CLIMAT DE GORÉE
La situation marine de Gorée rend le climat de cette île le plus agréable de toute la côte voisine. Pas plus chaud que celui de^ Saint-Louis, il est beaucoup plus agréable que les climats du sud de la côte, et présente, comme eux, une constance remarquable. En cela, il diffère sensiblement du climat de Saint-Louis, où les extrêmes de la température sont parfois si prononcés pour une région tro|)icale.
Nous appuyant sur deux séries de dix années d’observations.
A. nORIUS.
nous avons fait une clude très détaillée de ce climat*; nous nous bornerons à en résumer ici les principaux traits. Il faut roinar(|uer (|uc les observations do 1850 à 1805, contrôlées par observations personnelles faites en 1874, offrent une moin dre précision que celles citées pour Saint-Louis. Recueillies dans un hôpital et dans une exposition médiocrement favorable, elles sont justifiables do quelques-unes des critiques (|ue nous avons adressées aux observations météorologiques faites dans les hôpitaux coloniaux. Si les observations de température de la seconde série de dix années méritaient d’étre conservées et résumées, nous n’avons trouvé, pour l’étude do la pression atmosphérique et celle de l’état hygrométrique, que les quatre années d’observations faites par M. Mono, pharmacien de la marine, qui présentassent le degré d’exactitude suffisant. Huit années seulement des observations de la pluie pouvaient être utilisées.
Nous avons fait ou fait faire sous nos yeux des observations de tous les instruments cinq fois par jour, aux mômes heures qu’à Saint-Louis, pendant le mois de décembre 1875 et les deux premiers mois de 1874. Les instruments étaient vérifiés avec soin, les thermomètres, gradués sur verre, avaient été comparés à ceux de notre Observatoire de Saint-Louis. Le lieu de l’exposition était une large galerie exposée au nord, située au premier étage de l’école des Frères. Ces observations ont servi à nous éclairer sur la valeur des documents antérieurs que nous avions entre les mains. Elles n’ont pu être continuées cinq fois par jour. Notre collaborateur, M. Libaut (Fr. -Pascal) a bien voulu, après notre départ de Corée, continuer les observations de tous les instruments une fois ])ar jour. Cette très bonne série, commencée le 15 avril 1874, s’est terminée le 50 mars 1875. Chaque jour, les thermomètres à minima et à maxima étaient observés ainsi que tous les instruments, à 11 heures 55 minutes du matin (midi 55 de Paris, 7 heures 55 de Washington), c’est-à-dire à l’heure adoptée par le service international des observations simultanées de l'hémisphère nord. Ces observations ont été transmises au général Albert Myer, chef du Signal Service des États-Unis. Elles ont permis de comprendre, au moins pour une année, le
* rtccherchcs sur le climat du Sénégal, cliap. i".
TOPOGRAPHIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL
Sénégnl dans le beau travail qui a pour but la connaissance des grandes lois do notre atinospbère.
Au point de vue de la climatologie locale qui nous occupe en ce nioinent, ces observations sont venues coinj)lcler celles que nous avions déjà résinnées* et dont nous donnons les prin* cipaux résultats dans le tableau suivant.
iiii‘téoi'oIo|;i<|iic^ du climat de Gorée