‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 53 sur 115 · CEUX QUI ONT CHAUD · texte numérisé non relu

CEUX QUI ONT CHAUD

discordes nai3sent de cette différence dont les dem;: conjoints perçoivent les influences atmosphériques. La femme a chaud^ le mari a froid. L'un ouvre la fenêtre, l'autre la ferme. Dans le lit conjugal, le soir, la femme repousse violemment la boule vers le3 pieds de son mari. « La Boule », trois actes d9 mésaventures intimes se sont jadis déroulés au théâtre du Palais-Royal, sur les <îonséquences de ce» réactions opposées aux impressions thermiques.

Voyez les ménages des nerveux. Le mari grelotte jusqu'en juillet, la femme enjanvier porte un corsage ouvert. Remarquez que Fémotivité est aussi fougueuse chez la femme que chez Thomme. EUe s'emporte avec une impétuosité égale et sanglote avec une abondante sincérité* Et pourtant le mari qui fait claquer la porte en sortant, k peine dégringolé dans la ruie, ^çnt qu'il oublie son pardessus et ila femme, qui demeure désespérée sur sa ebaise, court, pour ne pas suffoquer, à la fenêtre qu'elle ouvre toute grande. Napoléon était frileux, ]|iirie*Louise avait trop chaud* Répandu à des milliers d'échantillons, cet exemple nous permet peutêtre de comprendre.

Si le grand sympathique fonctionne énergiqueoieut chez les deux, quand même l'intelligence est différente. C'est l'activité de la pensée qui vaut la frilosité de Thomme. La femme en général apfuie is^ i^Un^Q^ts véhéments sur des associations

d'idées lentes. Elle s'irrite, se bute, se cramponne. Démontrez-lui qu'elle a tort, elle ne veut rien entendre. Son opiniâtreté décèle son impuissance; se plier à une autre attitude mentale dépasse sa portée. Elle a chaud. L'homme, autour de sa colère, groupe des éléments de jugement qui se heurtent, se bousculent, modifient^ corrigent l'inspiration première. Il a firoid.

Les femmes intelligentes partagent cette vulnérabilité de la sensibilité thermique : le moindre courant d'air leur donne le frisson. Faut-il chercher dans une raison chimique l'origine de cette hypersen* sibilité, conclure à une déminéralisation phosphatée de l'organisme, à un simple trouble d'épuisement nerveux de nature dyspeptique ou consécutif à la contention de l'esprit ?

Le moyen âge était sûr de ses explications. On nous permettra de ne pas affirmer avec la même force, bien que certaines certitudes soient dès maintenant acquises.

Nombre de femmes ont trop chaud parce que sur l'émotivité accrue se superpose un trouble de la sécrétion thyroïdienne. Ici la thérapeutique possède prise. Mais ailleurs et si la lenteur dans les associations d'idées est seule en cause? Des injee* lions de glycérophosphate ? Hélas !

Heureusement que le médecin est rarement con« suite sur des troubles de ce genre. Le mari frileux

Page 1