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LA GAMBIE

TOI’OGIUPIIIK MEDICALE Dfr SÉNÉGAI..

près de son einboucluuc, la rivière atteint un peu plus haut 15 kilomètres de large. Devant Alhréda, elle n’en a plus que 5. Maigre ses sinuosités, la Gambie est navigable sur une étendue de '250 kilomètres par les navires à vapeur d’un certain tirant d’eau. Des navires assez grands peuvent remonter jusqu’à nie de Mac-Gartby, à 275 kilomètres de Sainte-Marie. La rivière est barrée à Barraconda. Il est nécessaire de continuer en embarcation lorsque l’on veut remonter jusqu’à Yanamarou, terme de la navigation.

Les caravanes mettent 18 à 20 jours pour se rendre des environs de Médine à ceux de Mac-Carthy.

Les rives de la Gambie sont dominées exclusivement par l’Angleterre; le haut pays est tout à fait indépendant do l’aulorité des Européens.

SAIISTE-MARIE BATHCRST.

En 1816, lorsque l’.Angleterre rendit l’île de Gorée à la France, on eut le projet de réparer l’ancien fort James, situé sur une île près de l’embouchure de la Gambie et d’en faire I la résidence des colons anglais ; mais on trouva le fort dans !* un tel état de dégradation que l’on préféra former un nouvel établissement.

L’île de Banjole ou Sainte-Marie fut choisie, malgré son insalubrité. On opposa aux inconvénients du climat, qui en avaient chassé les naturels eux-mêmes, les avantages commerciaux, et la ville de Bathurst fut fondée en 1816.

Cette ville est située en dedans du cap Bathurst ou Bacchou qui forme l’extrémité sud de l’embouchure de la Gambie. L’île sur laquelle est bâtie la ville est ce qu’on peut appeler une île continentale, elle n’est séparée de la rive méridionale de la Gambie que par un étroit canal navigable seulement pour les chaloupes. Elle a environ 15 kilomètres de circonférence. Sa forme est très irrégulière. La ville se trouve bâtie dans une concavité de la rivière, dans la situation la plus fâcheuse qui puisse être choisie sous ce climat. Le cap voisin empêche les brises du large d’arriver à la ville, précisément dans l’hivernage, au moment où cela serait le plus nécessaire.

Le courant rejette sur les bords de l’île une grande quantité de débris et de matières organiques en putréfaction. L’île est

A. Horuiis.

Icllenieiit basse que, dans beaucoup de parLies, elle est audessous du niveau de la mer. La coiislruclion d’iiue digue a été indispensable pour la soustraire aux inondations, et cela d’une manière fort incomplète. Dans la saison sèche, le niveau des eaux des 'puits est à 3 mètres au-dessous du sol. Dans l’Iiivernage, la surface de l’eau dans les puits de riiô()ital militaire, situé dans une des parties les plus hautes de l’île, se trouve dépasser de 30 centimètres le niveau du sol*. Apiès les pluies, le cenirc de l’île est inondé et changé en un lac de 8 centimètres de large. D’un autre côté, la mer empiète sur la maison du Gouvernement et sur le cimetière; elle met la sécu-* rilé de l’ile en danger. Le colonel d’Arcy, gouverneur de la Gambie, établit, dans un mémoire cité par le docteur llortoii, qu’au mois d’aoùt telles coïncidences de grandes marées, de vents et de courants pourraient se rencontrer et recouvrir toute l’île de 1 mètre d’eau, détruire toutes les constructions et faire courir les plus grands risques à la vie des habitants. Une autre circonstance aggrave encore la mauvaise situation hygiénique de Sainte-Marie; au nord et à l’ouest de la ville, un grand marécage distille ses vapeurs mortelles.’ Les propositions faites par les médecins anglais pour améliorer celte situation nécessiteraient, pour leur exécution, des dépenses qni, ils le reconnaissent eux-rnemes, seraient beaucoup audessus des finances de cette pauvre colonie.

Sainte-Marie est une jolie petite ville; ses maisons construites comme celles de Saint-Louis, sont plus spacieuses. Les constructions suivent les contours de la rivière; des allées d’arbres ombragent la promenade qui longe le fleuve. La plage est très plate; les navires de commerce sont mouillés vis-à-vis de 1? ville, et communiquent avec la terre par des appontements faits sur pilotis. Une batterie insignifiante est la seule défense de Sainte-Marie. La population blanche résidant dans cet étaolissement se réduit à quebjues employés britanniques très peu nombreux et à quelques négociants anglais et français. La population indigène se compose de mulâtres, dont quelquesuns sont négociants, marchands ou traitants, et de noirs ouolofs venus du Sénégal. On parle autant le français que l’anglais à Sainte-Marie. Tous les produits de la Gambie sont achetés

* Phydcal and medical Climalc and Meleoroloffii of Ike irr.</ coax of Africa, by G. Africanus lloi’ton. Un vol. ilo 3IU j). Londirs, 1SÜ7.

Tül'OC.UAl'1111!: MÈDICAM': DU SÉNÉGAL.

par les traita iils dos maisons anglaises dans l’intérieur de la rivière; mais une t’ois rendus dans le chc(‘-licu de la colonie, ! ils sont achetés presque exclusivcmcut par le commerce fran- (;ais pour des maisons de Bordeau.x et de Marseille. L’arachide Ibrine la base de ce commerce. Un tiers à peine des exportations se font sous pavillon anglais.

La garnison ne se composait que de troupes noires; elle a été supprimée dans ces dernières années. On trouve, à Sainte- Marie, une mission catholique française. Les Sœurs de Charité de Corée y ont fondé une école. Les correspondances des missionnaires et des sœurs avec Corée ont, dans certaines circon- I stances, rendu de grands services à notre colonie française,

! qu’elle renseignait sur l’état sanitaire de la Cambie, relative-

; ment à la fièvre jaune toujours suspendue comme une menace 1 sur nos possessions sénégalaises. Ces correspondances nous ont été fort utiles, lorsque nous étions personnellement chargé du service médical de l’arrondissement de Corée. Par elles, nous savions que la fièvre jaune régnait en Cambie alors que les commerçants intéressés affirmaient le contraire. 11 n’y a là, malheureusement, qu’un moyen d’information fort aléatoire qui ne vaudra jamais, pour la protection de notre colonie, ce- * lui que pourrait nous procurer un médecin sanitaire français i détaché en Cambie et y remplissant en mémo temps les fonctions d’agent consulaire. Depuis longtemps, d’ailleurs, la population de Sainte-Marie réclame le secours d’un médecin français.

Au moment de l’hivernage, presque tous les Européens quittent le pays; les Anglais viennent à Dakar prendre les paque-

Corée rentrent dans cette dernière ville. Il existe, à Sainte- Marie, un bel hôpital où d’importantes observations ont été recueillies par les médecins anglais, alors que la garnison était nombreuse.

A une faible distance de l’île s'élève au bord de la mer, dans une excellente situation sanitaire, le cap Bathurst, à peu près inhabité. On y voit cependant, au milieu des bois, une grande maison en pierre entourée de palmiers et servant de lieu de convalescence.

A. noiiiüs.

Ai.nnKDA.

L’élahlisscmenl d’^lbrcda, fondé, en 1G98 par André nnio, passa successivement entre les mains des Français et des Anglais, en suivant le sort du Sénégal Ini-mcine. Eti 1857, Albréda a été cédé par la France à l’Angleterre, en échange de la renonciation des Anglais au droit de commerce à Arguiii et à Portendick.

Albréda se présente dans une situation hygiénique assez favorable. Ce poste est placé sur la rive droite de la rivière, à environ 25 kilomètres au-dessus de Sainte-Marie. Il est bâti sur la pente d’une colline dont les hauteurs seraient une excellente station hygiénique, si elles étaient habitées, dit le docteur Ilorton. L'ancienne demeure du résident français est très spacieuse et admirablement située. Albréda n’est plus actuellement qu’une factorie peu active.

En faced’Albréda se trouve l’île elle fort Sain l-Ja mes actuel lement à peu près abandonnés.

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