‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 151 sur 277 · RHUMATISME · texte numérisé non relu

RHUMATISME

rhumatismale la cause de l'alfection de la cornée. Cetle théorie peul être regardée comme fausse, car les deux affections ne sont que des symptômes locaux d'une môme maladie générale.

On a encore attribué au rhumatisme des cas d'iritis, d'irido-ckoroïdite, de rétinite, de névrite optique, de lénonite, de blépharile, depara- /i/sie des muscles de l'œil. Nous ne considérons comme démontré que le rapport du rhumatisme avec l'iritis, la ténonile et certaines paralysies musculaires. On rencontre aussi ces affections sans arthrite, et l'on désigne ces cas sous le nom de rhumatisme aharticulaire.

Quant ;i ['iritis rhumatismale, il est évident qu'elle ne comprend pas les cas dus à une arthrite blennorrlmgique, quoiqu'on les y fit rentrer jadis. Dans l'iritis rhumatismale proprement dite la partie antérieure de la sclérotique participe d'une façon très nette à l'inflammation (épisclérite). La cornée est fortement injectée, et cette inflammation est en rapport avec l'intensité de l'iritis. Dans le rhumatisme, l'iritis revêt la forme plastique. Lesadhérencesqui s'établissent entre l'iris et la cristalloïde antérieure n'ont que peu de chance de se rompre lorsqu'on emploie des mydriatiques. Si l'on réussit à se rendre maître de l'iritis, les symptômes du côté de l'iris disparaissent beaucoup plus vite que l'injection péri-cornéenne. A la suite d'un refroidissement, la maladie récidive avec facilité. C'est à tort qu'on accuse généralement les adhérences de l'iris avec la cristalloïde antérieure d'être la cause de j;es rechutes, bien qu'elles occasionnent une irritation perpétuelle. Si les synéchies postérieures sont très développées, il survient aussi des complications du côté de la choroïde, et c'est ainsi que, d'après quelques auteurs, prendrait naissance l'irido-choroïdite rhumatismale.

L'affection décrite sous le nom de névrite optique aiguë rhumatismale peul se montrer, à la suite d'un refroidissement, d'un seul côté ou des deux à la fois. La diminution de l'acuité visuelle qui en est la conséquence s'accompagne parfois d'un rétrécissement du champ visuel, mais ce dernier symptôme manque dans d'autres cas. Si la maladie est grave, l'amaurose succède à l'amblyopie, et l'ophtalmoscope permet alors de constater l'inflammation de la papille et de la rétine. Dans quelques cas, on a observé des épanchements sanguins et des exsudations sur la limite de la papille. Uuand l'affection est de longue durée, elle peut se terminer par l'atrophie optique.

Nous avons dit p. 188) qu'il était possible d'expliquer un certain nombre de cas de l'affection dont il s'agit sans faire intervenir une cause rhumatismale. Il nous parait douteux, quoi qu'en pense Dransart, que l'amblyopie rhumatismale avec exophtalmie légère et douleurs péri-orhilaires puisse être occasionnée par une ténonite simultanée. On expliquerait aussi bien ces cas en admettant un gonflement du périoste de la paroi postérieure de l'orbite qui comprimerait le

nerf optique à son entrée dans la cavité orbitaire et la veine ophtalmique.

La ténonite rhumatismale est une affection très rare, en comparaison surtout de la fréquence des affections rhumatismales qui atteignent les membranes séreuses des articulations, des fascias, des tendons, etc., semblables, par leur structure, à la capsule de Tenon. Les principaux symptômes de la ténonite consistent en douleur dans les mouvements latéraux de l'œil, en exophtalmie légère, lorsqu'on presse sur le globe oculaire pour le reporter en arrière. Les paupières sont gonflées. On constate le chémosis, de la conjonctivite et l'hypersécrétion des larmes. S'il n'existe qu'une exsudation peu abondante dans la capsule de Tenon, il n'y a pas de trouble de la vue. Dans le cas contraire, l'exsudat peut comprimer les veines vertiqueuses de Stenon à leur passage dans la capsule de Tenon et donner lieu aux symptômes du glaucome (Just).

Weil etDiamentberger ont constaté, dans un certain nombre de cas, que le goitre exophtalmique, dont la nature nerveuse est aujourd'hui presque universellement admise, se rencontre dans l'évolution du rhumatisme.

D'après ces auteurs il s'agit là d'une coïncidence pathologique, qui, dans la plupart des cas, suit de plus ou moins près l'apparition du rhumatisme aigu ou chronique; dans d'autres cas, elle l'accompagne; dans d'autres enfin, elle ne se retrouve que dans les antécédents personnels ou héréditaires des rhumatisants au même titre que d'autres manifestations ressortissant nettement a la diathèse arthritique.

Les muscles de l'œil peuvent être atteints par le rhumatisme au point de présenter des symptômes de névralgie musculaire ou de paralysie. Les douleurs provoquées par les mouvements de l'œil, dans les cas de névralgie, sont probablement dues à une affection des nerfs sensitifs qui se terminent dans les corpuscules de Golgi situés dans les tendons des muscles de l'œil. D'après J. \Y. Wright, si l'on exerce une pression sur le point où se trouve le tendon du muscle affecté, après avoir fait fermer les paupières on provoque de la douleur. La même sensation douloureuse se fait sentir quand le muscle agit pour mouvoir l'œil.

Les paralysies rhumatismales des musela de l'œil sont plus fréquentes et mieux connues que la névralgie musculaire. Elles apparaissent subitement, à la suite d'un refroidissement. Au point de vue de leur localisation, elles appartiennent aux paralysies périphériques. Il n'est pas rare d'observer, avant l'apparition de ces paralysies, des névralgies qui occupent le côté correspondant de la tête et le pourtour de l'œil, et qui s'accompagnent parfois de vomissements. Les paralysies des muscles de l'œil occasionnent d'abord des vertiges, et

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c'est souvent le seul symptôme dont se plaignent les malades. En général, un seul muscle est affecté : rarement, plusieurs \sont atteints en

Fig. 29. — Goitre exophthalmique chez une jeune fille atteinte de îhumatisme articulaire chronique déformant. (Observation de MM. Weil et Diamantberger.)

même temps. Les statistiques ne permettent pas encore de se prononcer sur la fréquence de la paralysie des divers muscles de l'œil.

D'après mes observations personnelles, l'oculo-moteur externe serait le plus fréquemment atteint.

Le traitement des affections rhumatismales de l'œil doit être à la fois local et général. Le traitement local consiste en instillations d'atropine dans l'irilis, en frictions au précipité jaune dans l'épisclérite en éleclrisation dans les paralysies musculaires. Comme traitement général, l'emploi du salicylate de soude donne de bons résultats, et ce n'est qu'à une époque avancée que j'administre l'iodure de potassium. Si les paralysies des muscles de l'œil guérissent facilement, il n'est pas rare d'observer des récidives. Le pronostic de la névrite optique dite rhumatismale réclame une certaine réserve : on a vu plusieurs fois celte affection se terminer par l'atrophie du nerf optique.

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