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ÉTENDUE PHYSIOLOGIQUE ET CATÉGORIES DE LA VOIX HUMAINE

On voit dans le tableau ci-dessous que la voix des

femmes se superpose à celle des hommes.

Il est utile d’indiquer l’étendue moyenne des diverses catégories de voix, telles que l’art les utilise.

J’emprunte ces mensurations à l’excellent ouvrage de M. J. Faure sur la voix et le chant.

Mais, encore une fois, il ne s’agit que de moyennes.

On distingue deux variétés de ténors d’opéra :

i° Le fort ténor (ténor di forza des Italiens), tels Duprez, Alvarez, Tamagno.

2 0 Le premier ténor, tel que Mario, Nicolini, Yaguet, qui a la même étendue que le premier, mais moins de volume.

Comme type de ténor d’opéra-comique, on peut citer les voix de Roger, de Clément.

Dans les barytons élevés on peut ranger les barytons Martin qui utilisent facilement la voix dé tète.

Soprano. Mezzo-soprano Contralto.

Fig. M- — Voix d’enfants.

Les voix de ténor d’opéra-comique et de baryton (Battaille, Faure, Renaud), sont les plus fréquentes chez l’homme.

Barylon élevé. Baryton grave ou Basse taille ou

basse chantante. basse profonde.

Fig. 25 . — Voix d’hommes.

La voix de mezzo-soprano est la plus répandue chez les femmes.

Il se rencontre des voix tout spécialement étendues. Celle de l’Alboni parcourait près de trois octaves. Son passage était insensible. Elle avait été formée par Rossini lui-même.

PHYSIOLOGIE DE LA VOIX

Le D r Chervin parlait dernièrement dans « La Voix » du cas exceptionnel d’un soprano allemand. Cette nouvelle étoile transpose l’air des clochettes deLakmé d’une quinte plus haut, finissant sur le si naturel. Elle peut chanter l’accompagnement de flûte dans les variations du Toréador d’Adam, en laissant la partie de soprano au flûtiste.

Dans quelques contrées du Nord, principalement

Mezzo-soprano. Contralto.

Fig. 26. — Voix de femmes.

en Russie, on peut entendre, de merveilleuses voix de basse qui constituent une catégorie à part.

Tandis que les basses ordinaires ne vont guère plus bas que Y ut au-dessous des lignes, les voix russes descendent aisément au la. Dans le cimetière de Saint-Pétersbourg on peut voir la tombe d’un de ces chanteurs qui fut surnommé le contre-fa, car il descendait de deux lignes encore.

Le langage russe appelle ces basses « les creuseurs ». Cette particularité de voix ne tient pas à une conformation spéciale. Elle parait être le résultat d’un entrainement pratiqué depuis des siècles, au point d’être devenu un caractère atavique.

Alors que nous apprécions surtout les notes aiguës et que nous applaudissons d’enthousiasme les ut dièzes, les Slaves ont plus de goût pour les notes graves. Dès l’enfance il,s s’entraînent à creidevl Dans les églises, le peuple*-’ accompagne les chânts des notes les plus graves qu’il p£ut émettre. Le's compositeurs écrivent plus volontiers pour ces'registres. Ces basses donnent une belle sonorité aux chœurs lithurgiques qui n’ont pas d’accompagnement. On raconte, dans la vie de Berlioz, qu’entendant à l’église Saint-Isaac de Pétersbourg^.quatre cen^ts choristes, dont une grande partie chantaient avec ces voix de basse profonde, il tomba à genou saisi d’admiràtion.

Cette basse russe des creuseurs est une voix forte et résistante, de deux octavfes en'général: Elle atteint son apogée entre 3 o et 4 o ans. Ces chanteurs n’ont rien dans leur appareil voca%ni dans leur extérieur qui les distingue de toutes l|| autres basses (i).' A- Il se rencontre exceptionnellement des cas particuliers qui échappent aux caté*gories de voix généralement admises : larynx intermédiaires aux ténors et barytons, etc. Mais ce que j’ai vu de plus surprenant c’est le cas d’une femme-ténor. Cette voix allait de Yuf à YuÛ, elle était lourde et, malgré un travail persévérant avec un excellent professeur, ne pouvait arriver à chanter les soprani ou mezzo-soprani, ni à faire le trille, sinon elle s’enrouait aussitôt. Son la? diapason était exactement à l’unisson de celui d’un baryton, tandis que, chez les femmes, il répond à l’octave supérieure. Et pourtant le sujet était bien

(i) Je dois nombre de ces détails techniques à l’obligeance de M. Bourdeau, maître de chapelle à l’église russe de Paris.

PHYSIOLOGIE DE LA VOIX

femme, au physique comme au moral; à l’examen je constatai seulement que les cordes étaient très longues pour des cordes de femme.

Chaque variété de voix correspond généralement à certainSvCaractères phvsiqûes du sujet.

Le ténor est plutôt de petite taille, de formes arrondies, gras. Sa capacité thoracique est moindre que celle des barytons et basses. La tête est carrée, les angles du maxillaire inférieur saillants au dehors. La trachée et les résonateurs sus-glottiques sont relativement* courts dan^.le sens vertical. Le larynx s’évase de bas en haut et la pomme d’Adàm n’accuse pas sa saillie sous la peau. Les cordes vocales sont courtes. Elles ont de plus, d’après Joal, un aspect caractéristique du genre ténor ; leur bord externe est curviligne, cintré, ce quu tiendrait au raccourcissement du diamètre antéropostérieur du larynx.

La basse est, sauf exception, de haute stature, mais maigre, d’ample capacité respiratoire. La pomme d’Adam est saillante. Lé. pharynx, le larynx, la trachée sont allongés verticalement. Les cordes sontlongues. Déjà Malgaigne avait signalé la proéminence du nez coïncidant avec les voix graves (Archives générales de médecine i83i). « Toujours les voix graves, ditil, sont accompagnées d’un nez considérable, il est énorme chez les basses tailles, chez les chantres de cathédrale, par exemple. » L’observation est juste dans nombre de cas.

Le baryton présente des caractères intermédiaires au ténor et à la basse.

Chez les femmes, le soprano est de formes minces, de petite taille, le cou est court, la pomme d’Adam peu saillante. Le larynx est petit comme chez l’en-

fant, cylindrique. Les cordes sont courtes. Le développement est plus marqué chez le soprano dramatique.

Le contralto est grand, souvent brun, maigre et un peu masculin. Son larynx est plus grand, les cordes longues. Le cartilage thyroïde soulève la peau du cou.

Le mezzo-soprano présente des caractères intermédiaires.

Veut-on connaître la liste des voix divèrses employées sur nos scènes lyriques, on n’a qu’à voir le tableau d’une troupe dans un bon théâtre de province :

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