CHAPITRE II LES YIEILLARDS
a Un vieillard, disait La Bruyère, est fier, dédaigneux et d'un commerce difficile, s'il n'a beaucoup d'esprit. » Un pareil jugement est trop sommaire. Entre les difiérentes particularités qui signalent la mentalité du vieillard : indifférence à tout ce qui excède le cercle de ses habitudes joumalibres, sécheresse de cœur, exubérance et bourgeonnement de toutes les tares d'humeur et de caractï^re ; entre ces déviations plus ou moins accusées des tendances fondamentales, il est un trait qui intéresse spécialement le médecin et dont les philosophes ne parlent pas : je veux dire l'effacement des perspectives dans les malaises dont le vieillard est atteint. Sans doute, chez l'adulte déjà, pareille mentalité ébauche ses caractères ; ceux-ci toutefois ne s'organisent définitivement qu'aux dernières années de la vie. A un certain âge, il est rare que le trouble d'un seul organe retentisse sur la sensibilité. Toute la machine se détraque et les misères