, étant en pleine aptitude d'échanges, ne trouve pas dans les apports assimilés de

quoi satisfaire celle-ci et doit emprunter de Tazote à sa propre substance, d'autant que les matières ternaires dont l'évolution est si mauvaise ne viennent pas exercer sur l'azote organique leur habituelle action d'épargne.

L'appauvrissement progressif de l'organisme en azote s'accompagne d'un appauvrissement parallèle en principes ternaires, qui sont, eux aussi, en apport amoindri, d'où l'amaigrissement rapide du malade, amaigrissement qui dépend donc de la fuite d'azote par les fèces, de révoladon digestive imparfaite des ternaires^ en un mot d'une assimilai ion en déchéance, alors que les facultés oxydantes de l'organisme demeurent intactes.

Lo rA]« Le dyspeptique hypersthénique permanent non

udèmmêrniisattoii soigné débutc par l'amaigrissement et finit par la

oroaniqiio. cachcxie, dout la déminéralisation organique me paraît être une des conditions fondamentales. Toutes les recherches exposées dans les précédentes Leçons déipontrent la réalité de celle déminéralisation. Ainsi il ressort du bilan nutritif que l'hyperslhénique perd plus de matériaux inorganiques qu'il n'en absorbe dans les voies digestives, puisque la somme de ces matériaux éliminés par Turine ou perdus par les garde-robes est supérieure à la quantité ingérée* De plus, le coefficient de déminéralisation totale est toujours supérieur à la normale, à moins que le malade n'en soit arrivé à la cachexie avec stase permanente. Et si l'on différencie dans ce coefûcienl de déminéralisation la part qui revient au chlorure de sodium, part essentiellement variable de par l'alimentation, l'intensité de Thyperchlorhydrie et les vomissements, de celle qui représente les déperditions salines réelles, on voit que ces dernières, dont le coefficient normal est de 13 p. 100 du résidu total, ont oscillé, chez nos malades, de 14,7 à 19,5 p. 100, soit toujours au-dessus de l'état physiologique. Même chez les malades cachectiques avec stase permanente, il était encore de 15,3 p. 100. La déminéralisation des plasmas et des tissas ne saurait donc faire aucun doute.

Ellû semble porter sur la chaux, la magnésie, le soufre, l'acide phospharique lié aux terres et parfois aussi sur le chlorure de sodium. Comiiifi je Tai indiqué ailleurs*, la déminéralisation du plasma sanguin^ est une cause essentielle d'anémie, parce que les globules rouges se conservent et vivent plus mal dans un plasma insuffîsam-

J. A LiJ]:KT Robin. —- Traitement de rhémoglobinuric, Traité de thérapeutique cppliquée, fil se. ï, 1895.

% GirïAtiuEAn. — Traitement de rhémophilic, Traité de thérapeutique appliquée^ fwsc. 5| p.3iyct327, 1896.

ment minéralisé et devenu milieu nutritif imparfait. Et je pense qu'il faut lui attribuer une part importante dans le mécanisme de Tanémie dyspeptique que révèle Texamen clinique et dont la fréquence de Turobématine dans Turine est aussi l'un des symptômes. A mettre encore en relief la déminéralisation des organes ricbes en terres qui affecte des rapports si étroits avec toute une série de symptômes névropalhiques, soit que l'excès des terres provienne de la désassimilation plus active du système nerveux lui-même, soit qu'il dépende d'une suractivité dans les échanj^es du tissu osseux, sous Tinfluence d'une irritabilité nerveuse accrue. Ce fait, qui se rencontre dans toutes les formes et à toutes les périodes de l'hypersthénie, matérialise en quelque sorte l'élément nerveux qui est si dominant dans cette maladie, montre au moins Tune des causes de la névropathie gastrique et fournit une indication pour son traitement.

La théorie des toxinee gastriques. — - La toxicité des ferments et des aliments. — La pepto-toxine. — La dyscrasie acide. — Le rôle des réflexes.

La théorie ^^"8 voycz quc, jusqu'à présent, les toxi n es n'ont

des toitaies oastriqnei.

*^ pas fait parler d'elles, alors que les tendances actuelle-

ment régnantes en médecine leur attribuent une part prépondérante dans la symptomatologie, dans les complications et même dans les troubles de nutrition de la dyspepsie liyperslhénique. C'est qu'elles ont été incriminées bien plutôt théoriquement et par analogie qu'à la suite d*expériences concluantes. Voyo is, en effet, les arguments fournis par ceux qui leur donnent une si h au e importance pathogénique*.

On a dit que la cavité gastro-intes'inale es! une usine à poisons, que les ferments digestifs sont très nocifs, que les peplones ne pénètrent pas sans inconvénient dans la circulation, que les aliments les plus sains contiennent des p incipe; tox qu s qui so t les sels inorganiques et surtout les sels de potasse, , uis, que les fermentations digestives donnaient naissance à des toxines déterminées. Enfin on a incriminé les divers acides qui son engendrés par les fermentations gastri l'ies.

Que la pepsine injectée dans le sn' des lapins provoque, comme l'a vu Hildebr\ndt, des vomissements, de la dyspnée, du

1 . Nous reviendrons sur cette question à propos des toxines des fermentations GAbTRiQues et de la tétanie.

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coma, des convulsions, etc.; que la irypsine, dans les mêmes condilions, paralyse le cœur et les nerfs, suivant Rossbach; que le ferment inversif soit pyrétogène; que les peptones des digestions normales, absorbées par la voie hypodermique, diminuent la coagula bililé du sang, abaissent sa tension et puissent causer la mort, quand elles sont injectées en grande quantités* , je l'admets avec les auteurs très compétents qui l'ont alfirmé à la suite d'expériences bien faites ; mais je me demande en quoi Ton peut s'appuyer sur ces expériences pour étayer la théorie toxique des troubles nutritifs des dyspepsies, cardans celles-ci ni la pepsine ni les peptones ne pénètrent dans !e ?ang par effraction.

En ce qui concerne la toxicité propre des aliments, qu'on nous donne d'abord la preuve qu'une alimentation fraîche et bien préparée soit plus génératrice de poisons chez un dyspeptique que chez un individu sain où elle répare et n'empoisonne pas. Cette toxicité est fonction soit de l'altération des aliments, soit de l'élimination retardée des produits de leur dédoublement et de leur hydratation inlra-or^anique. Or nos recherches sur le bilan nutritif ne nous montrent pas que cette élimination soit anormale ou insuffisante.

Et si Ton invoquait encore la prétendue toxicité des sels de potasse^, justice a été faite depuis longtemps de cette erreur.

Mais l'argument le plus important des défenseurs

La o<rastfttftO<m ^ r r

nireotfl de la théorie toxique, c'est la constatation directe du poison dans le contenu stomacal. Bouveret etDEVic' sont i>arvenus à préparer, avec les produits de la digestion recueillis pendant un moiSj dans un cas de tétanie, un extrait alcoolique très convulsivanL pour les animaux. R. Gassaët et G. Feuré* ont trouvé, dans le contenu stomacal d'hyperchlorhydriques qui n'avaient jamais présenté de létanie, une substance convulsivante pour les lapins et qui jouit j ea même temps, de propriétés vaso-constrictives, myosiques, anesthésiqueset dyspnéiques.

Mais Debove et Rémond^ ont essayé en vain d'intoxiquer des cobayes avec le contenu concentré de l'estomac d'un dyspeptique qui avait eu des contractions plus ou moins prononcées dans les muscles

1. Schmidt-Mdlheiii. — Archives de physiologie, 1880. — Contejean, Ibid., 5» série, t Vît, p. îiS. — Ledoux, Archives de biologie, t. ^IV, p. 63. — Glay et Pachon, Aichivei Hé phym^hgie, 1S95, p. 711.'

S. ALiiKhi Haiitx, — Des erreurs aux |uellcs expose le dosage de la potasse par le procédt^ rlu liiUjrlratf^ de potass^, Société de biologie, 1889.

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