LES INSTINCTIFS
enfants^ les sujets atteints de maladies fébriles qui terrassent la raison, reçoivent également des avertissements précieux de leur instinct qui fonctionne en toute liberté. Chez l'homme adulte et quand la fièvre fait défaut, les habitudes acquises priment les protestations organiques qui ne sont plus entendues. L'instinct précipite la fin. C'est là une pente fatale sur laquelle les malades se laissent glisser avec complaisance. Si les médecins crient holà, en avertissant avec énergie du péril, ils savent tous que leurs recommandations, en dépit de la vigueur, de Faccent, risquent de ne point être entendues.
Les instinctifs ont l'oreille distraite, c'est leurs appétits qu'ils suivent, non les conseils. Tout à la fin sans doute, la volonté finissant par chanceler dans l'assaut suprême, ils perçoivent l'imprudence commise, regrettent, acceptent de se soumettre. Souvent il est trop tard. Il n'est point bon de ne songer à la mort que lorsque son spectre se dresse àla porte. C'est l'histoire des instinctifs. Longtemps ils haussent les épaules, s'exclament, tournent en ridicule les ordonnances du médecin, se font une gloire de n'y point obéir. Quand Theure fatale sonne, les voilà désemparés, implorants, dociles comme des brebis. L'instinct, débarrassé de la raison, se charge de la peur qu'il ne connaissait pas. La raison s'éloigne avec son bagage d'habi-
lli LES MALADIES DES CARACTÈRES
tudes, rinBlinct demeuré seul se trouve face à face avec répouvante qui grandit.
Au médecin de ne point abuser et de se montrer bon. L'impatience plus d'une fois l'avait saisi et le désir de ne plus revenir. Aujourd'hui j son rôle est de consoler, d'autant que la situation ne laisse plus guhre d'espoir» Suivant son instinct, le malade croyait bien faire. Ne lui tenons pas rigueur de 8fis imprudences. Puisqu'elles ne lui apparaissaient pas telles au jour où il les a commises, disons-nous que ce n'est pas de sa faute et que son droit était d'ignorer les égarements de Tinstinct dont nulle expérience acquise ne lui avait permis de soupçonner les inspiraticns mensong^bres.