‹ Les maladies de la voixChapitre 25 sur 34 · V. - MALADIES DE L’ÉTENDUE · texte numérisé non relu

V. - MALADIES DE L’ÉTENDUE

Sans que la voix se soit déplacée, le baryton restant bien baryton, le soprano restant bien soprano, etc., deux ou trois notes périclitent plus ou moins à l’une des extrémités de l’étendue vocale. J’ai trouvé ce trouble en général chez les soprani et ténors, à l’extrémité supérieure de leur aigu. Ce registre perd donc de son étendue par le haut. Deux ou trois notes sont altérées. L’artiste ne peut absolument plus les faire sortir, ou elles sortent sans intensité ni timbre et, s’il cherche à forcer, à pousser pour leur communiquer ces deux qualités disparues, ces notes craquent. Cet effort particulier peut même être douloureux.

Ces larynx m’ont souvent montré au laryngoscope un épaississement du bord libre des cordes. Soit dit en passant, toute altération qui respecte ce bord libre reste sans influence marquée sur la voix. La physiologie nous l’explique puisque le bord des cordes est la seule partie essentielle à la vibration vocale.

Les causes étaient tantôt de grosses amygdales ou une rhinite hypertrophique, tantôt une méthode défectueuse, ou bien l’imprudence d’avoir « chanté sur un rhume », comme disent les artistes, voulant indiquer qu’ils ont chanté avant d’être complètement guéris d’une laryngite catarrhale simple. C’était encore une constitution arthritique, herpétique, lymphatique. En résumé, les larynx me paraissent conduits à ce trouble par l’effort inconscient ou voulu qu’ils développent.

Le repos est donc la première condition de la cure. La modification des lésions locales par les procédés ordinaires, le massage et l’électricité, enfin la médication générale sont de mise pour rendre à la fonction l’étendue qu’elle a perdue.

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