Archives de physiologie, 1879, p
Ribot. -— Volonté
l'/O LES MALADIES DE LA VOLONTÉ
hémisphérique et finalement atteindre le manteau cérébral. Les parties dont le développement est le plus lent ont aussi la destination fonctionnelle la plus haute.
La période de formation terminée, le mécanisme de l’action volontaire paraît constitué comme il suit ; l’incitation part des régions dites motrices de la couche corticale (région pariéto-frontale), suit le faisceau pyramidal, nommé volontaire par quelques auteurs. Ce faisceau, qui consiste dans le groupement de toutes les fibres partant des circonvolutions motrices, descend à travers le centre ovale, forme une petite partie de la capsule interne, qui, on le sait, pénètre dans le corps strié « comme un coin dans un morceau de bois ».
Ce faisceau suit le pédoncule cérébral et le bulbe, où il subit une décussation plus ou moins complète, et passe du côté opposé de la moelle épinière, constituant ainsi une grande commissure entre les circonvolutions motrices et la substance grise de la moelle, d’où sortent les nerfs moteurs *. Cette grossière esquisse donne quelque idée de la complexité des éléments requis pour l’action volontaire et de la solidarité intime qui les relie.
1. lîuguenin, Anatomie des centres nerveux^ trad. Keller. — Erissaud, De la contracture permanente des hémiplégiques, 1880» p. 9 et suiv.
CONCLUSION
Il y a, malheureusement, des divergences d’interprétation sur la nature réelle des centres cérébraus d’où part l’incitation. Pour Ferrier et beaucoup d’autres, ce sont des centres moteurs, au sens strict, c’est-à-dire qu’en eux et par eux le mouvement commence. Schiff, Hitzig et Nothnagel, Charbon Bastian, Munk ont donné d’autres interprétations qui ne sont ni également probables ni également claires. Elles se réduisent pourtant, en gros, à considérer ces centres comme étant plutôt de a nature sensitive », le rôle moteur proprement dit restant dévolu au corps strié. « Les fibres nerveuses qui descendent de l’écorce corticale au corps strié, chez les animaux supérieurs et chez l’homme, seraient par leur nature strictement comparables aux fibres unissant la cellule a sensitive » et la cellule « motrice » dans un mécanisme ordinaire d’action réflexe *. » En d’autres termes, il existerait dans l’écorce cérébrale « des régions circonscrites dont l’excitation expérimentale produit dans le côté opposé du corps des mouvements déterminés, localisés. Ces points semblent bien plutôt devoir être considérés comme des centres A'association volontaire que comme des centres moteurs proprement dits.
Ils seraient le siège d’incitations aux mouve-
Charlton Bastian, Le cerveau^ organe de la pensée^ tome II,
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ments volontaires et non les points de départ véritables du mouvement. On pourrait plutôt les assimiler aux organes sensibles périphériques qu’aux appareils moteurs des cornes antérieures de la moelle... Ces centres seraient donc psycho-moteurs, parce qu’ils commandent par leur action toute psychique à de véritables
appareils moteurs.Nous pensons que les
différents points indiqués comme centres moteurs des membres, de la face, etc., correspondent aux appareils qui reçoivent et transforment en incitation volontaire les sensations d’origine périphérique. Ce serait des centres volitifs et non de véritables centres moteurs ‘. »
Malgré cette question pendante, dont la solution intéresse la psychologie au moins autant que la physiologie, malgré les dissentiments de détail que nous avons négligés, notamment les incertitudes sur le rôle du cervelet, on peut dire avec Charlton Bastian que, si depuis le temps de Hume nous n’avons pas encore appris, dans le sens complet du terme, les moyens par lesquels les mouvements de notre corps suivent les commandements de notre volonté, nous avons du moins appris quelque chose sur les parties principalement intéressées et par conséquent sur la route que suivent les excitations volontaires.