CHAPITRE VUI LES INDIFFÉRENTS
On est indifférent par paresse d'esprit, altitude d'ostentation, ou simplement par fatigue nerveuse. Devant Tassaut de la maladie, ces trois colonnes d'indifférence s'écroulent- Il ne reste parmi les ruines fiu'un abri qui Lient encore debout ; le souci de vivre. Le malade oubliera parents^ amia^ position, fortune^ mais sa vigilance se dresse avec l'urgence de se tirer du mauvais pas» L*indifférent par noncbalance mentale^ où est-il et celui qui affectait une pose impressionnante et celui que la vie écrasait comme une charge accablante, de grâce, dites, où les trouver?
Ils se sont évanouis et cette disparition leur assure les plus grandes cliancea de guérison. L'indifférence ayant plié armes et bagages, une attention trÎ5S avertie s'éveille sur la marche de la maladie. Elle observe les réactions organiques, s'y intéresse, accueille le médecin, l'écoute, boit avec avidité ses paroles de réconfort.
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L'affirmation optimiste qui annonce la convaleseence prochaine ne sera jamais formulée avec trop de netteté. Alors tout de mêrae^ cela peut se remettre? Certes et sana le moindre doute. C'est pourquoi Tindifférent ne veut point de médecin qui le soit. Il lui faut, non pas un détaché et un sceptique^ mais un croyant qui a la foi dans les remëdês. Pareille exigence ressort naturellement du changement de caractère. Il ne vaut pas la peine de se libérer d'un travers, pour en découvrir un exemplaire inattendu dans l'homme chargé de nous remettre sur pied.
Etant de mentalité inférieure^ les dénués et les poseurs n'échappent pas de ce fait aux maladies de rîntelligence. Le ressort mental, si faible soit-il, court néanmoins risque de se fausser. Il ne faut pas beaucoup de raison pour la perdre. Les asiles d'aliénés sont peuplés d'indifférents — campagnards aux gestes lourds, aux idées troubles, atteints de cécité psychique. Un esprit net, alerte, lumineux, oppose autrement de résistance. Ayant Tha-* bitude des idées saines , les voies où elles circulent sont si solidement tracées qu'elles échap* pent au danger du défoncement mental. Des lésions organiques sérieuses sont nécessaires pour faire sombrer une intelligence ferme qui sait penser et vouloir. Les exceptions à la règle se comptent : à
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peine quelques troubles d'origine héréditaire ont-ils pouvoir de s'attaquer à ces terrains robustes. En général le détraquement de Tappareil s'opère en raison de son infériorité de nature. Plus il est Bub alterne, plus il est exposé. Les indifférents peu intelligents, dans leurs deux premières classes, ne s*oIïrtint pas seulement à titre de victimes aux maladies mentales. Les simples états anxieux, avec conservation de Tintelligence, ne les épargnent pas davantage. Ils deviennent inquiets, phobiques, se dL'sespèrent, content leurs misères à tout venant. Et c'est bien là la pire détresse pour un malheureux de souffrir d'une sensibilité dont il ne soupçonnait pas l'existence et qui, à Tétat normal, ne lui avait jamais rendu service.