PHARYNX, BOUCHE, NEZ
La voix, au sortir du larynx, se répand dans ces trois cavités qui représentent le résonateur, et y prend son timbre personnel.
Le pharynx, ou arrière-bouche, a la forme d’une gouttière appuyée contre la colonne vertébrale et ouverte en avant. Il se continue avec les fosses nasales par sa partie supérieure (naso-pharynx ou cavum). Dans cette arrière-cavité des fosses nasales s’ouvrent à droite et à gauche les trompes d’Eustache qui se rendent aux cavités intérieures de l’oreille. Cette communication entre le haut pharynx et l’intérieur de l’oreille explique bien des phénomènes physiologiques et des propagations de maladies. Nous aurons à en parler.
La bouche est limitée en avant par les lèvres, derrière lesquelles se rangent les arcades dentaires supérieure et inférieure. Elle présente à considérer sa voûte et son plancher.
Castes. 4
5o MALADIES DE LA VOIX
C’est sur le plancher de la bouche que repose la langue, attachée en arrière à l’os hyoïde, qui est situé entre la mâchoire inférieure et le larynx, et, en avant, à la mâchoire inférieure, par une petite membrane verticale, le filet qu’il faut sectionner lorsque, par sa brièveté, il gêne les mouvements de la langue. Cet organe, formé d’un ensemble de muscles, change de forme à tout instant, sort, rentre dans la cavité buccale, s’aplatit, se courbe en faisant gros dos ou se creuse en gouttière. Cette variété de mouvements sert beaucoup à l’articulation des consonnes. On distingue à la langue deux parties : l’une antérieure horizontale; l’autre postérieure verticale. A leur union se voit une rangée de petites saillies (papilles linguales) que certaines personnes prennent à tort pour une tumeur de l’organe.
La voûte (voûte palatine ou palais dur), qui la sépare des fosses nasales, est plus ou moins surélevée et ogivale ; à son bord postérieur s’attache le voile du palais (palais mou), partie membraneuse qui s’élève et s’abaisse par moments. Quand elle s’élève, elle se place horizontalement entre le naso-pharynx et l’arrière-bouche, interrompant toute communication entre ces deux cavités. Au milieu du bord postérieur du voile du palais se voit un petit appendice suspendu dans la bouche; c’est la luette. Quand elle est trop longue elle vient agacer la base de la langue et provoque des quintes de toux. On en pratique alors la section. Du bord postérieur du voile et de chaque côté descendent, à droite et à gauche, les piliers du voile du palais qui ont la forme de pilastres. On distingue un 'pilier antérieur, qui se termine en bas sur les côtés de la langue, et nn pilier postérieur, qui se
ANATOMIE DE L’APPAREIL VOCAL 5i
perd sur les parties latérales du pharynx. Dans ces piliers sont contenus des muscles qui jouent un rôle dans le mécanisme de la voix. On parle quelquefois de troisième pilier. Ces mots ne désignent pas une partie anatomique, car, en réalité, il n’existe que deux piliers, mais on voit quelquefois sur la paroi postérieure du pharynx, immédiatement en dedans des piliers postérieurs, une traînée de granulations qui dessinent un relief vertical. C’est cette lésion qui, par analogie, a été désignée sous les termes de troisième pilier.
L’isthme du gosier est l’ouverture comprise entre le bord postérieur du voile du palais en haut, les piliers antérieurs sur les côtés et la langue en bas.
Les amygdales (a;rjvSaX^, amande), sont deux petites glandes situées de chaque côté de l’arrière-bouche entre les piliers antérieur et postérieur. Leur surface libre est creusée de cryptes où s’accumulent souvent des matières blanchâtres et crayeuses. Les amygdales sécrètent des cellules dont le rôle serait d’absorber et de neutraliser les microbes nuisibles qui tentent de franchir l’isthme du gosier. Ces glandes sont souvent hypertrophiées et gênent ainsi beaucoup l’émission de la voix. Il y a lieu, dans ces cas, d’en pratiquer l’ablation. Les artistes redoutent que cette petite opération déplace leur voix ou en change le timbre. Ces craintes ne me paraissent pas fondées, car je n’ai jamais constaté que de l’amélioration, à tous égards, à la suite de cette intervention.
Indépendamment de ces deux amygdales palatines bien connues, il existe encore des accumulations de tissu amygdalien : i° à la voûte du naso-pharynx [troisième amygdale ou amygdale de Luschka ; 2 ° à la
base de la langue, devant l’épiglotte (quatrième amygdale ou amygdale linguale). Comme les deux premières, elles sont susceptibles d’hypertrophie. Quand cette augmentation de volume atteint la troisième amygdale, elle constitue les végétations ou tumeurs adénoïdes qui empêchent la voix de résonner dans les fosses nasales et la privent de son timbre. De même si l’hypertrophie porte sur la quatrième amygdale, la voix est sourde, car son émission est particulièrement gênée par cette masse de tissu adénoïde placé sur son passage.
Le traitement médical ou chirurgical de ces masses hypertrophiées s’impose pour la santé de la? voix (i).
Le nez et ses cavités jouent un rôle important dans la physiologie et la pathologie de la voix, M. Segond me disait avoir remarqué combien une arrière-cavité des fosses nasales, très spacieuse, était favorable à la voix. A l’intérieur, le nez est divisé par une cloison verticale en deux fosses nasales, droite et gauche, creusées dans une direction horizontale. A l’entrée de chaque fosse nasale est une sorte de vestibule, narine, dont les parois sont pour^ vues de poils, vibrisses, qui arrêtent les corps étrangers nuisibles. En bas se trouve le plancher des fosses nasales qui surmonte la voûte palatine ; en dedans la cloison, septum, souvent déviée vers une des fosses nasales. Ces déviations sont connues sous le nom à'éperons. Elles gênent beaucoup le fonc-
(i) D p Escat. Pathologie de l’amygdale linguale. Rapport à la Société française de laryngologie, mai 189.8.
tionnement vocal, car elles empêchent d’abord d’inspirer librement, puis nuisent à la résonance. Quand •elles sont très développées, il y a lieu d’en pratiquer l’ablation par une opération chirurgicale. En dehors, sur la paroi externe, sont étagés les cornets, au nombre de trois. Ils ont la forme de coquilles attachées par un de leurs bords à la paroi externe de la fosse nasale, tandis que l’autre bord proémine dans leur •cavité. Ce sont, en procédant de bas en haut, les cornets inférieur, moyen et supérieur. Leur hypertrophie, généralement plus accentuée sur le cornet inférieur, est une source de troubles vocaux portant en général sur la résonance. Au-dessous de chaque cornet existe une cavité qui est appelée méat; il y a trois méats : inférieur, moyen, supérieur.
En haut, la voûte des fosses nasales, lame osseuse, mince et criblée qui les sépare du cerveau.
En arrière les fosses nasales s’ouvrent dans le naso-pharynx ou cavum par deux orifices désignés sous le nom de choanes.
Autour dés fosses nasales existent des cavités annexes qui communiquent avec elles, si bien que l’air athmosphérique y pénètre. De ces cavités les unes grandes sont les sinus, les autres, petites, sont les cellules. A chaque fosse sont annexés :
i° Un sinus maxillaire, le plus vaste de tous, creusé dans l’os maxillaire supérieur;
2 ° Un sinus frontal creusé dans le bas du front, à la partie antérieure de la voûte nasale ;
3° Un sinus sphénoïdal, situé dans la base du crâne, à la partie postérieure de la voûte du nez;
4° Les cellules ethmoïdales, qu’on distingue en
antérieures et postérieures, et qui sont creusées dans l’os ethmoïde au-dessus de la voûte nasale.
Ces sinus et cellules sont en communication par des orifices étroits avec les fosses nasales. Les inflammations de la muqueuse, coryza et autres, s’y propagent facilement. Leur suppuration constitue les sinusites qui exigent d’importantes opérations.