‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 43 sur 115 · CHAPITRE III LES SAN&UINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III LES SAN&UINS

Bons mangeurs, bons buveurs et le reste, à semblable régime il y a de quoi oflfrir un profil majestueux et des pommettes en couleur. Inutile d'ajouter que chez de pareils sujets, les accès de violence sont monnaie courante. Un volcan surchauffé par Taccumulation des laves incandescentes, comment ne serait-il pas exposé à des éruptions saisonnières? Dans l'ancienne médecine, et la coutume régnait encore en Alsace il y a une trentaine d'années, tout gaillard fortement musclé et d'humeur colérique recevait le conseil de se faire saigner au printemps et à l'automne. Rien de calme comme le bonhomme» le lendemain de l'émission sanguine. Pour une semaine, il devenait un mari modèle; tellement que les dates des saignées coutumières étaient impérieusement rappelées par sa compagne si le sanguin s'avisait de les oublier.

Les congestions vives assurent un caractère brusque et la véhémence dans la pensée. Parfois

lumineuse, Tintelligence éclaire, dans les productions de l'esprit, des talents fermes, robustes, d'une imagination verbale abondante, mais impuissante à pénétrer. Hugo appartenait à cette race. Il occupait le sommet d'une échelle dont les degrés inférieurs supportent des natures coulées dans le même moule quant à la violence des sentiments, mais iiilliument dénuées au point de vue intellectuel. Il en est en effet des sanguins comme des autres types de tempéraments. L'intelligence est une parure essentiellement variable.

Quand elle se manifeste, sa forme a toujours quelque chose d'épais et de lourd. La souplesse de pensées, le goût des nuances, la délicatesse, Thunieur légère, la faculté de comprendre et délire dans les âmes, autant de mérites dont ces sortes d'esprits sont magistralement dépourvus. Leurs sensations sont trop rapides dans leur violence pour s'exercer avec fruit et extraire de l'observation les Jei;ans ingénieuses et fines. Elles voient en gros et le sens des impondérables leur échappe.

Les maladies qui les frappent couvrent les cris d'alarme préalables de la dyspepsie. Elles passent outre à ces malaises stomacaux qui donnent du vague à l'âme, elles attaquent délibérément le foie, le^i rt^ins, la nutrition profonde. « La nature aurait dû m'avertir», gémissait un jour Hugo, âgé de près

Page 1