‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 94 sur 115 · LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PAYSANS

montagnes, de pics, de croupes dominé par Tossa- Lure grise des rochers que festonne une ligne sombre de sapins. Sur les pentes abruptes, des bandes de pâturages entre des écroulements pierreux. Au fond de la vallée, tout en bas, dans le vert des vergers^ quelques taches rouges ; les toits du hameau que je viens de quitter et par-dessus Tâpreté sauvage de cette nature, à cette heure reposée et vibrante de lumifere, un silence de mort, La pensée légère, je goûte délicieusement le bonheur d'être seul.

« Monsieur le Docteur^ vous n'auriez pas votre outil pour m'arracher une dent? »

Tombé de je ne sais où, un paysan était planté devant moi et de son doigt recourbé fouillait sa mâchoire* Je dus riposter une phrase désobligeante, car la brusquerie de ma réponse cloua mon bon* homme sur place, la main contre la joue^ la bouche entr'ouverte, dan» une pose d'ahurissement.

Ce jour-là je rentrai h mon village beaucoup plus tard que si je me fusse contenté de la grande route.

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