‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 50 sur 115 · CHAPITRE VII LES OBÈSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII LES OBÈSES

Les obëses par excès de table ont une mentalité différente des obëses par vice de nutrition. Les premiers disposent d'une sensibilité épaisse, cuirassée par la résistance formidable de leur eslomac. Leur sympathique somnole, aucune protestation ne sort de ses filets nerveux excités ou distendus. Les digestions demeurent aisées et Tappétit insatiable. L'obèse mange, dort, accomplit ses fonctions organiques. Quant à Fintelligence, elle se repose. Son ambition se borne à enrober de prétentions le dogme des idées admises. Les billevesées politiciennes revêtent dans les bouches une importance d'oracle. Le consentement aux formules qui ont cours fait de ces hommes les soutiens solides de la République. Us sont de la majorité. Hier encore» les mastroquets comptaient comme les grands électeurs du régime. L'autorité de la fonction se doublait chez eux de l'épaisseur dé l'enveloppe. Ils versaient à boire et le ventre

majestueux qui les dési|:nait au respect des con^ Bommateurs annonçait un coussin adipeux sur lequel pouvait reposer en toute sécurité la conûance du gouvernement.

Les obëBes par vice de nutrition appartiennent à une tout autre catégorie. Renan était de ceux-là. Ces sujets mangent relativement peu, mais les ferments organiques font défaut qui détruisent les déchets vitaux en sorte que ceux-ci s'accumulent et s'embourbent dans les terres vaseuses du tissu adipeux. Une sensibllilé vive, excitée du fait de la nutrition vicieuse, anime ces natures, dont la Imesse intérieure contraateavec la lourdeur des chairs. Leur cerveau travaille et les muscles pendent inertes. De là une forme de mentalité tout à fait spéciale. L'activité de Tesprit jointe à rimpuissance des mouvements développe le goût des conceptions analytiques et minutieuses, encourage les dissections d'idées» poursuit les ramifications des postulats sociaux jusque dans les Glets ténus où ils se perdent et se dissolvent^ use de la loupe, des objectifs à immersion et h U0 moment donné, quand la matière s'est volatilisée sous la lamelle du microscope, salue avec un cri de joie latteinte de cette limite extrôme où le fruit du labeur a ouvert les portes du néant. Le triomphe du sceptique érudit et raffiné jaillit de la constat^igict

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