‹ Les maladies du SénégalChapitre 24 sur 56 · CLIMAT DE SAINT-LOÜIS · texte numérisé non relu

CLIMAT DE SAINT-LOÜIS

Notre dtlenlion se portera d’abord sur le climat de la capitale de nos possessions do la côte occidentale d’Afrique; c’est celui qui a été le mieux étudié. Nous nous bornerons à résumer les connaissances relatives à celle localité. Depuis sept ans, les observations météorologiques ont été faites, cà Saint- Louis, avec un soin tout particulier, par les zélés collaborateurs entre les mains de.<qucls nous avons laissé nos instruments et l’Observatoire que nous avions fondé dans celte ville, à l’école des Frères.

Celte nouvelle série d’observations permet d’ajouter un chapitre additionnel à nos précédentes recherches auxquelles devront se reporter ceux qui voudront étudier, dans tous ses détails 1 intéressante question de cette partie de la climatologie africaine.

A. BOIUUS.

Les cüiidilioiis de l’Observaloire de Saint-Louis, personnel, instruments, exjmsition, sont restées celles décrites dans nos premières Recherches sur le climat du Sénégal 11 serait fort avantageux qu’elles restassent telles, pour donner à la série commencée en 1873 l’iiomogénilé si nécessaire à ces sortes de travaux.

Les résumés des observalions de 1874 à 1879 seront très prochainement publiés dans leurs plus importants détails*. Des copies manuscrites des journaux météorologiques dont sont tirés ces résumés, sont déposées au ministère de la marine, à l’exposition permanente des colonies et à la bibliothèque de la Société météorologique de France Nous espérons pouvoir faire imprimer in extenso au moins les deux premières années de ces observations. Cette publication a été retardée, jusqu’ici, par un motif que devineront ceux qui connaissent l’état actind de la météorologie (ii France, situation si différente de celle occupée par cette science dans les autres contrées de l’Europe et de l’Amérique. Les observations quotidiennes peuvent seides donner la véritable physionomie d’un climat. Leur lectuie permet, en même temps, et la critique des observations et les interprétations que les résumés, donnant seulement les moyennes et les extrêmes des phénomènes observés, ne fourniront jamais. Ainsi, par exemple, les résumés cachent parfois des détails indispensables pour l’interprétation de certains événements médicaux en relations intimes avec les accidents météorologiques. Souvent, comme le fait remarquer I\I. P. Bert dans son grand travail sur la pression atmosphérique, un long volume peut être résum.é dans la page qui en contient les conclusions; l’utilité (lu livre n’en reste pas moins incontestable pour ceux qui ne croient pas aux affirmations sans preuves. Cherchons donc à tirer, des documents anciens et nouveaux que nous avons entre les mains, les conclusions nécessaires pour bien

* Page 147.

* ISourelles Recherches sur le climat du Sénégal, par A. Borius, in Bulle~ lin du Bureau central météorologique de France, année 1880.

* Yoy. aussi les résumés quotidiens publiés dans le Moniteur du Sfuégal. Ces résumés contiennent un assez grand nombre d’erreurs de lypograpbie ou de copie. — Voy. Extrait des observations faites à Saint-Louis Sénégal, in Bulletin de V Association scientifique de France, t. XII, p. 433; t. XllI, p. 15, 32, 49, 12f), 203. — Voy. Moyennes quotidiennes météorologiques à Saint-Louis 1873-1874, in Brdlctm international de l'Observatoire de Paris, 1873, numéros 310, 328, 349; 1874, numéros 89, 117, 215; 1870, numéros 262, 283.

TOrUGUAlMllE MKUIGALK 1>II SÉiNÉGAL. 137

apprécier ce que le littoral inaritiiiie de notre colonie préseiUe de particulier.

Le tableau suivant e.xpose les principales conditions météorologiques du climat de Saint-Louis.

Le climat de Saint-Louis ne doit pas être pris pour type du climat maritime du littoral de la Sénégambie. La situation de cette ville, dans une île fluviale, près de rembouchure d’un grand fleuve, son voisinage du désert, lui donnent un climat j)articulier qui ne peut être considéré comme représentant d’une manière générale le climat de la côte. Saint-Louis ofire au contraire, à leur plus faible degré, les propriétés climatériques des localités situées sur le bord de la mer. Cela doit cire attribué surtout à la direction des vents déminants dans cette partie du globe. Un grand courant d’eau froide descend le long de la côte, et agit en influençant la climatologie de cette région, de telle sorte que nous avons pu comparer l’aclioii réfrigérante de ce courant à l’action réchauffante du Gulf-strcam sur les côtes de la Grande-Crclagne et du littoral du Finistère L Mais, tandis que le chaud manteau de nuages dont le Gulfslream enveloppe le littoral de nos côtes européennes tend, sous l’influence des vents dominants de sud-ouest, à s’étendre sur l’intérieur des terres et à donner à l’Europe occidentale son doux climat ; à la côte d’Afrique, les vents régnants viennent de terre et limitent à une étroite zone l’action réfrigérante du courant polaire. De là les contrastes que nous aurons à signaler entre les climats du littoral et ceu.x des localités situées dans l’intérieur à des distances relativement peu considérables.

Pression atmosphérique. — La moyenne annuelle barométrique déterminée par une période de cinq années, ramenée à i la température de zéro degré et au niveau moyen de la mer,

j est de 758™™. La faible erreur dont peut être affecté le baro-

I mètre de 1 Observatoire restant encore à déterminer par une

t comparaison avec un étalon.

La pression présente deux minima, vers 4 heures, le

' soir et le matin; deux maxirna, vers dix heures, le soir

et le matin. L’oscillation est en moyenne, à Saint-Louis,

* \oy. hs (Aimât de Brest et ses rapports avec l'étal sanitaire, par A. Bonus, 1 vol. ifi 8 J.-B Baillière cl fils.

Eléments météorologiques <In climat de Saint-Louis

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