‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 270 sur 277 · DU ROLE DE L'HÉRÉDITÉ DANS LES MALADIES DES YEUX · texte numérisé non relu

DU ROLE DE L'HÉRÉDITÉ DANS LES MALADIES DES YEUX

cas d'amaurose par prédisposition héréditaire. Cette amaurose est causée par une névrite optique ou par une atrophie du nerf optique. L'affection atteint de préférence les membres mâles d'une famille et elle se développe à l'âge de dix-huit à vingt-neuf ans; exceptionnellement, on en a observé un cas à l'âge de cinq ans. On a vu quelquefois l'amaurose être accompagnée de symptômes nerveux, tels que vertiges, accès épileptiformes, engourdissement des membres; d'autres fois ces symptômes ont fait défaut. Nous pensons que cette affection est quelquefois provoquée par une anomalie dans le développement du corps du sphénoïde. Notre opinion est, d'ailleurs, confirmée par le fait de ce que l'amaurose se manifeste précisément à l'âge où cet os a terminé son développement (voir p. 162). Dans les cas qui nous occupent, le rétrécissement périphérique précède l'amaurose.

Il faut, sans aucun doute, attribuer une autre cause aux cas où les troubles oculaires débutent par un scotome central et de l'achromatopsie. Le champ visuel est, alors, normal au début. Il arrive quelquefois que le scotome central persiste sans que l'affection fasse de progrès ; on a même constaté, un certain nombre de fois, que la vue s'était améliorée plus tard. Nous avons déjà dit que lorsqu'il se développe une amblyopie tabagique à la suite d'une très petite consommation de tabac, il est probable qu'il s'agit d'une prédisposition héréditaire de ce genre à une affection des fibres maculaires.

En présence des malades atteints de glaucome, il n'est pas rare d'apprendre que leurs ancêtres avaient eu la même affection.

On sait aussi que, dans certaines familles, il existe une prédisposition héréditaire au développement de la cataracte. C.-G. Kunn a observé une cataracte zonulaire chez la grand'mère, la mère et l'enfant. F. Thompson a communiqué l'observation d'une forme héréditaire de cataracte, constatée dans quatre générations de la même famille. Généralement, la cataracte se développait alors de quatre à cinq ans et elle a toujours été bilatérale, sauf dans un seul cas. Au début, on constatait dans le cristallin des opacités pointillées et granuleuses, qui augmentaient rapidement. Pendant deux générations, la cataracte n'avait atteint que des garçons. Il n'existait pas alors de consanguinité. Ilosch (Suisse) et Schnabel (Styrie) ont également constaté chez des enfants cette prédisposition héréditaire au développement de la cataracte.

Relativement à l'influence de la consanguinité sur le développement des maladies des yeux, nous savons, d'après Liebreich, que la rétinite pigmentaire (ainsi que la surdi-mutité) est très souvent due à cette cause. Sedan a constaté, en outre, chez des enfants de consanguins, le développement d'héméralopie sans altération du fond de l'œil.

BIBI.IOORAPllIE.

J. II. Story, Amaurose héréditaire. Réf. Centralbl. f. Augcnh., 1S85, p. 150. — F. Thompson, Ophtlialm. Soc. of tlie United Kingdom, 12 déc. 1889. — C. G. Kunn, Wien. klin. Woch., 1889. n° 3. —

Bosch F., Corrcspondcnzbl. der Schweizer Aerzte, 1888, n° 10. — Berger, chirurgie du sinus spliéu.ïdal, p. 10.

XXV. — INFLUENCE DES ANOMALIES ET DES AFFEC- TIONS DES YEUX SUR LE DÉVELOPPEMENT DES TROUBLES FONCTIONNELS ET D'AFFECTIONS D'AU- TRES ORGANES.

\. GÉNÉRALITÉS

On a constaté, par diverses recherches expérimentales, que l'excitation du nerf optique exerce une certaine influence sur l'état général. Des travaux récents et très importants de Lœw (1) ont démontré que, pendant la période de croissance des animaux, la lumière joue un rôle dans la coloration des diverses parties de leur corps et dans la direction de leurs membres. Pouchet, plusieurs années auparavant, avait déjà prouvé, par des travaux très remarquables, que les nerfs de la peau obéissent à l'influence de l'excitation du nerf optique.

Quelques poissons (turbot), après avoir été rendus aveugles, présentent une coloration très foncée de la peau, due à l'expansion des prolongements des cellules pigmentaires (chromatophores), qui se contractent sous l'influence de la lumière. Cette expérience de Poucbet fait supposer que l'excitation du nerf optique retentit sur le système nerveux rentrai, dont l'influence fait contracter les chromatopbores de la peau. Lorsque l'excitation du nerf optique ne se produit pas, la contraction réflexe des chromatophores fait défaut et la peau prend une coloration plus foncée qu'à l'état normal.

On sait que la privation de lumière fait engraisser les oies. En ce qui concerne l'homme, on ne connaît pas suffisamment l'influence que l'obscurité prolongée peut exercer sur lui. Chez les prisonniers, enfermés dans des lieux privés de lumière, on a constaté une coloration semblable à celle de l'anémie, mais elle peut résulter d'une alimentation insuffisante ou d'émotions dépressives. On ne sait pas encore exactement si les diverses couleurs agissent différemment sur l'état moral de l'homme. Quelques auteurs prétendent (pie c'est le bleu qui aurait l'action la plus favorable; aussi a-t-on proposé d'en faire usage dans les asiles d'aliénés et particulièrement dans les appartements des mélancoliques.

Il est certain qu'il existe des relations entre la vue et le caractère d'une personne. Gayet, par exemple, prétend que les myopes sont d'une humeur gaie et originale. La vision diffuse exerce aussi une action sur le caractère. On en a fait la remarque cbez les animaux : les chevaux

(l)Lœw, Ileliolropismus der T/iicre, 1891.

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