LE GRAND SYMPATHIQUE FÉMININ
La colère^ Fambition» la vanité deviennent des excitations élaborées dans les branches génitales du sympathique ; colère, quand Tattrait du sexe est dédaigné; ambition, quand la passion amoureuse allume Ténergie des longs desseins et maintient Féclat de l'esprit de suite; vanité avec le besoin instinctif d'éveiller le désir chez les hommes. Ce n'est point une simple rencontre de hasard qui croise le dévergondage de la conduite chez certaines femmes dont s'est afOrmée la supériorité d*esprit. Elles étaient supérieures non parce que dévergondées, mais parce que la pente au dévergondage leur avait été imposée par disposition de nature. Que l'éducation, la dignité de soi, le sentiment religieux surtout, ce sentiment formulé au nom d'un principe éternel et absolu, que toutes ces barrières aient pouvoir d'enrayer la chute, à cela aucun doute. La niaiserie contemporaine a cru favoriser la floraison de la morale par la culture de la raison. Chez la femme, plus encore que chez l'homme, le sympathique a des exigences dont la tyrannie ne se musèle pas par un appel à la logique. Il faut des freins autrement solides, des sentiments de protection enfoncés à coups d'habitudes et de pratiques journalières. Sinon, c'en est fait de toute résistance possible. De par ses sonorités nerveuses retentissantes et orchestrales, la femme vibre éperdument à l'impression de la minute ; pour ne
pas succomber, quelle vertu, indispensable, et à quelle source en puiserait-elle l'énergie sinon à ces nappes souterraines où coulent les sentiments de défense devenus instinctifs à force de volonté soutenue et de contrainte quotidienne sur soi ?
La constatation du péril, c'est elle qui, depuis dos Siècles, a inspiré l'indulgence des moralistes. Une femme qui tombe, si l'amour la fait choir, est un pauvre être à qui nul n'a droit de jeter la pierre. Avant de condamner, il faut connaître; et qui pourrait se flatter de posséder en main tous les éléments d'information ?
Trois sortes d'amour se disputent le cœur de la femjne : l'amour sexuel, ennobli par Fadjonction d'éléments intellectuels fréquents ; l'amour maternel, qui a moins besoin d'intelligence pour durer, constatation qui explique la permanence fréquente de l'amour de la femme pour les enfante, en regard du naufrage rapide où se noie l'amour pour le mari : l'amour divin, le plus dématérialisé, le plus riche, le plus ardent. Nombre de saintes de r Église ont appartenu à l'élite intellectuelle.
Qui nu se souvient de sainte Thérèse, la femme ia plus extraordinaire, peut-être, par ses facultés de dompteuse intellectuelle, qui cravachait impitoyablement les révoltes d'un sympathique de haute marque?