‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 67 sur 115 · LES PAISIBLES · texte numérisé non relu

LES PAISIBLES

ne pâlit pas et le poids du corps, demeuré dans lea limites normales, ne s'affaisse pas subitement. Les agités maigrissent, engraissent avec une rapiJittS qui fait le désespoir des tailleurs. Les paisible! s pourraient porter vingt ans le même costume ; la coupe sera toujours celle du premier essayage.

Aux maladies aiguës, le paisible épais oppose des réactions modérées. Les hautes températures lui échappent. Dût la maladie se prolonger, il n'en a cure. L'inertie passive est sa manière. C'est son arme à Tétat de santé, dans la lutte contre les circonstances hostiles; il continue de la manier conlre la maladie. Dans l'état paisible perce une pointe de dédain, dédain contre l'agitation de la vie, dédain contre les tumultes réactionnels des maladies aiguës.

En face de cette attitude, le médecin ne s'obstinera pas. Gardons-nous de stimuler trop vivement un organisme dont le caractère est de résister avec mollesse. Toute attaque vive est condamnée à un échec et la victoire ne peut être obtenue qu'au prix d'un effort qui se prolonge. Sachons donc attendre. Les doses élevées de remèdes seront exclues; les bains, si leur emploi s'impose, ne seront pas prescrits à des températures trop froides. On commencera par des bains tièdes à 32% frais à 28^, sans guère descendre au-dessous de

m LES MALADIES DES CARACTÈRES

ce dernier chiffre. La surveillance du malade dictera la conduite du médecin. Avant tout, souvenons-Dous que les paisibles sont volontiers boudeurs. C'est là une attitude mentale qui interdit un6 intervention brutale. Le paisible, vis-à-vis d'une agression thérapeutique véhémente, bouderait contre sa maladie et l'aggraverait fatalement, comme en état de santé, il s'enferme dans son mulisme et complique maintes fois par son silence une si t nation qu'un mot de sa part arriverait à débrouiller aisément.

Le paisible atteint-il un âge avancé? La longévité étant un attribut d'ordre héréditaire, cela dépend de l'âge de ses parents. L'instinct d'imitation qui permet au paisible de ménager son effort l'incitera sans doute à s'engager sur la voie qui lui a été ou\'erte. Il deviendra vieux si ses parents sont devenus vieux. A savoir toutefois et si un doute n'atténue pas cette certitude.

Les êtres placides en effet sont des êtres à habitudes. Habitent-ils la petite ville? Leur nonchalance les transformera vite en piliers de café, et les apéritiTs de succéder à la consommation des bocks. Coin nient résisteraient-ils à la tentation? Les pauvres se laissent faire; l'habitude les condamne à l'excès et l'excès à la maladie. Pas plus qu'ils n'acceptent les drogues à haute dose, ils ne supportent sans dommage cette inondation de breu-

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