i...on pour saucisson
e) La substitution, où une lettre est remplacée par une autre.
Exemple :
Tartassonne pour Carcassonne.
J’ai examiné et montré au D r Chervin une jeune fille de ma clinique qui remplaçait :
C par T G — Gle J — Gli R — Lre S — Eche X — Iche Y — Iglec Z — Ledle.
Il y a iotacisme, lorsque l’I vient se substituer à une autre lettre :
Iénéral pour général.
/) On dit lambdacisme ou lallation lorsque L intervient mal à propos, ou est altérée.
Castes. i5
J’ai vu ce défaut chez une fillette dont le frère s’appelait Claude. Elle prononçait Cnaude. Il y a des gens qui disent : mon pèle pour mon père.
g) Le grasseyement ou parler gras (du latin crassits, gras) consiste à prononcer la lettre R du fond de la gorge avec un caractère guttural, tandis que normalement elle doit être prononcée du bout de la langue, être vibrée selon l’expression technique.
D’après les recherches spéciales de Donders, l’R normal correspond à un nombre de vibrations simples, variant de 60 à 70 par seconde ; tandis que l’R du grasseyement correspond à un nombre allant de 38 à 56 vibrations.
On grasseye faiblement à Paris, beaucoup dans le Sud-Est de la France, aucunement dans le Sud- Ouest.
Comme il n’est pas de défaut plus intolérable au théâtre, tous les professeurs s’appliquent à le combattre par les méthodes de Talma ou autres.
Voici un cas assez particulier pour la prononciation de l’R. Un homme de 35 ans s’est présenté, il y a quelque temps, à la clinique de l’Institution nationale des Sourds-Muets, parce qu’ayant toujours eu de la peine à prononcer les R, il remarque que cette difficulté grandit, tout en le grattant péniblement dans la gorge.
Aucune lésion au pharynx, ni au larynx.
A noter que lorsqu’il prononce l’R, il la prononce comme la J espagnole, à moins qu’il n’y ait une consonne d’appui devant.
Ainsi il dit ja, je, ji, jo, ju (avec la J), mais il dit bien tra, tre, tri, tro, tru.
Il dit trois, mais il dit Jroi pour Roi
Il est singulier de voir un Français ne pouvoir prononcer parfois que comme un Espagnol, inconsciemment.
Tous ces troubles sont justiciables d’un traitement orthophonique bien entendu.
On aurait grand tort de ne pas les combattre dès qu’ils apparaissent chez l’enfant, sous prétexte « que c’est gentil », car, plus tard, le défaut sera peut-être indéracinable.
Signalons enfin le bredouillement professionnel veRcontré souvent chez les ecclésiastiques, peut-être à cause de l’habitude du bréviaire dont la récitation doit être articulée, et les phobies verbales qui sont une crainte de prononcer certaines lettres ou mots souvent suivie de leur prononciation défectueuse. On voit les personnes qui en sont atteintes changer plutôt leur phrase que de se risquer au mot redouté. Par des encouragements et des exercices progressifs le professeur en vient à bout.