‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 59 sur 115 · CHAPITRE XII LES AGACÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII LES AGACÉS

U existe deux sortes d'agacés : les passagers et l^§ permanents. Les premiers reconquièrent rapidement leur bonne humeur parce que la source d'agacement s'épuise très vite; pour les seconds, il n'y a rien à faire. Agacée, ils le resteront.

L'agacement en effet reconnaît une double cause : une fatigue qui exagère Témotivité et un ralentissement dans Tassociation des idées. Chez Tagaeé permanent, la fatigue e^t en quelque sorte chronique : surmenage ou intoxication. On démêle à sa racine des excès, des veilles, une nourriture insuffisante, des chocs émotifs répétés, des troubles dyspeptiques, de Tintoxication intestinale, hépatique, rénale, surrénale, thyroïdienne, des infeo* tiens aiguës ou chroniques.

La plupart des malades sont des gens agacés.

Ajoutons nombre de gens bien portants. Ils ont les mdmes impatiences, des rebuffades similaires, le

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besoin d'agression constamment hérissé. Ces sortes d'63prits sont aussi des fatigués, mais des fatigués par déficit mental inné, lequel s'irrite de son infériorité. L'émotivité accrue est ici d'origine directement psychique, exaspérée par la compagnie d'une intelligenoe boiteuse qu'elle promène en maugréant.

Rien qui agace en effet comme un obstacle à l'association des idées. Le sujet ne vous suit pas. Il est toujours en retard et comprend le lendemain : de là, désaccord entre l'accent de l'interlocuteur et le sien propre. La désharmonie est permanente et totale. Pour sympathiser, il faut suivre, discerner, comprendre. Eiïort qui dépasse la portée du pauvre homme.

Aussi bien, il est à plaindre, n'ayant pas d*amis. Son commerce est épineux, incertain, rétréci par une frénésie d'égoïsme replié sur soi. Dans les ménages, une grande longanimité est nécessaire pour supporter Thumeur de l'agacé. Homme ou femme, serrons d'une pression muette la main à l'autre, celui sur qui se déverse l'orage. Combien la croix devient plus lourde encore, lorsque l'agacé par infirmité de nature s'avise de tomber malade. La mauvaise humeur naturelle se double chez lui delà mauvaise humeur qu'il doit à son mal. Contre un pareil être, pas de bonne volonté qui prenne pied ; les dévouements les plus intrépides reculent.

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