BLENWORRITAG1E
La contamination de la conjonctive avec lepusblennorrhagique peut se faire avec les mains, des éponges malpropres, etc. Chez l'adulte, cette contamination directe est assez rare. On considère comme une des preuves qu'elle est faite avec les mains, la fréquence avec laquelle l'œil droit est attaqué le premier de la blennorrhagie. Chez les nouveau-nés, la contamination se fait généralement par les organes génitaux de la mère, au moment du passage de la tête dans le vagin.
La période d'incubation de la blennorrhagie est de quarante-huit heures. Quand elle est bien développée, on trouve les paupières gonflées, tendues, la paupière supérieure descend sur la paupière inférieure. En écartant les bords des paupières, on voit sortir une sécrétion purulente, qui au début est liquide, pour devenir plus tard épaisse et jaune. La conjonctive est de coloration rouge foncée, surtout au culde-sac et à la conjonctive bulbaire, qui recouvre le bord de la cornée. Au cinquième ou sixième jour de la maladie, on trouve des granulations papillaires dans la partie tarsale de la conjonctive. Les diplocoques caractéristiques que Neisser a trouvés dans l'urétbrite se trouvent facilement à l'examen bactériologique dans la sécrétion purulente de l'œil. Ils deviennent plus nombreux vers le huitième jour de la maladie.
Les symptômes subjectifs sont surtout des douleurs très violentes ot la sensation d'une pression dans l'œil. La douleur rayonne quelquefois dans toutes les branches du trijumeau, surtout du côté du nez et des dents.
La conjonctivite blennorrhagique est surtout grave à cause de la facilité avec laquelle la cornée est attaquée. Le fait que le bord de la cornée est couvert par la conjonctive bulbaire gonflée est grave sous deux rapports, d'abord parce que la circulation du sang dans le tissu superficiel du limbe cornéo-scléral est entravée, ensuite parce qu'il cause de la rétention de la sécrétion microbienne, et c'est en effet une observation clinique très fréquente que l'affection blennorrhagique
de la cornée a son point de départ dans les parties périphériques. Pourtant, chaque endroit de la cornée peut former porte d'entrée pour les diplocoques de Neisser, surtout quand il se forme des phlyclènes, qui occasionnent une perte de substance dans l'épithélium de la cornée.
Le processus commence ordinairement parla formation d'un ulcère en forme de faux à la périphérie de la cornée. Le bord extérieur de l'ulcère forme une dépression subite, un angle droit, le bord inférieur s'enfonce en montrant quelquefois la forme de marches.
L'ulcère en se développant peut provoquer la perforation de la cornée suivie de prolapsus de l'iris, ou bien il se forme tout de suite après, une assez grande perforation de la cornée, la sortie du cristallin et d'une partie du corps vitré, suivie de l'atrophie du globe oculaire.
Les diplocoques qui restent dans le globe oculaire atrophié peuvent occasionner, même après plusieurs années, une inflammation (opbthalmie sympathique) de l'autre œil, causée parleur propagation dans les gaines du nerf optique en suivant le chiasma dans l'espace intervaginal du nerf optique et le tractus uvéal de l'autre œil.
Le caractère progressif de l'ulcère marginal se manifeste par la couleur jaune de ses bords. L'all'ection centrale de la cornée, au contraire, se présente de très bonne heure par les pertes de substances dans l'épithélium. Lnsuile la cornée est d'abord terne, la couleur grise devient jaunâtre, les couches superficielles se détachent et l'ulcère apparait avec un fond suppuré.
Quand la perforation n'amène pas l'atrophie du globe oculaire, la paroi antérieure de l'œil est formée par les restes de la cornée et de l'iris. Il se forme à la surface antérieure de l'iris une couche de tissu conjonctif, qui se colle contre les bords ulcérés de la cornée. Le tissu de l'iris finit par former un tissu cicatriciel qui se confond avec le tissu de la cornée. A cause de la résistance très amoindrie de ce tissu cicatriciel, l'iris est ectasié et il se développe une altération de la partie antérieure de l'œil, qu'on a appelée le slaphylome cicatriciel.
Si la perte de substance de la cornée n'était que petite, l'iris s'y place et la plaie cornéenne est fermée par la formation d'une cicatrice adhérente avec une partie de l'iris (synéchie antérieure). L'enclavement de l'iris peut dans ce cas causer des états irritalifs, qui même après des années, peuvent amener une choroïdile infectieuse et l'atrophie du globe oculaire, comme l'ont démontré des expériences faites dans le laboratoire de Leber. Elle est causée par l'invasion des microbes a travers la cicatrice. L'épithélium qui recouvre les leucomes adhérents se détache très souvent, et il se forme a leur suite des perles de substance, qui permettent aux microbes de pénétrer dans l'œil.