SÉNÉGAL
dont la salubrité est incontestablement très supérieure à celle de Podor.
Dans riiivernage, alors que l’étal sanitaire du Sénégal est le plus mauvais, les coloralions du papier en expérience ont leur maximum. Dans la saison .‘■écho, lorsque les vents d’est souftlenl tà Saint-Louis, la coloraiion d i p ipicr est toujours à sou minimum. Or, cette saison est la plus salubre, et, dans tous les points de la Séuégambie, les vents secs du désert sont re connus favorables à l’état sanitaire. Nous n’avons trouvé, à Saint-Louis, aucune relation constante entre l’état sanitaire et la coloration du papier ozonométri(|ue L
En résumé, après de longues recherches faites dans différents pays sur l’ozone, étudié au m oyen du papier réactif, ou doiti evenirà l’opinion des médecins de Kœnigsberg, en 1855, citée par Scouletlen %*Après avoir passé en revue toutes les maladies observées pendant douze mois, ces médecins arrivent à conclure « qu’il n’y a aucune espece de rapport entre une maladie quelconque et la quantité d’ozone contenue dans l’atmosphère». Comme tant d’autres, nous avons cherché, et nous sommes arrivé à des résultats négatifs. Il n’y a rien d’étonnant à cela, après ce que nous avons dit plus haut. Selon l’expression de M. Ch. Daremberg, « pendant des mois et des années, nous avons cru doser de l’ozone; nous nous sommes contenté de doser de l’eau pure. » Reconnaissons- le, et mettons en marge de nos registres d’observations : inutiles.
Cependant, notre temps n’aura pas été absolument perdu, si nous avons prouvé l’inutilité de ce genre de recherche.<«, et si nous avons pu démontrer aux futurs inve.-'tigateurs qu’il vaut mieux ne pas faire d’observations que d’en faire de mauvaises, en ado|>tant des méthodes approximatives, inexactes, et sans précision.
Évaporation. — L’instrument qui nous a servi à mesurer l’évaporation, étant placé à l’ombre, sous l’abri thermomc- Irique, ne mesure pas, en réalité, l’évaporation telle qu’elle doit l’étre à la surface des marécages exposés au soleil ; il donne seulement une idée des modifications que suit, de mois en mois, le pouvoir de l’évaporation dans les environs de Saint- Louis.
* Iirc/tnrche$ mir le climat du Sénégal, p. 219.
* Scouletlen, l’Ozone. l’aris, 185C, p. 3ü2.
A. BORIUS.
Orages et tornades. — Les Icnlnlivcs que nous avions faites pour organiser un service régulier d’obseï valions de la marche des orages et des tornades au Sénégal n’ont pu donner d’autres résultats que ceux insérés dans nos premières Recherches sur le climat du Sénégal. Pendant l’année qui suivit notre départ de cette colonie , les j)osles d’observations ont été multipliés ; mais, malbeureusement, en même temps la qualité des observations diminuait, et le manque de centralisation effective n’a mis dans nos mains que des documents dont il nous est impossible de tirer des conclusions. Ce service a cessé : son utilité est trop grande pour qu’on ne puisse pas espérer le voir rétabli dès qu’une initiative assez puissante voudra reprendre notre première tentative.
Etat du ciel. — L’aspect du ciel a élé noté avec soin pendant cinq ans, cinq fois par jour. Dans la saison sèche, la nébulosité est à son minimum; elle augmente avec la saison des pluies, et atteint son maximum en août et septembre. Le mois d’avril est celui pendant lequel les nuages sont le plus rares, ce qui n’empêche pas la pureté du ciel d’être troublée, surtout vers l’horizon, par une grande quantité de sable qu’apportent les vents du désert, et qui recouvre tout d’une fine poussière grise dans les maisons de Saint-Louis.
Les observations mettent en évidence un fait que M. Renou a également constaté au 'parc de Saint-Maur, le nouvel observatoire de Paris. Plus forte le matin, la nébulosité va en diminuant, à mesure que le jour s’avance, pour être à son minimum dans la soirée. En toutes saisons, c’est le soir que le ciel est le plus dégagé de nuages.
Les brouillards sont rarement fort é|)ais à Saint-Louis; ils s’observent au-dessus du fleuve dans presque toutes les matinées de la saison sèche, à un moment où l’eau possède une température supérieure à celle de Pair.
Les rosées sont très abondantes dans les nuits de la saison sèche. Le nombre en augmente de la fin de novembre à la lin d’avril, mois pendant lequel il est rare d’observer une nuit sans rosée abondante.
Saisons. — La saison sèche se compose, à Saint-Louis, de six mois complets, de décembre à la fin de mai. Dans le tableau que nous avons donné plus haut, nous avons compris les six autres mois dans l’hivernage. Cependant, les pluies ne durent
TOPOGR.VPlIIt: MÉDICALE DU SÉNÉGAL,
que quatre mois, et les brises de l’ouest ne dominent que du commencement de juillet à la lin d’octobre, juin et novembre sont des mois de transition entre les deux saisons. Juin appartient, parle régime de ses vents, à la saison sèche; mais, quoique ne comptant que peu de jours de pluie, il ressemble, cependant, plus aux mois de l’iiivernage qu’à ceux de la saison sèche, par sa température et par les phénomènes électriques qui s’y l'ont ressentir.
L’autre mois de transition, novembre, ressemble plus aux mois de la saison sèche qu’à ceux de l’hivernage. Il est ordinairement sans pluie. Dès la seconde quinzaine d’octobre, on voit ordinairement survenir un amendement dans les phénomènes atmosphériques qui constituent l’hivernage. A Saint- Louis, la première quinzaine de ce mois est seule pénible à supporter, tandis qu’à Gorée octobre est tout entier chaud, lourd et malsain. L’hivernage est donc déjà plus long à Gorée qu’à Saint-Louis,
Il y a des différences selon les années, et l’hivernage est plus ou moins long, plus ou moins pénible d’une année à l’autre, La division de l’année en saisons, quoique fort naturelle, offre quelque chose d’absolu. Il ne faut pas se méprendre sur le sens de cette division; elle ne peut cadrer complètement avec celle de l’année en douze mois : division arbitraire, si peu en rapport avec les phénomènes naturels, et à propos de laquelle un météorologiste disait : « Ne forcez pas les phénomènes naturels à rester dans le cadre étroit de la division de l’année en mois; jamais la Circoncision n’a été un phénomène météorologique, »