CENTRES SOUS-CORTICAUX DE LA VISION
temps des fibres de toutes les parties du champ visuel. La première hypothèse est la plus vraisemblable. De toute manière, ce n'est pas la totalité des fibres optiques qui se termine dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs, et leur destruction ne peut amener la cécité des deux yeux. Dans les cas où l'on a observé la perte de la vue en même temps que des lésions de ces tubercules, il existait en outre des lésions des bandelettes optiques, ou bien la cécité était la conséquence d'une névrite ayant entraîné l'atrophie du nerf optique. Les symptômes concomitants produits par les lésions, et principalement par les tumeurs des tubercules quadrijumeaux, sont généralement des paralysies des muscles de l'œil. Ces paralysies s'expliquent par ce fait qu'au niveau des tubercules se trouvent les centres réflexes des mouvements de l'iris et les noyaux d'origine des nerfs moteurs de l'œil. D'après Nothnagel (1889), en dehors de Vataxie, la paralysie des deux nerfs oculo-moteurs est un des symptômes les plus importants pour arriver au diagnostic des tumeurs des tubercules quadrijumeaux . D'après le même auteur, la paralysie atteint inégalement les deux yeux, les divers rameaux et noyaux nerveux étant affectés d'une façon inégale, et Nothnagel a constamment noté cette particularité dans tous les cas de lésions des tubercules quadrijumeaux. Tant que la paralysie des muscles des yeux existe seule, on pourrait en attribuer la cause à une altération nucléaire ; mais dès qu'on observe en même temps de l'ataxie et de l'hémiopie, on peut, selon cet auteur, diagnostiquer avec un grand degré de probabilité une tumeur des tubercules quadrijumeaux. Si l'on constate aussi de l'hémianesthésie, on doit admettre que le processus s'est propagé vers le pédoncule cérébral.
b. Corps genouillé externe. — Les lésions limitées au corps genouillé externe sont extrêmement rares. En s'appuyant sur les données anatomiques, l'altération d'un corps genouillé externe doit causer l'hémianopsie homonyme. Henschen a observé deux cas pathologiques dans lesquels l'examen anatomique lui a montré l'interruption des fibres optiques dans le corps genouillé externe. Dans l'un de ces cas, le ganglion était complètement détruit, et cette destruction avait été suivie d'une dégénérescence secondaire ascendante et descendante se prolongeant, d'un côté, jusqu'au lobe occipital, et,, de l'autre, jusqu'à l'intérieur du globe oculaire, en atteignant les deux nerfs optiques. Dans le second cas, la lésion ne portait que sur une partie du corps genouillé externe. Henschen a pu constater dans l'un et l'autre cas que la dégénérescence atteignait des faisceaux des tubercules quadrijumeaux et le lemniscus (ruban de Reil).
c. Couches optiques. — D'après Luys, les couches optiques comprennent quatre noyaux gris :
1° Le noyau antérieur, en rapport avec la réception et l'élaboration des impressions olfactives ;
2° Le noyau moyen, situé en arrière du précédent, d'une plus grande dimension, et réuni par des fibres au corps genouillé externe. D'après l'auteur, ce noyau est préposé à l'élaboration des sensations visuelles ;
3° Le noyau médian, profondément enfoncé dans l'épaisseur des couches optiques. Ce noyau serait en rapport avec la sensibilité générale, hypothèse basée sur ce fait qu'il reçoit la plupart des fibres centripètes de la moelle ;
4° Le dernier noyau recevrait les impressions sensitives.
Pour Todd et Carpentier, les couches optiques seraient le siège du sensorium commune ; mais les recherches de Vulpian, de Nothnagel, de Ferrier, ont établi qu'elles n'avaient rien à voir avec la sensibilité générale.
Meynert admet, au contraire, en se basant sur ses études anatomiques, que les couches optiques constituent le centre réflexe des mouvements inconscients. D'après lui et d'après Wundt, les couches optiques représentent le centre de relation des impressions tactiles et des mouvements de locomotion. Lussana et Lembigne pensent que ces couches président à l'innervation des mouvements de latéralité des membres antérieurs, chez les mammifères. Toutes ces théories sont discutables. Le seul point qui soit tout à fait hors de doute, c'est que la partie postérieure des couches optiques (pulvinar) sert au sens de la vue. Une lésion du pulvinar entraîne l'hémianopsie homonyme du côté opposé.
Dans les lésions des centres sous-corticaux de la vision, le fond de l'œil est d'abord normal; plus tard, on observe de la névrite optique, puis de l'atrophie du nerf optique. Mauthner admet que la papille de l'œil situé du côté opposé à la lésion offre seule des signes d'atrophie. Le faisceau croisé se distribue de telle façon dans la papille (fig. 1), que sa partie temporale se termine dans la partie de la rétine située entre la macula et la papille, en recouvrant les fibres du faisceau direct. Par suite, l'atrophie descendante ne sera apparente que dans le faisceau croisé. Lorsque, consécutivement à une lésion des bandelettes optiques ou des centres sous-corticaux gauches, il survient de l'atrophie des faisceaux direct et croisé, on ne pourra l'observer que du côté droit; à gauche, en effet, l'atrophie du faisceau direct sera masquée par le faisceau croisé droit, qui vient recouvrir les fibres papillaires du faisceau direct.
Des expériences ont été faites sur des animaux auxquels on avait enlevé les hémisphères ; s'ils étaient encore en état de se tenir debout et qu'on leur enlevât la couche optique d'un côté, les animaux tombaient sur ce côté. Nothnagel a noté la parésie des extrémités supérieure et inférieure gauches dans un cas de tuberculose de la couche optique. Henschen a publié une observation d'hémianopsie compliquée