LES MAIGRES
atteints de la maladie de Basedow, c'est-à-dire d'empoisonnement thyroïdien.
Les maigres sont des nerveux et digérant mal parce que tels. A côté des nerveux, réservons maintenant une place aux autres types d'efflanqués. Jls ne manquent pas : intoxiqués, malades organiques (appendicite chronique, tuberculose, etc.), la liste s'allonge à Tinfini. Un trait toutefois les rapproche : une mentalité excitée, irritable, souvent méchante, différant à peine chez certains par un tour d'humeur particulier. La plupart sont pessimistes autant vis-à-vis du genre humain qu'à l'égard de leur personne. Ils trouvent tout mauvais et leur confiance vis-à-vis d'eux-mêmes est pré^ caire. Chez le tuberculeux, il en va autrement. Le pessimisme aigre qu'il nourrit à l'endroit d'autrui contraste, dans l'occurrence, avec l'optimisme convaincu dont il envisage l'avenir relativement à soi. Une confiance irréductible dans son destin, un destin qui, au milieu d'une humanité détestée sans doute, continuera de le faire vivre de longues années, tel est le sentiment violemment enfoncé dans son cœur.
En dehors des maladies organiques, les maigres simplement nerveux atteignent souvent un âge avancé, Calvin, il est vrai, ne vécut pas vieux, puisqu'il mourut à cinquante-cinq années.
tl4 LES MALADIES DES CARACTÈRES
En général, les tempéraments secs dépassent de beaucoup cette limite. La plupart, des centenaires ontj à Fâlge moyen de la vie, connu des périodes de dyspepsie tenace. L'état précaire de leur eâtomac leur interdisant tout écart, la sobriété qui la prolonge leur assure un avantage sur lequel ils ne cessent de gémir. Hommes et femmes, sur ce chapitre» unissent étonnamment leurs plaintes.
Dans sa jeunesse toutefois , c'est-à-dire de dix-huit à cinquante-neuf ans, la femme ne s'en prend pas uniquement à son estomac. C'est la maigreur qui Texaspëre, « Docteur, c'est à faire peur, regardez. » Ce disant f elle découvre ses clavicules. Il s'agit d'effacer les saillies disgracieuses, de rembourrer d'une étoffée aimable les plis des chairs. « Surtout, docteur, n'engraissez que la poitrine. » A aucun prix, le régime ne doit influer sur Tépaisseur de la taille. L'abondance est tenue de choisir son terrain et de s'imposer des limites. Pas de débordements en dehors des frontières assignées. Le docteur réfléchi! et promet. Il faut toujours contenter une jolie femme. Par définition, en effet, toute femme qui formule une demande impossible doit être tenue pour jolie. Le charme de sa grâce efface l'impression fâclieuse que pourraient provoquer ses caprices et il est très malséant, puisqu'elle est nécessairement jolie, de se souvenir que deux baguettes noueuses dessinent ses clavicules.