SYRINGO-MYÉLIE
Cette affection amène quelquefois des troubles oculaires, si le centre oculo-pupillaire et le noyau du facial sont atteints.
Dans le cas très intéressant de Eretz, on a constaté le rétrécissement de la pupille et le nystagmus. Les autres symptômes étaient : l'atrophie musculaire dégénérative, la parésie ou la paralysie des muscles des extrémités supérieures et de quelques-uns des muscles innervés par les nerfs facial et spinal, la diminution de la sensibilité au toucher dans une région peu étendue de la peau ; de larges parties des téguments étaient le siège d'analgésie ou d'hypoalgésie; la sensibilité à la température était considérablement diminuée et il existait des troubles trophiques de diverses sortes. On constata à gauche la surdité accompagnée de bourdonnements d'oreilles, sans troubles psychiques. Le développement de ces symptômes fut très lent et continua pendant quatorze ans.
Yoici quelles sont, d'après Kretz, les lésions anatomiques qui existent dans ce cas : dans la moelle allongée et au plancher du quatrième ventricule, on voit des altérations du noyau du facial gauche, des deux noyaux du nerf accessoire de Willis, du noyau sensitif du trijumeau et, secondairement, du faisceau du facial droit; dans la portion cervicale de la moelle épinière, ce sont les cornes antérieures et postérieures et la partie gauche du centre oculo-papillaire qui sont atteintes.
Déjérine et Tuilant attirent en outre l'attention sur l'existence d'un rétrécissement du champ visuel dans la syringo-myélie : le vert est surtout rétréci. Cependant, d'après Souquez, dans la syringo-myélie (type Morvan) le champ visuel peut être normal. Pour les autres couleurs iln'y a pas de règle distincte. Le fond de l'œil est normal. Aucun symptôme n'indique, dans les cas de Déjérine et Tuilant, l'existence d'une lésion encéphalique matérielle quelconque. Ces auteurs pensent qu'il serait possible que l'hydrocéphalie, qu'on trouve dans quelques autopsies (à un léger degré), ne fût pas la cause du rétrécissement du champ visuel.
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