‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 168 sur 277 · BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE

Les cas graves de blennorrhagie de l'œil peuvenl durer de trois à six semaines, on connail pourtant des formes plus légères, qui ressemblent au point de vue clinique à un catarrhe de la conjonctive, mais (1. >ut le diagnostic est établi par la présence des diplocoques de Neisser dans la sécrétion conjonctive.

Nous n'allons pas entrer ici dans les détails du traitement de la conjonctivite blennorrhagique,qui appartiennent aux traités d'ophthalmologïe, nous nous bornons à mentionner les résultats remarquables qu'on obtient par la méthode de badigeonnage antiseptique de E. Meyer, en employant une solution de sublimé à 1 : 2.i00. La conjonctive est nettoyée avec le plus grand soin deux t'ois par jour avec un pinceau trempé dans celte solution. On peut en même temps faire des cautérisations de la conjonctive avec une solution à Si p. 100 de nitrate d'argent.

Quand il n'y a qu'un œil attaqué, la plupart des oculistes couvrent l'œil sain avec un bandeau, ayant en face de l'œil un verre plan (Fensterglas-verband). Je préfère, au contraire, couvrir l'œil malade, ce qui donne au malade le double avantage de pouvoir se servir de l'œil sain en même temps que le foyer d'infection qui menace l'œil sain et l'entourage du malade est couvert.

On connaît les résultats avantageux pour la prophylaxie de la conjonctivite bîennorrhagique des nouveau-nés, obtenus par l'instillation dans la conjonctive d'une solution de nitrate d'argent à 2 p. 100, ou d'une solution de napbtol (Budin), tout de suite après la naissance. Valude fait instiller de l'iodoforme dans le sac conjonctival.

Si la conjonctivite bîennorrhagique a amené la perforation de la cornée et le prolapsus de l'iris, il faut essayer de faire sortir l'iris de la plaie par des instillations d'ésérine. Si le prolapsus de l'iris est central, on peut employer de l'atropine. Depuis le traitement antiseptique de cette maladie, les cas d'ulcérations graves de la cornée sont devenus bien plus rares, et si on pouvait arriver à faire comprendre au public à quel point est dangereuse l'ophthalmie des nouveau-nés, on pourrait espérer de voir diminuer d'une manière sensible le nombre des victimes de la cécité.

Nous n'avons voulu, dans ce qui précède, donner que les symptômes les plus saillants de la conjonctivite bîennorrhagique; en ce qui concerne les détails nous renvoyons aux traités d'ophthalmologie. Mais nous avons encore à nous occuper des troubles de la vue à la suite d'une infection générale de V organisme, occasionnée par une affection bîennorrhagique localisée (uréthrite).

On appelle rhumatisme articulaire bîennorrhagique les affections articulaires qu'on observe à la suite d'une uréthrite bîennorrhagique. La conjonctivite bîennorrhagique peut aussi être la cause d'affections articulaires blennorrhagiques.

Deulschmann rapporte deux observations de nouveau-nés, âgés tous deux de trois semaines, qui présentèrent îles déterminations articulaires au cours d'ophthalmie blennorrhagique. Les cas de ce genre sont rares, et on ne trouve que quelques observations analogues à celles de Deutschmann, chez Lucas, Widmark, Gendick, Zalvornicki. Il est d'ailleurs le premier à avoir démontré la nature blennorrhagique de ces arthropathies ; à l'aide d'une seringue de Pravaz, il a retiré d'une articulation atteinte quelques gouttes de pus où il a pu déceler la présence du gonocoque.

Revenons aux affections oculaires survenant à la suite de la blennorrhagie d'un autre organe. La blennorrhagie des organes génitaux peut occasionner l'iritis ou une conjonctivite. Il existe souvent, mais pas toujours en même temps, une polyarthrite blennorrhagique. On sait que l'articulation du genou est très souvent attaquée dans la blennorrhagie généralisée (rhumatisme blennorrhagique).

L'irilis blennorrhagique n'a pas «le symptômes cliniques caractéristiques. Il existe ordinairement des synéchies postérieures très étendues, pourtant pas autant que clans l'iritis syphilitique.

On peut ordinairement constater des opacités dans la partie antérieure du corps vitré, ce qui prouve que le corps ciliaire est attaqué eu même temps. Les deux yeux sont toujours attaqués, pourtant l'iritis ne se manifeste pas simultanément aux deux yeux. Dans quelques cas, cette forme d'iritis s'est développée juste au moment de la rechute d'une uréthrite blennorrhagique. Despagnet donne la description d'un cas très intéressant, où l'iritis avec hypopyon a récidivé chaque fois que le malade avait une blennorrhagie. On a aussi observé des affections de la cornée, causées par la blennorrhagie généralisée, présentant des symptômes analogues comme dans les kératites d'origine rhumatismale (Coltmann, Haltenhoff).

Comme traitement dans l'iritis blennorrhagique, on a employé des collyres à l'atropine et l'administration interne de l'iodure de potassium.

On a observé des conjonctivites aiguës à la suite d'une blennorrhagie métastatique. Haltenhoff a décrit plusieurs de ces cas. L'affection conjonctivale peut se manifester déjà quinze jours après la blennorrhagie locale des organes génitaux; dans certains cas, cette conjonctivite ne s'est développée que plusieurs mois après la blennorrhagie locale et, fait curieux, la conjonctivite s'est montrée quelquefois juste après suppression de l'écoulement uréthral au moyen d'astringents, ce qui est peut-être l'effet d'un hasard. Celte conjonctivite est toujours bénigne et guérit spontanément.

Riickert a aussi observé des cas compliqués de conjonctivite et d'iritis en même temps que de polyarthrite blennorrhagique, quelquefois des cas d'iritis même compliquée de choroïdite.

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