RIVIÈRE DU SALOUM ET POSTE DE KAOI.AK
En suivant la côte d’Afrique, en descendant vers le sud, on trouve immédiatement au-dessous de Joal et avant d’arriver à l’emboucbure de la Gambie, la rivière de Saloum. Cette rivière tire son nom d’un pays dont les habitants sont en grande |iartie Sérères, et qui s’étend depuis la rivière jusque sur les bords de la Gambie. Ce pays est très productif malgré scs chefs ivrognes et pillards. Il a été conquis en J 865 par les musulmans ouolofs.
L’embouchure de la rivière Saloum est située par 15" 48' de latitude nord et 19" 8' de longitude ouest, à 65 milles marins de nie de Corée. .A environ 15 lieues de l’cmboucbure, la rivière se sépare en deux branches; l’une, le Saloum, se dirige vers l’est en faisant mille détours et va se perdre dans une plaine inondée pendant la saison des pluies; l’autre, désignée sous le nom de rivière de Sine, remonte vers le nord et se perd dans les plaines inondées du pays de "Sine. L’embouchure du Saloum forme un vaste delta et communique par des marigots avec la Gambie. L’eau est salée dans tout le parcours des rivières de Saloum et de Sine.
A 50 lieues environ de l’emboucbure commune de ces deux rivières nous avons établi, sur la rive droite du Saloum, le poste de Kaolak, à peu près au point où la navigation cesse pour nos avisos à vapeur. C’est là et dans des comptoirs secondaires que les traitants de Corée vont acheter les produits du
TÜl'Or.RAI’IIIK MÉtUCALE DU SÊiSÉEAI,.
pays : liaMils, mil et arachides. Le poste est une tour en ma- (.'oniierie, occupée par une vingtaine .de soldats. Ce poste est dépourvu de médecin. Ses communications fréquentes aveo Corée constituent un danger pour cette ville, car la facililé des commimicalious entre Kaolak et la Gambie lont des comptoirs un lieu d'étapes pour les épidémies de lièvre jaune dans leur marche vers le nord. M. Bérenger-Féraud fait remarquer comhien, eu tenqisde fièvre jaune, il est important pour Corée de surveiller ce poste. Cette surveillance est d’autant plus nécessaire et doit être d’autant plus stricte que les petits caboteurs qui fout le commerce du Salonm à Corée attirent moins l’attcution que les grands navires, et peuvent plus facilement chercher à se soustraire aux règlements de police sanitaire.
4“ Dépendances de la colonie du Sénégal et comptoirs européens du voisinage.
L’embouchure de la Cambie sert de limite méridionale aux étah'issemeiits français faisant partie de la colonie du Sénégal. Au sud de la Cambie, la France possède un certain nombre de |)oints commerciaux, de comptoirs fortifiés, isolés les uns des autres, mais sous la direction administrative du gouvernement dn Sénégal; c’est ce qu’on appelle, avons-nous dit, \qs, dépendances de la colonie et ce qu’à Saint-Louis et à Corée on nomme les comptoirs du Bas-de-la-côle.
Ces comptoirs sont irrégulièrement distribues sur les petites rivières qui, de l'embouchure de la Gambie au cap Sierra- Lcone, jettent leurs eaux à l’Océan après. avoir arrosé les terres qui séparent la côte d’Afrique des montagnes de Fouta-Djalen où elles prennent leurs sources.
Lu certain nombre de possessions anglaises et portugaises séjiarcnt entre eux les postes français. Pour l’intelligence de la topographie de ces régions, il est nécessaire de dire quelques mots de ces possessions étrangères. Réunies au Sénégal et aux autres postes français, elles constituent par leur ensemble la région comprise .«oiis l’expression géographique de Sénégarnbie.
\oici du nord au sud, en descendant le long de la côte d’.U'rirpie, les établissements les plus importants que l’on rencontre et dont nous allons nous occuper :
(iO
A. KO mus.
La (iaiiil)ic et les postes anglais de Mac-Carlliy,
de Saillie-Marie Katliiir.st, d'Allircda (aiieien posle l'iani;ais).
La Casaniaiicc el les postes français de Caraliane, — — de Sedliiou,
La rivière Caclieo el le poste portugais de Caclieo,
Le Rio Geba Le Rio Nunez La Mellacorce
— de liisao, français de Boke,
— du même nom.
La colonie anglaise de Sicrra-Lcone el Freetown.
Au delà de Sierra-Leone commence la côte de Guinée dont l’élude fera pour nous l'objet d’tin travail spécial, el ijue sa situation géographique rend parfaitement distincte des autres possessions européennes de la côte occidentale d’Afrique.
Les comptoirs étrangers à la France, situés sur la côte de la Gambie à Sierra-Lcone, bien que ne portant pas notre pavillon, sont loin d’etre sans intérêt pour nous. Ils sont en relations constantes avec Gorée, alimentent son commerce et exposent en même temps cette île cl par suite tout le Sénégal, à de graves invasions épidémiques. La connaissance de ces diverses localités importe au plus haut point à l’élude médicale de notre colonie elle-même. Les possessions anglaises ont fait l’obj' t de quelques travaux de nos confrères de rarmée britannique; ces travaux nous permcitront de compléter les nolions (jui pourraient nous manquer sur ces diverses régions.
La Gambie, Gandjra des anciens auteurs, fut découverte en 1454 par le Vénitien Ca-da-Mosto. Prenant sa source dans le voisinage de celle du Sénégal, au milieu des montagnes du Fouta-Djalon, la Gambie est l’un des grands cours d’eau de l’Afrique occidentale. Son importance est cependant beaucoup moindre que celle du Sénégal, parce que la Gambie se porte directement à la mer sans décrire le grand arc que le Sénégal trace en se portant vers le nord pendant une partie de son trajet pour venir ensuite se jeter plus au sud dans l’Océan. La Gambie arrose sur son parcours, le Bondou, le Niani, le Yamina, le Badibou, baigne l’île de Mac-Carlby, Albreda el Sainte-Marie, puis se jette à la mer eu formant un large estuaire dépourvu de bai re.
L’embouebure de la Gambie est située entre le treizième et le quatorzième parallèle nord. Large de 2 kilomètres et demi