CHAPITRE VII LES SYMPATHIES ENTRE FEMMES
Les sympathies entre femmes sont réglées par le ton de leurs sonorités nerveuses et aussi par les mouvements de Tamour-propre excité. Les femmes à sympathique ardent s'éprendront d'amies échauffées dans un même moule de sensibilité, à moins que pour une cause parfois futile, mais qui les pique au point vulnérable, elles ne leur vouent une haine furieuse et étemelle. Entre femmes à sympathique flambant et femmes à sympathique cendré s'établissent des commerces aimables, où la supériorité de la première l'entretient dans une prééminence d'autorité où elle trouve satisfaction. Dédaigneuse quelque peu, elle accepte l'amitié de sa compagne à la façon d'un hommage. Quandles deux représentantes du sexe s'ignorent, l'impression qu'elles reçoivent Tune de l'autre dans la rue n'est nullement favorable. La première passe et écrase, la seconde se redresse et méprise. « Une sotte ^,
prononcera la femme ardente; une « femme à hommes », clamera la femme éteinte.
Il faut être bien intelligent, ou du moins nourrir 45n soi des associations d'idées singulièrement agiles, pour comprendre et estimer un type de nature conformée difiéremment de la sienne. Une femme à sympathique engourdi, une fois qu'ellese sera au surplus enfoncée dans une opinion, n'en changera que sous le choc d'une secousse émotive violente : le peuple assène des coups de bâton, et c'est excellent; l'homme du monde n'a guère à sa disposition que l'acte d'amoiu", et il n'est pas à la portée immédiate de chacun. Faute de ces armes psychologiques, la place demeure inviolable. Modifier ses idées, pour une femme à sympathique délavé, est une grosse aflfaire. Tout son mécanisme physiologique s'insurge contre la possibilité de ce miracle.
C'est pourquoi, si elle accable de ses injures une rivale aux sonorités nerveuses retentissantes, ne lui tenons pas rigueur de sa colère. La médisance dans de pareilles natures est un vice irréductible. Contentons-nous d'en observer en silence le bourgeonnement et les verrues. Il est toujoiu's intéressant de suivre l'évolution d'un sentiment sous la température d'un cHmat moral analysé avec précision.
Dans de pareilles natures, il y a du reste place