CHAPITRE XIII LE CARACTÈRE DES RACES
Le terme de race, dans son acception un peu vague, sous-entend un certain nombre de conditions qui réalisent son caractère, conditions dont les valeurs réciproques n'ont point, ce semble, été l'objet d'une estimation précise. Pourquoi TAllemand se montre-t-il dur, sauvage, cruel, pourquoi le Français nourrit-il une flamme généreuse au cœur et pourquoi oublie-t-il si vite? Diflférence d'éducation et de mœurs, nous dira-t-on? Sans doute. Influence du climat? C'est à discuter. En fait un élément de formation prime tous les autres ; le régime alimentaire, et si celui-là est en partie subordonné aux conditions climatériques, quand même revêt-il un caractère d'indépendance qui lui permet, sous des ciels peu dissemblables, de modifier largement les articles de son code.
Manger, boire, voilà ce qui détermine la sensibilité de Têtre. Dépasser la mesure, se gaver de
certain B aliments, distendre Testomac à Taide de buissons surabondantes, peu à peu, sous l'effet des excitations ou de la fatigue que les habitudes ainsi prises communiquent au sympathique, c'est transformer un rythme nutritif, dissocier les rouages profonds , altérer les engrenages des sécrétions internes. Le caractère du sujet change, et aussi son humr^ur, sa manière de recevoir les impressions extérieur es j de concevoir, d'imaginer, de réagir. Le Kolossal des Allemands est né de l'aptitude de distension stomacale que leur a conférée, depuis de» yii^clesj l'absorption de leurs tonneaux de bière. La bière épuise par une action mécanique, elle engourdit directement par l'effet des substances qui y sont contenues. Le buveur de vin est gai, li^iger, bon enfant, il plaisante, n'appuie pas, et ses colores n'ont pas de durée. Le buveur de bière est d'une jovialité lourde qui s'obstine sur les mêmes motifs, rit à gorge déployée, ignore le sourire, et quand l'ivrogne se fâche, c'est dans une ruée de fureur qui ne désarme pas. Une action dilïérenU^ doit être exercée par le vin et la bière sur l'activité des sécrétions internes. Le vin les excite, de là l'aménité de l'abord, la souplesse des haouvcments, l'agilité des idées, leur répugnance à se cristalliser et à se déduire copieusement. La bière engourdit les sécrétions internes. La preuve la plus convaincante n'est point seulement dans