L'INSUFFLATION DE L'ESTOMAC
trop VOUS mettre en garde contre remploi de semblables moyens, au moins en ce qui concerne les dyspepsies, les gastrites et l'ulcère. Les renseignements qu'ils fournissent sont, en effet, généi*alement inutiles, en ce sens qu'ils ne donnent aucune indication thérapeutique, sans compter qu'ils sont loin d'être inofifensifs et qu'ils risquent au moins de compromettre la tonicité stomacale déjà si souvent intéressée dans tant de cas de dyspepsie.
8fl Tiirar Ceci dit, voyons dans quels cas on pourra pratiquer
.i.«ré«iuu. ^^^^ avantage l'insufflation de l'estomac. Les auteurs assurent qu'elle facilite la palpation, qu'elle permet de distinguer le clapotage gastrique duclapotage intestinal, de préciser la situation, la forme et les dimensions de restomac. Voilà une proposition que je ne puis admettre; car, en insufflant l'estomac, vous changez précisément ce que vous voulez déterminer. Mais l'insufflation, en rendant plua manifeste une biloculation gastrique, aidera à son diagnostic, sans cependant donner des résultats absolus, témoin le cas deGuiNARD qui, au cours d'une intervention chirurgicale, découvrit un estomac en bissac que n'avait pas révélé l'épreuve de la distension gazeuse ^
Elle servira aussi. à distinguer la gastroptose de la disloca* tion gastrique, quoiqu'il soit possible que cette distension artificielle fasse remonter la limite supérieure de l'organe.
Comme l'a montré Ebstein, l'impossibilité de distendre l'estomac par insufflation est un bon signe de l'incontinence du pylore.
Elle permettra quelquefois de préciser le diagnostic des tumeurs gastriques, de leur siège, de leur volume et de leur mobilité. Quand ces tumeurs siègent à la face postérieure ou au niveau de la petite courbure, l'insufflation, loin de les mettre en évidence, ne sert qu'à les masquer. Quant aux tumeurs pylorîques, il est certain qu'elles deviennent plus accessibles à la palpation, le pylore se déplaçant en bas et à droite. Ici, encore, il n'y a rien d'absolu ; car RosENHEiM* diagnostiqua un jour, de par l'insufflation, une tumeur du pylore, et la laparotomie montra qu'il s'agissait d'un cancer de la face postérieure et de la grosse tubérosité.
D'après Angerer% si le pylore ne subit aucun déplacement du fait de l'insufflation, c'est qu'il est fixé au pancréas par des adhérences, ce qui contre-indiquerait la pylorectomie en cas de cancer.
On utilisera aussi l'insufflation quand il y aura nécessité de re-
1. A. DuBÀND. — Valeur diagnostique de l'insufflation stomacale, TUése de Paris^ 1900, p. 35.
t. RosENHBii» — Société de médecine interne de Berlin, 4 juillet 1894. 3. Afl6BRB&. — Centralblatl /ttr Chirurgie, 1889.
connaître la position exacte du pylore, car celui-ci se trouve au point de convergence des deux courbures mises en saillie.
Enfin, dans les cas où Ton hésite sur la question de savoir si une tumeur siège dans l'estomac ou dans un organe voisin, rinsufflation pourra aussi être pratiquée. Minkowski* et Rosenheim^ déclarent que Testomac insurflé remonte en haut et à droite une tumeur du foie et que le bord inférieur de celui-ci, repoussé en avant, est plus facilement exploré. Les tumeurs de la rate sont refoulées à gauche et un peu abaissées. Celles de Tintestin sont al>aissées.
. , ^ En ce qui concerne la technique de l'insufflation,
Utiliser la poire de Richardson, comme Runederg; c'est le procédé le plus simple et le meilleur. Comme sonde, prenez le tube de Debove ou une sonde de Nélaton. Vous aurez soin d'insuffler l'air lentement, de vous arrêter à la moindre sensation de tension stomacale ou d'angoisse respiratoire éprouvée par le malade. Vous fermez alors l'orifice externe de la sonde avec le doigt, de façon à conserver le volume de l'estomac pendant que vous l'explorez. Puis, l'examen fini, avant de retirer la sonde, vous avez soin d'expulser l'air introduit, en comprimant doucement la région épigastrique avec la paume de la main.
iMmensions ^^^^ Thomme, l'cstomac a une largeur transver-
etcapaoité salc de 18 à 21 centimètres, une hauteur de 41 à
14 centimètres. Chez la femme, les mêmes dimensions
sont respectivement de 18 et 10 centimètres. La capacité moyenne
du viscère ne doit pas dépasser 1300 centimètres cubes.
Procédés divers d'exploration stomacale. — L'auscultation. — La gastrodiaphaaie el la gastroscopie. — L'enregistrement sphygmographique. — Les rayons Roentgen.
, ^ L'auscultation de l'estomac ne donne guère de
signes importants. Au niveau de la dixième vertèbre
dorsale, à la partie inférieure de laquelle correspond le cardia, on
ontend un bruit de déglutition, étudié par Meltzer, Kronecker,