‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 44 sur 115 · LES SANGUINS · texte numérisé non relu

LES SANGUINS

de quatre-vingts ans. Pris d'un malaise au sortir d'une de ses escapades hebdomadaires, un des siens, délégué par la famille, venait de le ineltre discrètement en garde. Les maladies des satijjuins font comme le tempérament de Hugo : la nature n^avertit pas. De là, pendant des années, cette appa-rence florissante, cette solidité de construction physique qui semble maçonnée avec des mati^riaux indestructibles. Dans les façades des nerveux» à tout instant des alertes se produisent : disjonction du ciment, crevasses, lézardes fines. Ces menus accidents épargnent les sanguins. Quand la maladie les touche, c'est pour de bon. Ce n'est plus une fissure sans importance, c'est tout un pan de mur qui menace ruine.

Bien des fois, le monde s'étonne : « Vous savez, ce gaillard taillé en hercule; il est mort la semaine dernière ». La nouvelle aurait moins surpris si elle eût tué ce pauvre hère squelettique, au visage émacié et terreux qui fait peine à voir. Mais ce dernier résiste. Il a des nerfs vigilants ; au moindre danger, ils retentissent en vibrations tumultueuses et les réactions défensives d'accourir en toute hâte. « Des Trompe-la-Mort », ces sujets toujours souffrants et qui échappent aux atteintes graves, ainsi les baptise le langage vulgaire qui dans cette image pittoresque évoque une vérité médicale.

Les âanguins ne sont pas des Trompe^a-MorL On pourrait plutôt les appeler des Trompe-bs- Vivants. Sous leur enveloppe massive se sont infiltrés insidieusement des germes de désagrégation brusque* Le foie estcongestionné; ses cellules, si une attaque infectieuse les inenace, rendent les armes sans combattre.

En quelques jours une pneumonie entraîne la mort. Le foie élites reins fonctionnant nôrmalemenl, la vie se poursuit sans accrocs et jusqu'à un âge avancé. LVxempIe de Hug-o n'est pas unique. Seulement, quand ils tombent, ces géants, la chute est sérieuse et il faut se garder de s'appuyer sur les apparences robustes pour déclarer : « Cela n'est rien j».

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