LES SYMPATHIES ENTRE FEMMES
pour d'autres mouvements que la haine; les
louanges s'y glissent aisément, mais c'est à l'adresse
d'autres tempéraments, de ceux dont la placidité et
les qualités de soumission annoncent les marécages
d'un sympathique vaseux. « Une femme de haut
mérite », proclamera de ces dernières l'opinion, si
la femme est mariée; « une perle », s'il s'agit d'une
jeune fille. Seulement, voyez la malchance. Autour
de la femme de haut mérite, le cercle des relations
entretient une distance prudente, et la jeune fille
perlée, à moins d'une grosse dot, court chance de
refroidir autour d'elle le zèle des prétendants. On
dit beaucoup de bien des deux, et ce jugement est
sage. La première est fréquentée avec parcimonie
et la seconde ne se marie pas.
Il est une sorte de femmes dont le groupe, constituant un ordre ecclésiastique dans TEglise primitive*, attire sur sa tête, depuis qu'il est rentré dans la vie profane, les foudres vengeresses du [sexe. Nous voulons dire les veuves. Veuves de trente à quarante-cinq ans, quel que soit le chant de votre sympathique, ou effacé et timide, ou triomphal et claironnant, la critique n'épargnera pas en vous les accents dissemblables de votre instrument physiologique.
Toutes, les belles, les laides, les séduisantes, les
* E. Renan. Marc-Aurèle, p. 552.
n LEg AIALAÛIES DES CARACTÈRES
disgracieuses, les longues, les efflanquées, les grasses, vous serez en bulte aux méchants propos dont la malice sera calculée d'après l'étiage de vos charmes. L'être hideux» quelquefois^ échappera à la curée ; votre sort, en général, est d'être déchi. rées à belles dents. Acceptez sans désolation la fatalité de votre destin. Outre qu'il vous vaudra les hommages plus empressés des hommes, il donne échappée à vos puissances de séduction qui, enfermées hier encore dans la gaine du lien conjugal, voltigent aujourd'hui comme des feux follets, légères et charmantes^ et se posent ou et quand il leur plaît. Voilà votre crime, Uesdames, il n'est pas de ceux qui sont pardonnes.